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La
crise qui secoue le parti en phase de dénouement
FFS
: Ait ahmed reprend les choses en main
Par
KARIM KEBIR/ MOURAD BELAÏDI Liberté, 23 septembre 2004
Ali Laskri est confirmé au poste de premier secrétaire
du parti, en remplacement de Mustapha Bouhadef.
Sauf surprise de
dernière minute, M. Ali Laskri sera officiellement
confirmé dans les prochains jours dans son poste de premier secrétaire
du Front des forces socialistes, a-t-on appris, hier, de sources proches
du parti. Celui qui assure jusque-là l’intérim après
la démission sous “la pression” de Mustapha Bouhadef
et qui, semble-t-il, a bonne presse auprès du leader charismatique
Hocine Aït Ahmed, sera nommé par celui-ci dans les tout prochains
jours, soit avant le 41e anniversaire du parti, prévu les 29 et
30 septembre prochains, ajoute la même source. Une confirmation,
qui, si elle venait à être effective, mettra ainsi un terme à une
crise qui aura duré près de deux mois.
Une crise, sans précédent, que le parti n’a jamais
connu depuis sa création en 1963. Pis, il aura failli même “sortir
de l’histoire”, pour reprendre une expression chère à feu
Tahar Djaout.
En effet, lors de son dernier conseil qui a vu l’absence de Mustapha
Bouhadef, un groupe de membres du conseil national ont même tenté de
créer un comité ad hoc pour gérer les affaires du
parti, ce qui a été perçu par certains irréductibles
du parti, mais aussi par le président comme un véritable “putsch”.
Comment est-on arrivé à cette situation ? Deux jours avant
la tenue du conseil, Mustapha Bouhadef envoie une lettre de démission à Aït
Ahmed par le biais d’une tierce personne via Paris. Dans cette
missive, qui n’arrivera finalement à son destinataire que
le lendemain du conseil, Mustapha Bouhadef explique qu’”il
ne pouvait pas continuer sa mission”. En fait, Bouhadef, après
avoir été loin des structures du parti, découvre à son
corps défendant la métamorphose mais aussi les luttes d’influence
qui traversent le plus vieux parti de l’opposition. Et s’il
a fini par jeter l’éponge, c’est parce que le désormais
ex-premier secrétaire a été pris en étau
entre deux clans qui se disputaient la direction du parti en prévision
de son prochain congrès prévu en 2005.
D’une part, le clan que l’on soupçonnait de “rouler” pour
l’ex-premier secrétaire, Ahmed Djeddaï, accusé par
ailleurs de velléités de rapprochement avec certains cercles
du pouvoir et, d’autre part, le groupe de militants considéré comme
l’aile dure du parti.
C’est ainsi par exemple qu’un député, à qui
Bouhadef devait confier le poste de chargé de communication, a
opposé une fin de non-recevoir en raison de l’existence
dans l’équipe qu’il mettait sur pied d’anciens
membres du bureau sortant. Pour palier ce “renoncement”,
il décide alors de son remplacement par un ancien sénateur,
lequel a été refusé par… le président.
Cela sans compter des risques de rejet qui pesaient sur son programme
d’actions puisque beaucoup de membres actifs au sein du conseil
national affichaient leur hostilité à l’ancienne équipe.
Une alternative qui, selon le règlement du parti, et si elle se
répétait pas deux fois, amènerait automatiquement
la démission du premier secrétaire.
Face à ces manœuvres multiformes et l’intransigeance
de ces membres, Mustapha Bouhadef décide de se retirer. Informé de
la situation, Aït Ahmed “place” Laskri comme intérimaire.
Et depuis, il reprend en main les rênes du parti. Mieux encore, à se
fier à des sources crédibles, Aït Ahmed aurait même
décidé de reconduire à une large majorité l’ancienne équipe
avec cette particularité que Ahmed Djeddaï ne figurerait
pas sur la liste.
Quant à Bouhadef, il semblerait qu’il aurait décidé de
prendre du recul.
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