CHANGEMENT A LA TETE DU FFS

Bouhadef succède à Maâmeri

El Watan, 26 juin 2004

Mustapha Bouhadef est désormais le nouveau premier secrétaire du FFS succédant ainsi à Djoudi Maâmeri dont le mandat d'une année est arrivé à terme. M. Bouhadef a pris fonction le jour même de sa nomination, soit jeudi 24 juin. Sa désignation à la tête du secrétariat national a été faite par le président du parti, Hocine Aït Ahmed, par le biais d’un message envoyé aux membres du Conseil national (CN), réunis en session ordinaire.

A l'ordre du jour, étaient inscrits un point sur la situation générale du pays et un autre sur le bilan d'exercice de la direction sortante. Les débats ont été clos en fin de journée, avec, comme conclusion, un bilan positif pour le désormais ex-premier secrétaire. Ce changement est, est-il souligné dans le message d'Aït Ahmed, motivé par le souci du premier dirigeant du parti de préserver l'esprit de l'alternance statutaire, premier fondement du Front. Cette décision est prise «conformément aux articles 84 et 85 des statuts du FFS», est-t-il précisé. M. Bouhadef constituera son équipe en consultation avec le président, laquelle sera approuvée lors d'une session extraordinaire du CN dans les jours à venir. M. Aït Ahmed a rendu hommage à Maâmeri et à son équipe «pour le dévouement, l'intelligence politique et l'esprit d'équipe». Rencontrés hier au siège national du parti, Djoudi Maâmeri et Mustapha Bouhadef avaient l'air serein. «Tout va bien au FFS», ont-ils dit. M. Maâmeri voit dans ce changement une confirmation «de l'alternance» érigée en mode d'emploi au FFS. Selon lui, ce changement corrobore l'idée que «chez le FFS on ne fait pas des concepts de simples slogans creux». «L'esprit d'équipe va demeurer. J'en suis convaincu. La force du FFS est d'abord dans ses valeurs liées à la démocratie et au respect d'autrui. Le changement opéré ne constitue aucunement un bouleversement ni en moi ni au sein des instances du parti», a-t-il précisé. De son côté, Mustapha Bouhadef a déclaré : «C'est un immense honneur, pour le militant que je suis, de m'avoir confié cette responsabilité». Une responsabilité, a-t-il jugé, qui est énorme, eu égard au contexte politique national et international difficile. Un contexte entaché essentiellement par le retour aux pratiques policières les plus révolues. La scène nationale, a-t-il relevé, a été marquée juste après la présidentielle par une volonté délibérée du régime en place, «de fermer les espaces d'expression politique et sociale, notamment avec l'emprisonnement manu militari des journalistes». M. Bouhadef a estimé que la normalisation est en train de se faire au pas de charge. «Il appartient, entre autres, au FFS de tout faire pour briser ces chaînes, en œuvrant d'une manière démocratique et avec des moyens pacifiques. Un travail énorme». Par ailleurs, le conseil national a dressé des critiques acerbes à l'encontre des dirigeants du pays. «Dirigeants qui continuent à terroriser les populations dénuées par leurs sbires dans une vaine tentative d'étouffer toute forme de contestation», a souligné le chargé de la communication, Karim Tabou. Dans la foulée, le FFS a exprimé son inquiétude quant à «la montée de la violence et de l'insécurité dans le pays, pendant qu'officiellement les décideurs se vantent d'avoir rétabli la sécurité». Le parti a qualifié le processus engagé au lendemain de la présidentielle de processus «unificateur de toutes les maffias du pouvoir». Bouhadef s’attellera essentiellement à préparer le 4e congrès qui sera précédé d'un audit général du parti et de la tenue d'une convention nationale, et ce, «afin d'enrichir la dynamique politique de cette préparation», a précisé Karim Tabou. Le congrès, quant à lui, se tiendra au courant du 1er semestre 2005. Le FFS prévoit de tenir son université d'été durant la première quinzaine de septembre prochain. A souligner que le parti d'Aït Ahmed a «consommé» depuis 2000 quatre secrétaires nationaux, Ali Karboua (2000-2001), Ahmed Djeddaï (2001-2002), Djoudi Maâmeri (2003-2004), et le nouvel arrivant, Mustapha Bouhadef (2004-2005).

Par Mokrane Aït Ouarabi

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Le retour

Le nouveau premier secrétaire national du FFS, Mustapha Bouhadef en l'occurrence, avait été déjà à la tête du secrétariat national entre 1999 et 2000, avant qu'il soit remplacé par Ali Karboua. Il faisait partie des premiers militants du FFS, à la faveur de l'avènement du pluralisme en Algérie. Ancien recteur de l'université de Bab Ezzouar et professeur de physique, M. Bouhadef était député et chef du groupe parlementaire du FFS de 1997 à 2002. Originaire de la grande Kabylie, Bouhadef était tête de liste FFS à Tizi Ouzou, lors des élections législatives de 1997, comme il avait présidé la commission de préparation du 3e congrès en 2000.

Par M.A.O.

 

   
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