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FFS Front des Forces Socialistes
Déclaration L'alternance clanique : une constitution pour chaque mandat présidentiel
Prologue d'actualité Le secrétaire général du FLN, et néanmoins ministre d'Etat et représentant personnel de Abd el Aziz Bouteflika déclare que la révision de la Constitution est à l'ordre du jour. Il en fait un impératif dont tout semble indiquer qu'il deviendra dans les semaines à venir « une urgence dans l'Etat d'urgence ». Les Algériens, ceux qui s'en souviennent comme ceux à qui l'on doit Dire, ceux qui ont Vu et ceux que l'on doit aider à Voir réaliseront que cette opération n'a rien d'inédit. A toujours vouloir fuir les vraies solutions, le système répète insidieusement et impunément les mêmes manœuvres : occulter les impasses politiques par le recours aux plébiscites, sous peine d'effondrement de la Révolution, des Institutions, de l'Etat, ou de la République. Quand il n'est pas fait recours au Sacro-saint alibi de l'unité nationale. · Ben Bella aidé de Boumedienne se débarrasse du GPRA Souvenons nous, en 1963, une Constitution concoctée dans un cinéma s'est substituée à la première représentation nationale de l'Algérie indépendante. L'impératif et l'urgence officiels étaient de sauver la révolution. La finalité de la manœuvre était d'asseoir le pouvoir d'un clan par l'intronisation d'un homme providentiel, Ben Bella. Cette Constitution n'a pas empêché le coup d'Etat de 1965. A la tribune de l'assemblée Hocine Aït Ahmed proteste… Il ne sera pas écouté. · Boumedienne aidé par un Conseil de la révolution se débarrasse de Ben Bella Souvenons nous, en 1976, une Charte-Constitution scellée, a plébiscité l'impératif et l'urgence de mettre en place des institutions pérennes qui devaient survivre aux hommes. Finalité : la consécration du clan et du chef providentiel, Boumediene. · Chadli membre du Conseil de le révolution remplace Boumedienne et tente de déboumedienniser Souvenons nous qu'en 1989, après une révision quatre années auparavant pour desceller l'ancienne Constitution, le système malade de ses déséquilibres internes, décide unilatéralement d'un nouveau texte constitutionnel. L'impératif et l'urgence officiels après les évènements d'octobre 88 étaient une libéralisation de l'espace politique et de l'expression sociale. La finalité de la manœuvre : donner un nouveau souffle au système et libéraliser l'économie en contrepartie de la reconnaissance des associations à caractère politique. Cette fois pourtant de l'intérieur du sérail l'équipe des réformateurs de Mouloud Hamrouche tente une ouverture par effraction du système sur la société… Ils ne seront pas écoutés. · Boudiaf président intérimaire dans le HCE est assassiné, Zeroual est coopté Souvenons nous des évènements de 1991 et 1992. La Constitution, déjà peu ou pas appliquée, se voit neutralisée puis suspendue sine die . L'Assemblée nationale est dissoute, subséquemment, son président Abdelaziz Belkhadem aussi, selon la formule assassine du général Larbi Belkheir. Des institutions provisoires furent bricolées, des représentants intérimaires cooptés. Ce stratagème a fait office d'édifice de la transition. L'impératif et l'urgence officiels étaient de sauver la République. La finalité : une reprise en main d'un processus d'ouverture. Aït-Ahmed, Ali-Yahia, Abdelhamid Mehri, Mouloud Hamrouche et Abdelkader Hachani se rencontrent et avertissent du dérapage vers la guerre. Ils ne seront pas écoutés. · De Zeroual 1 à Zeroual 2 Souvenons nous en 1995. Sous l'impératif et l'urgence officiels du parachèvement de l'édifice institutionnel et de la restauration de la paix, une Constitution de plus fut adoptée. La finalité : consécration de l'option éradicatrice et du tout sécuritaire contre toute idée de réconciliation et de transition démocratique. Réunis à Rome autour d'un contrat pour la Paix et la Démocratie des partis politiques et des personnalités de diverses tendances propose au Pouvoir une plate-forme de sortie de crise. Ils ne seront pas écoutés. Souvenons-nous en 1996 l'Appel pour la Paix signé par des milliers d'algériens scandalisés par l'ampleur du carnage. Ils ne seront pas écoutés. · Bouteflika : membre du conseil de la révolution et acteur du 19 juin 1965. Retour à la case départ Souvenons nous en 1998, de la démission anticipée et différée de l'homme providentiel du moment, le général Liamine Zeroual. Elle a permis l'arrangement d'un consensus des décideurs sur le moins mauvais des candidats, selon la formule cocasse et a posteriori du général Mohamed Lamari. L'impératif et l'urgence officiels étaient la réconciliation nationale et le retour de l'Algérie dans le concert des nations. La finalité : la restauration de l'ordre ancien qui impose la paix sociale par la domination et la pacification. Souvenons-nous en 1999 des avertissements lancés par les 6 candidats et de leur retrait d'une élection présidentielle truquée. Ils ne seront pas écoutés. Le rappel historique de ces faits impose le constat suivant : par l'autolégitimation, le système et ses démembrements (la police politique, les services parallèles …) loin de toute norme universelle de représentation, a privatisé l'Etat, sans jamais avoir eu à rendre des comptes devant qui que ce soit, où que ce soit. Depuis quarante ans, les mêmes factions se relaient dans des alternances claniques par l'intrigue policière et la violence armée. Rien n'a été épargné aux algériens, ni leurs richesses, ni leurs mémoires, ni leurs vies. Encore moins leur avenir. Alors que le territoire national est en ébullition, alors que sa capitale est interdite de manifestations aux Algériens, alors que la société est grosse de violence et d'attentes, sous le régime de l'Etat d'urgence, sans pudeur et dans une banalité affligeante, un remake des scénarios précédents se dessine et veut se rejouer en boucle. La baudruche médiatico-mondaine de la bipolarisation Benflis-Bouteflika à peine crevée, le sérail veut nous entraîner dans ses contorsions tragicomiques. Une alliance aux liens indéfectibles autour de l'Homme Providentiel, se dévoile comme étant le nœud gordien d'un psychodrame annoncé. Un nouveau feuilleton de l'été se met en place.
