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«Treize à la douzaine» !par Mohamed Zaâf, Le Jeune Indépendant, 28 juin 2007 On ne vous fera pas disparaître, car il n’est pas intelligent de vous laisser la possibilité d’aller pleurnicher chez Ksentini ou Dutour mais on ne vous laissera pas non plus poursuivre un business non codifié expressément dans le registre du commerce électoral en vigueur. Sanafir vous êtes nés, sanafir vous resterez. Mais si vous pensez que vous méritez le droit de participer à la course à la représentativité, vous n’avez qu’à le prouver. «Soyez des lions et bouffez-nous», comme on dit chez nous. Pour cela il faut atteindre les gabarits visibles à l’œil nu, pas au microscope. Il faudra se hisser au niveau des partis qui ont un ancrage et qui, eux, sont «des gens respectables qui ont un nombre respectable de militants». Ainsi disait en substance M. Zerhouni, lorsqu’il se laissait aller à une surdose de magnanimité sur les ondes de la radio nationale. Une magnanimité qu’on n’arrive pas à marier avec les dégâts causés par l’argent depuis son intrusion en tant qu’arme électorale. «Des gens ont donné des sommes faramineuses d’argent pour figurer sur les listes électorales. Dans certains cas, les sommes s’élèvent à 150 millions de centimes», précisait le ministre, reconnaissant ainsi le bien-fondé des révélations faites en son temps par la presse. Ce qui ajoute à la curiosité de l’affaire, c’est la banalisation d’un tel business. On finit par en parler comme s’il s’agissait d’activités tout à fait légales, dont les auteurs règlent convenablement en bons citoyens la totalité des impôts. Mais, passons, M. Zerhouni encombre suffisamment comme ça le département de M. Belaïz. En tout cas, son projet de loi sur le régime électoral a porté quelque peu ses fruits puisqu’il a permis d’avoir ce que des quintaux d’efforts n’ont pu obtenir jusqu’ici : treize des petits partis menacés d’asphyxie se sont constitués en une «Alliance pour la sauvegarde de la démocratie» (ASD). Dans leur conférence de presse hier, à Alger, ils n’ont pas manqué de faire appel à divers articles de la Constitution pour démontrer le recul «honteux» de la démocratie et confondre le pouvoir, accusé de vouloir revêtir une autre fois la gandoura autoritariste. Sauf que la Constitution va être révisée et qu’à part le fait qu’on s’achemine vers un régime présidentiel, on ne sait trop si les articles cités dans les plaidoiries seront maintenus tels quels dans le nouveau texte. Ce qui est cependant sûr, c’est que contrairement aux 13 de l’ASD qui paraissent déroutés par le projet de loi portant modification du régime électoral, le ministre de l’Intérieur semble, lui, savoir où il compte aller et qu’il est capable d’y aller même les yeux bandés. N’a-t-il pas élucidé l’un des mystères les plus épais à l’origine de l’abstention électorale en débrouillant l’écheveau des «mal inscrits» ? Alors qu’on avait cru que les abstentionnistes faisaient partie des mécontents qui n’arrivent pas à se marier et à avoir des logements, on a été surpris d’apprendre que c’étaient au contraire ceux qui ont déménagé et celles qui ont quitté le domicile des parents pour se marier qui n’ont pas voté. Des «mal inscrits» que les «mal ancrés» n’ont pas su mobiliser ! M. Z. mohamed_zaaf@yahoo.fr. |
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