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La candidature de Mouloud Hamrouche se précise El Watan, 13 décembre 2003 Mouloud Hamrouche, ancien chef de gouvernement, 60 ans, envisage de présenter sa candidature à l’élection présidentielle de 2004. A cet effet, un comité pour la candidature de Mouloud Hamrouche s'est créé début octobre à Alger. «Le comité regroupe des citoyens, en majorité des jeunes, qui ont rendu public un manifeste dans lequel ils estiment que l'Algérie a besoin d'une large convergence des courants qui aspirent à la consécration des libertés et au changement», est-il précisé sur le site internet de l’éventuel candidat. Des comités se sont déjà créés à Bouira et à Béjaïa. Dans un appel intitulé «Candidat de la démocratie», le comité de Bouira, présidé par Abdennour Moussi, estime que la présidentielle de 2004 offre une nouvelle possibilité de trancher : «Faut-il continuer à tenter des expériences hasardeuses ou faut-il aller à la seule solution viable, celle qui consiste à instaurer un régime démocratique, garant des libertés individuelles et collectives, et qui offre une base efficace pour assurer la relance économique et le progrès social ?» Le comité déclare que l’Algérie ne peut éviter d’aller au seul choix viable, celui de l’instauration d’un régime démocratique qui garantisse les libertés, le pluralisme, l’alternance et le progrès économique et social. «Nous estimons que M. Mouloud Hamrouche incarne ce projet (...). Nous lançons un appel à tous les courants, forces politiques et personnalités, convaincus de la nécessité du projet démocratique d’appuyer et de militer en faveur de cette démarche», relève-t-on. Le comité national, composé de militants d’ONG, de syndicalistes, de journalistes, d’associations de jeunes, s’apprête à lancer un manifeste axé sur la nécessité de retourner aux libertés (il est déjà publié sur le site internet). Les supporters de Mouloud Hamrouche estiment que l’Algérie ne peut plus continuer la descente aux enfers «entamée il y a plus de dix ans». Le pays, selon eux, doit se relever, remonter la pente, «patiemment mais résolument», panser ses plaies. Dans son analyse, le comité relève également la nécessité de mettre en avant le rôle de l’armée. «L’ALN a libéré le pays. C’est la plus grande œuvre algérienne du XXe siècle. L’ANP se doit d’aider la société à se libérer. Ce sera probablement la plus grande œuvre de cette première moitié du XXIe siècle», observent-ils. L’élection présidentielle doit, selon eux, être libre. Ces dernières semaines, Mouloud Hamrouche, qui s’est imposé une certaine réserve depuis son retrait, avec cinq autres prétendants de la présidentielle en 1999, a multiplié les sorties publiques. Des sorties couvertes de discrétion. L’homme a refusé de commenter ce qui apparaissait comme «un duel» entre Ali Benflis, secrétaire général du FLN et ex-chef de gouvernement, et Abdelaziz Bouteflika, président de la République. Mais Mouloud Hamrouche, en parfait connaisseur des mœurs du régime, voyait mal ce qui ressemblait à «une bipolarisation» visant à «fermer» la compétition pour la présidentielle de 2004. Il en était arrivé à s’interroger sur «l’utilité» de se lancer dans la course alors que les cartes étaient déjà jouées. Les choses semblent avoir évolué depuis que les fidèles de Abdelaziz Bouteflika, le ministre de l’Intérieur en tête, peinent à «contrôler» le FLN et à le domestiquer. Le FLN a pu organiser le congrès extraordinaire, début octobre 2003, et confirmer la candidature, de Ali Benflis à la magistrature suprême en dépit des interdits de l’administration. Depuis, «le coup d’Etat» contre Abdelhamid Mehri, ancien secrétaire général du FLN, en 1996, Mouloud Hamrouche s’est «retiré», sans le quitter réellement, du parti. «En 1999, des engagements avaient été pris pour que l’élection se déroule normalement, qu’il n’y aurait pas de candidat de l’armée. Quand nous avons su qu’il y avait un candidat de l’armée, on s’est retirés», a-t-il expliqué au Forum d’El Youm. Mouloud Hamrouche s’était retiré du scrutin avec Hocine Aït-Ahmed, Youcef El Khatib, Ahmed Taleb Ibrahimi, Mokdad Sifi et Abdallah Djaballah. «Si vous parlez d’alternance en termes de cooptation d’équipes et d’individus, cela a été possible et sera toujours possible. Si vous parlez d’alternative au système et à l’impasse, cela exige la maturation d’une action nationale de changement. Cette solution peut voir le jour. Car, ses adeptes existent à tous les niveaux, y compris à l’intérieur du système et dans les différents secteurs. Pour l’instant, les conditions d’une action convergente ne sont pas réunies. Néanmoins, il y a une maturation. Est-elle suffisante ? Peut-elle s’accélérer ? C’est possible», a déclaré Mouloud Hamrouche dans un entretien au Quotidien d’Oran en 2001. Natif de Constantine, ancien militaire et ancien secrétaire général de la Présidence de la République du temps de Chadli Benjedid, Mouloud Hamrouche est titulaire d’un magister en sciences politiques avec une thèse sur le «Phénomène militaire en Afrique». Il est l’un des architectes des réformes économiques et politiques engagées à partir de 1998. Des réformes stoppées par, entre autres, l’arrêt du processus électoral en 1992 et l’apparition de la violence et du terrorisme dans le pays. Par Fayçal Métaoui
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