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EXCLUSIF
CONFIRMANT LASKRI DANS SON POSTE JUSQU’AU PROCHAIN CONGRÈS
Aït
Ahmed abat ses cartes L'Expression,
28 septembre 2004
Le conseil national
du FFS, prévu ce jeudi, mettra en lumière
les nouvelles directives du président de ce parti.
De sources proches de la direction du FFS, on apprend que Hocine Aït
Ahmed a récemment rencontré en Suisse Ali Laskri, premier
secrétaire du FFS. De fermes instructions lui auraient été données
afin qu’il rassemble les rangs, quitte à ce que les divergences
soient reportées, le temps que le parti célèbre
dans le calme son 41e anniversaire. Car nos sources insistent sur le
fait que «la crise existe bel et bien, puisque la meilleure preuve
en est la démission spectaculaire de Mustapha Bouhadef».
Ce jeudi, donc, après les festivités d’usage et le
discours de circonstance d’Aït Ahmed que lira Laskri, une
session extraordinaire du conseil national du FFS se tiendra. Contrairement
aux habitudes, elle ne durera qu’une heure ou deux, le temps de
confirmer le nouvel homme de confiance d’Aït Ahmed dans ses
fonctions. Il y a même fort à parier que cette session,
qui ne durerait qu’une heure ou deux, aboutisse également
vers l’installation de l’ensemble des secrétaires
nationaux. C’est sur la base des nouvelles instructions d’Aït
Ahmed que Laskri doit être confirmé dans ses fonctions de
premier secrétaire jusqu’au prochain congrès. Celui-ci,
demeuré en retrait depuis sa nomination en catastrophe, commence
même à prendre les choses en main sur le plan organique
et à tenter de colmater les brèches apparues depuis que
les désaccords sont apparus au grand jour avec tous ceux qui refusent
la gestion jugée «trop autoritaire» d’Aït
Ahmed sur la base d’informations et de rapports, très souvent éloignés
de la vérité, qui lui sont transmis par son fameux cabinet
noir. Aucun compromis n’a donc pu être trouvé entre
celui-ci et le président du FFS. La crise n’en sera que
reportée jusqu’à la fin des festivités. Nos
sources, qui mettent en avant leur sens du devoir et leur respect de
la discipline partisane, nous expliquent que «cette crise n’est
pas loin d’être comparée aux petites brouilles qui
apparaissent de temps à autre entre les membres d’une même
famille. Même si des mots durs sont échangés parfois,
cela ne va jamais très loin, et un compromis destiné à garantir
le bien de tous est toujours trouvé. C’est ce qui arrivera
inéluctablement dans un avenir plus proche que vous ne pensez».
Nos sources, qui se montrent donc très sûres d’elles
sur le sujet, indiquent «garder une confiance inébranlable
en Hocine Aït Ahmed». Pour elles, «il s’agit d’un
grand homme qui a déjà surmonté des crises et des
incompréhensions autrement plus dramatiques». D’où la
confiance absolue que «M.Aït Ahmed saura très probablement
mettre un terme à toute cette crise en donnant la parole à tous
et en prenant conscience de la recevabilité des récriminations
et critiques soulevées dans un esprit positif et constructif».
Nos sources, dans le même temps, soulignent que «le FFS,
qui vit une des crises les plus graves de son existence, est peut-être
la victime d’un complot ourdi par ceux-là mêmes qui
refusent que l’histoire lui donne raison d’une manière
aussi éclatante». Il est en effet paradoxal de constater
que c’est au moment où la voie de la réconciliation,
si chère au FFS, ait été choisie comme option majeure
par les plus hautes institutions du pays, que ce parti s’éclipse
de la scène nationale et politique alors qu’il aurait dû au
contraire retrouver un second souffle, et devenir même un allié puissant
et objectif du président de la République.
Sur ce sujet, du reste, des rumeurs non confirmées parlent de
nombreux contacts informels qui auraient eu lieu, par le biais de très
importants intermédiaires, entre Bouteflika et Aït Ahmed.
Le rapprochement entre les deux hommes, défendant, en substance,
la même démarche, même si la stratégie globale
diffère grandement entre eux, aurait même dû faire
en sorte que Bouteflika aille vers la dissolution des assemblées
nationales et locales afin de donner au FFS une chance de mieux se placer,
en compagnie du PT, et de faire en sorte que les réconciliateurs
soient mieux représentés sur l’échiquier politique
national, donnant ainsi un maximum de chances à la démarche
de Bouteflika de réussir.
Toujours est-il que si la crise du FFS est loin d’être terminée,
tout porte à croire que nous aurons droit à pas mal de
nouveautés dès les prochains jours. D’ores et déjà,
on nous indique que «la lettre de Hocine Aït Ahmed est extrêmement
intéressante, porteuse d’éléments d’information
et d’analyse qui ne laisseront pas indifférents les militants
et les observateurs». Contrairement à la rumeur, toutefois,
il n’est nullement question que le président du FFS rentre
au pays dans les prochains jours, ou semaines. Aït Ahmed, nous dit-on,
ne prendra le chemin d’Alger qu’à l’occasion
du prochain congrès du parti. En outre, des noms loin d’être
ignorés du grand public, qui ont beaucoup fait pour le parti,
et qui peuvent encore donner beaucoup, peuvent revenir sur le devant
de la scène à cette occasion. Attendons pour voir.
Mohamed ABDOUN
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