L'alternative démocratique : une constituante pour le pays
Devant cette situation, que faire ? D'abord dans le recueillement et la sérénité écoutons ensemble l'hymne national. Ne dit-il pas en conclusion de chaque strophe, « témoignez, témoignez, témoignez. » Témoignons et témoignez avec nous que le rêve de Novembre a été rompu et interrompu. Cependant, témoignons aussi que le peuple algérien n'a abdiqué ni ses espoirs ni ses attentes. De multiples voix, des voix diverses, à différents endroits, et à tous les moments se sont élevés contre l'arbitraire et la normalisation. Depuis 1963, le FFS et Ait Ahmed n'ont cessé de s'opposer aux stratégies d'accaparement, de détournement, de putsh, de neutralisation, de régression et de montage de grandes messes à usage de rouleau compresseur. Contre cela, Hocine Ait Ahmed affirme à la tribune de l'Assemblée Nationale Constituante que la démocratie doit être une option de cœur et de raison. Il s'oppose à la dissolution du Parti Communiste Algérien et démissionne quand, au nom de la légitimité historique, on nie la légitimité populaire, quand pour des visées d'accaparement du pouvoir, on use de la légitimité historique pour découpler l'indépendance de son corollaire l'idéal de liberté, de solidarité. La création du FFS avait et a toujours comme objectif l'édification d'un état démocratique et social dans la continuité du 1er novembre. De 1965 à 1988, le FFS dans la clandestinité, l'exil ou dans les prisons n'a cessé d'exiger le retour à la libre expression et à la légitimité populaire. Il n'a cessé de servir d'école de formation politique, de carrefour de débats et de rencontres. Ali Mecili le payera de sa vie. De 1989 à ce jour, à chaque étape, il opposera, toujours par la voie pacifique: La force de la politique à la politique de la force. Une politique de rassemblement à la stratégie de division et d'atomisation. Une stratégie de contrats publics transparents aux alliances de hasard et de coulisses. Le FFS par son intransigeance sur les questions d'éthique et de droits de l'homme a réussi à se préserver de toute compromission ou complaisance avec les acteurs des violences et des velléités dictatoriales ou autoritaires. Ces rappels seraient, sans votre témoignage, de l'autoglorification et, s'il ne s'agissait aujourd'hui de dire qu'a toute impasse, il y'a une alternative d'espoir. Nous nous devons de sortir des échecs répétés et de l'impuissance à changer le cours des événements. Il n'y a de fatalité que notre passivité. Ce projet de révision constitutionnelle élaboré dans le sillage et l'état d'esprit de la charte de l'amnésie et de l'impunité, doit être démonté par le recentrage du débat et de l'intérêt politico médiatique sur les questions essentielles et existentielles de notre devenir et du devenir de notre pays. Cela doit être la priorité de toutes celles et de tout ceux qui lient leur avenir politique à l'avenir démocratique du pays. Cette tache requiert de la part de toutes les potentialités démocratiques : de se recenser. de se rendre visibles et lisibles dans leur langage et dans leurs actes. de se concerter entre elles et de scruter ensemble l'état et les attentes de la société.
Il est inconséquent, pour ne pas dire suicidaire pour elles de se rendre complices d'une agitation sans résultats prometteurs pour l'avenir démocratique du pays en alimentant cette énième farce. Aux lieu et place de l'intérêt à lui porter ou de l'indifférence à la laisser se développer, il faut la déconstruire par l'élaboration d'une alternative démocratique crédible ouverte à toutes et à tous, sauf à celles et à ceux qui s'excluraient d'eux même ou viendraient à se disqualifier par le double travers de l'aveuglement et de l'entêtement. Alger, le 23 mai 2006 P/ le secrétariat national Le Premier secrétaire Ali Laskri www.ffs-dz.com 56, Avenue Souidani Boudjema - Alger téléphone: + 21321694141 Fax: +21321484554 |
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