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Sale temps pour les partis El Watan, 26 juin 2003 La déliquescence de la scène politique en Kabylie est l’une des incidences les plus spectaculaires de la crise qui prévaut depuis deux ans dans la région. Première force politique au niveau local depuis l’avènement du multipartisme, le FFS est devenu aujourd’hui une sorte de géant aux pieds d’argile qu’un simple changement de secrétaire local peut plonger dans une inexplicable et sourde crise interne. Le moindre frémissement organique s’accompagne de tiraillements qui mettent en difficulté l’ensemble des instances hiérarchiques du parti. Epuisé par son bras de fer avec les archs et son engagement mouvementé dans les élections locales d’octobre 2002, le FFS est aujourd’hui en proie à un malaise qui rend muets ses responsables locaux et nationaux. A la fédération de Tizi Ouzou, c’est un «militant de base» qui nous répond au téléphone, nous affirmant qu’aucun responsable n’est présent pour répondre à nos questions. Mourad Kacer, l’ex-secrétaire fédéral évincé la semaine dernière, n’est pas loin du siège de la fédération mais ne souhaite pas s’exprimer. Mis sur la touche, il reste militant «discipliné» et refuse d’exprimer son sentiment. On apprendra qu’«il n’y a pas de secrétariat fédéral à Tizi Ouzou» et que le remplaçant de Kacer n’a pas encore été désigné. Interrogé, le président de l’APW, élu sur la liste FFS, dira ne pas être au fait de la situation au niveau de la fédération, avant de déclarer que cette dernière est «mise sous la tutelle de la direction nationale du parti». Une déclaration qui amène à déduire que la décision prise par la fédération de Tizi Ouzou a été inspirée par la direction du parti. Que reproche celle-ci à Mourad Kacer ? M. Tabou, chargé à la communication à la direction nationale, a été «appelé en urgence» au moment où nous le demandions au téléphone, hier après-midi. Que cache ce black-out qui est observé de la base au sommet du parti ? L’explication, il faut la chercher à la périphérie des structures du parti. Installé à la tête de la fédération de Tizi Ouzou au moment où le FFS s’engageait dans la campagne électorale pour les élections locales, Mourad Kacer a fini par incarner l’opposition de son parti aux partisans de l’empêchement des élections. Conférences de presse, meetings, il relaierait le discours du FFS dans un climat d’hostilité et de tension où la pratique politique en dehors de la marche des archs était prohibée. Kacer était le «bulldozer» d’Ahmed Djeddaï, cette autre machine de guerre qui était descendue dans l’arène politique kabyle pour clamer dans les meetings que le FFS participait aux élections pour empêcher les «prédateurs et les mafieux de s’emparer des APC». A l’issue des élections, avec la moitié des APC conquises, le FFS ne sortira pas exsangue mais politiquement et organiquement groggy. Pour se donner un nouveau souffle et un nouveau visage, la direction nationale change de premier secrétaire. Djeddaï rejoint son cabinet médical. Pour se guérir des coups reçus dans son combat inégal avec les archs, le FFS poursuit sa mue. Kacer tombe quelques jours après avoir été relaxé par le tribunal dans un procès en diffamation intenté par l’ancien président d’Aghribs (RCD). Le parti de Saïd Sadi, grâce sans doute à l’autorité de son leader, ne connaît pas de tiraillements organiques, mais son activité est mise en veilleuse depuis des mois. Nombre de ses structures locales ont arrêté de fonctionner et certaines ont même oublié de célébrer l’anniversaire du parti en février dernier. L’ossature du parti existe formellement, mais le fonctionnement et l’activité politique sont réduits à leur plus simple expression. L’énergie du parti est quasiment concentrée sur les ripostes aux différentes attaquesqui ciblent la formation et ses dirigeants. Accusés de manipuler les archs, d’entretenir la crise en Kabylie, cités dans les polémiques sur l’affaire de l’assassinat de Matoub, les responsables du RCD se résolvent à la position du dos rond, mettant en stand-by le combat démocratique qui a caractérisé la vie politique en Kabylie depuis dix ans. La convention régionale qu’organise aujourd’hui le RCD à Tizi Ouzou est peut-être un nouveau départ pour ce parti dans la région et le début de la fin du no man’s land politique qui sévit en Kabylie. Par D. Tamani
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