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Réveil
timide de la classe politique
La perche de Bouteflika et la surprise du MDS
El
Watan, 26 décembre 2004
Après huit mois de léthargie, la scène politique commence à connaître
un semblant d'activité. Le week-end dernier, de nombreux partis ont réuni
leur état-major pour faire le point sur la « situation politique
et sociale du pays ».
Le débat suscité par le projet d'amnistie générale,
annoncé par le président Bouteflika en novembre dernier, a ainsi
donné l'occasion à beaucoup de rebondir. Bien que confinée
dans des ambiances fermées, cette sortie de l'opposition aura eu l'effet
d'entourer d'un élément de doute le discours enjôleur des
partis acquis au président Bouteflika. En ce sens, les leaders de l'opposition
semblent s'être donné le mot pour concentrer leurs tirs sur la démarche
du gouvernement. C'est le cas, en particulier, du Front des forces socialistes
(FFS) dont le discours reste particulièrement critique par rapport à la
politique d'ensemble de l'Exécutif. La formation présidée
par Hocine Aït Ahmed reproche notamment au chef de l'Etat de mettre deux
fers au feu et de prôner un libéralisme sans libertés. L'analyse
de la situation du FFS est partagée en tout point par le Parti des travailleurs
(PT) qui préfère néanmoins fonder sa radicalité politique
sur « le rejet des privatisations ». Très peu porté sur
la chose économique, le leader du mouvement El Islah (MRN) a, quant à lui,
pris l'option de verrouiller le discours de sa formation sur le thème
de l'amnistie générale. En ce sens, Abdallah Djaballah s'est déclaré prêt à soutenir
le projet présidentiel à la condition, toutefois, qu'il ne profite
pas « aux harkis et aux pieds-noirs ». L'autre fait marquant
de cette « reprise politique » reste sans conteste le recentrage « historique » annoncé par
le Mouvement démocratique et social (MDS), l'héritier du Parti
communiste algérien. Célèbre, depuis 1991, pour son refus
de prendre part à une élection ouverte à des formations
islamistes, le parti de Hachemi Chérif a pris la résolution, en
effet, de se réconcilier avec les urnes. Et, surtout, de mettre de côté son
principe politique basé sur « la double rupture ».
Car ce recentrage ne signifie pas autre chose sinon que le MDS est prêt à s'accommoder
de l'Islam politique. Autant d'ailleurs que le RCD a eu à le faire avant
lui au milieu des années 1990. Mais, aussi riche soit-il en surprises
et en critiques, ce réveil timide de l'opposition n'est pas forcément
synonyme de retour. Ayant trop donné l'habitude de réagir de façon
occasionnelle et décousue, les formations de l'opposition gagneraient
sans doute à occuper davantage le terrain et à investir dans le
travail de formation et de structuration. Face à une société en
proie au vide, c'est sans doute le meilleur des services qu'elles pourraient
rendre.
Zine Cherfaoui
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