Palestine

Le torchon brûle entre l’ Egypte et Israël

El Watan, 21 août 2011

L'incursion meurtrière de l'armée israélienne à l'intérieur du territoire égyptien a causé la mort de cinq policiers. En réaction, l'Egypte a rappelé son ambassadeur en Israël, générant une véritable crise entre les deux pays. Notre correspondant, à Ghaza, Fares Chahine, fait état de représailles aveugles de l’armée israélienne contre la population civile.

Après une manifestation à laquelle ont participé des milliers de citoyens égyptiens vendredi soir au Caire devant l’ambassade israélienne, au cours de laquelle le drapeau israélien a été brûlé à plusieurs reprises, le gouvernement égyptien a manifesté sa colère, hier matin, contre l’Etat hébreu en rappelant son ambassadeur en Israël. Il a en outre convoqué l’ambassadeur israélien au Caire pour lui demander des explications «en attendant le résultat de l’enquête menée par les autorités israéliennes et en attendant des excuses du gouvernement israélien pour les déclarations hâtives et regrettables formulées à l’encontre de certains dirigeants israéliens qui manquaient de sagesse et de prudence».

Des responsables israéliens avaient accusé l’Egypte d’être incapable de contrôler la péninsule du Sinaï, par laquelle ils ont dit que les hommes armés ayant commis le triple attentat d’Eilat se sont infiltrés. Les décisions du gouvernement égyptien ont été prises après une réunion de crise qui a duré 4 heures. Les décisions ont été annoncées à la télévision et sur le site du gouvernement. Le ton a bien changé depuis la chute du pouvoir de l’ancien président Hosni Moubarak, qui n’a pas levé le doigt pour venir en aide aux Palestiniens lors de la guerre israélienne de l’hiver 2008-2009.
L’ambassadeur égyptien dans les territoires palestiniens, Yasser Othman, a annoncé, hier, que son pays et Israël sont arrivés à un accord de principe pour un retour au calme, selon lequel Israël arrêtera son escalade contre la bande de Ghaza et les résistants cesseront les tirs de roquettes contre l’Etat hébreu.
Fares Chahine


15 personnes tuées et 44 blessés à Ghaza

Le bilan du bombardement israélien s’alourdit

L’agression israélienne sanglante contre la bande de Ghaza, commise jeudi passé en fin d’après-midi, s’est intensifiée hier sur fond d’une crise diplomatique aiguë entre Israël et l’Egypte.


Le Caire n’a pas hésité à rappeler son ambassadeur à Tel-Aviv pour consultation et a convoqué celui d’Israël pour protestation. Cette montée d’adrénaline sur le terrain diplomatique intervient au moment où le bilan des morts et des blessés s’est alourdi. Dans la matinée d’hier, des sources hospitalières ont indiqué que 15 personnes avaient été tuées et 44 autres ont été blessées, dont 11 enfants, 10 femmes et 3 personnes âgées.

Les bombardements ont visé des positions militaires de certaines factions palestiniennes, principalement des brigades Azeddine Al Qassam, la branche armée du Hamas, des terrains vagues près de la frontière avec Israël où sont supposés être positionnés des résistants et des militants armés se déplaçant en véhicule ou en moto. Tard dans la soirée de vendredi, l’émotion était grande dans la ville de Ghaza après l’annonce de la mort d’un jeune médecin de 32 ans, travaillant au service de soins intensifs de l’hôpital Al Shifa où sont évacués plus de 90% des blessés, de son frère et du fils de ce dernier âgé de 5 ans seulement. Les trois se dirigeaient vers leur maison familiale lorsqu’ils ont été atteints par une roquette air-sol, qui a déchiqueté et brûlé leurs corps. Le meurtre a eu lieu en plein centre-ville. Même ses collègues, les médecins de l’hôpital Al Shifa, ont eu des difficultés à identifier le cadavre carbonisé du jeune médecin qui les avait quittés quelques minutes auparavant. Il faut noter que l’aviation israélienne, munie de roquettes air-sol, d’une grande précision, qui ne quitte pratiquement pas le ciel de la bande de Ghaza, même durant les temps d’accalmie, a effectué, depuis le début de la campagne militaire sanglante, plusieurs tentatives d’assassinat ciblés contre des éléments de la résistance.

Incursion meurtrière

C’est un drone qui a réussi, jeudi, à éliminer les 4 dirigeants des comités de résistance populaire à Rafah, et permis au Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, de déclarer que tous les planificateurs des attentats d’Eilat ont été éliminés. Huit Israéliens ont été tués par des hommes armés dans la journée de jeudi, près d’Eilat, une station balnéaire située à l’extrême sud d’Israël, proche du Sinaï égyptien. Vendredi, les drones ont ciblé plusieurs militants armés appartenant aux Saraya Al Qods, la branche armée du djihad islamique, et aux comités de résistance populaire, une faction armée à mouvance islamiste proche du mouvement Hamas, alors qu’ils circulaient en moto. Cela a entraîné une certaine panique chez les citoyens ayant l’habitude de se déplacer à moto même s’ils n’avaient aucun lien avec la résistance.

Les factions palestiniennes armées ont, pour leur part, poursuivi les tirs de missiles de type Rad, et les roquettes artisanales contre les villes du sud d’Israël. Trois Israéliens ont été blessés hier matin à Ashdod, une ville du sud d’Israël, par les tirs de deux roquettes venant de l’enclave palestinienne. Deux des blessés se trouvent dans un état grave. Une trentaine d’engins, qui tirent depuis jeudi sur le sud d’Israël, ont causé un certain nombre de blessés et surtout beaucoup de frayeur aux habitants des villes proches de la bande de Ghaza. Les brigades Azeddine Al Qassam, la branche armée du Hamas, ont annoncé hier matin la fin de la trêve militaire observée avec Israël depuis la fin de la guerre israélienne contre la bande de Ghaza de l’hiver 2008-2009. Sur le plan politique, le négociateur palestinien en chef, Saeb Erekat, a déclaré, hier matin, que le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, a demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU pour l’arrêt immédiat des agressions israéliennes contre la bande de Ghaza.


Fares Chahine


 

Ehud Barak «regrette» mais ne s’excuse pas

Le ministre israélien de la Défense, Ehud Barak, a «regretté» hier la mort de policiers égyptiens lors des attaques anti-israéliennes de jeudi près d’Eilat, à la frontière avec l’Egypte, et a proposé d’«examiner» les circonstances de l’incident avec l’armée égyptienne.

«Israël regrette la mort de policiers égyptiens lors de l’attaque à la frontière israélo-égyptienne», a déclaré M. Barak, qui a «ordonné à l’armée d’ouvrir une enquête, à la suite de laquelle seront examinées les circonstances de cet incident conjointement avec l’armée égyptienne», selon un communiqué. «Compte tenu des résultats de cette enquête, les conclusions nécessaires seront tirées», a promis le communiqué du ministère de la Défense.

Cette déclaration intervient après la décision du Caire de rappeler son ambassadeur en Israël pour protester contre la mort de cinq de ses policiers à la frontière, lors d’attaques qui ont fait huit morts jeudi dans le sud d’Israël. Ces policiers égyptiens ont été tués dans des circonstances non éclaircies lors d’une série d’attaques attribuées par Israël à un groupe radical palestinien de Ghaza, qui se serait infiltré dans la péninsule égyptienne du Sinaï. Dans son communiqué, M. Barak a tenu à souligner la «haute importance et la valeur stratégique pour la stabilité au Moyen-Orient de l’accord de paix entre Israël et l’Egypte».
Rédaction Internationale


 

Israël pointé du doigt par la FMO

Israël a commis deux violations en pénétrant en Egypte et en tirant côté égyptien, a affirmé la Force multinationale et observateurs (FMO), stationnée dans le Sinaï et chargée de surveiller la paix entre Israël et l’Egypte, dans un rapport cité hier par l’agence Mena.

«Les deux violations (commises par) Israël sont le fait d’avoir transgressé la frontière et d’avoir tiré des coups de feu côté égyptien», selon la Mena. Cinq policiers égyptiens ont été tués jeudi après un échange de tirs entre les forces israéliennes et des hommes armés suite à une triple attaque sanglante près d’Eilat, à la frontière avec l’Egypte. Le rapport de la FMO concerne les circonstances du décès de ces policiers, selon la Mena.

Le texte ne dit pas, d’après l’agence, si les auteurs des attaques d’Eilat sont passés par le Sinaï égyptien pour gagner Israël, comme l’affirme l’Etat hébreu. Huit Israéliens ont été tués dans la série d’attaques attribuées par Israël à des activistes radicaux palestiniens de Ghaza. La FMO, un organisme indépendant composé de près de 2000 hommes et qui ne relève pas des Nations unies, a été créée après l’accord de paix israélo-égyptien de 1979 et la restitution du Sinaï à l’Egypte. Elle est notamment chargée de veiller au respect des dispositions complexes du traité de paix dans le domaine de la sécurité.

Rédaction Internationale

 
Version imprimable

La guerre contre le Liban et la Palestine

 
www.algeria-watch.org