Les territoires palestiniens grignotés de partout par les colonies

Israël tue la solution à deux Etats

El Watan, 11 septembre 2017

La colonisation demeure l’arme préférée du gouvernement de Netanyahu, le plus à droite depuis la création de l’Etat hébreu en 1948, pour empêcher la solution à deux Etats de voir le jour.

Cette solution, prônée par les Palestiniens et par l’ensemble de la communauté internationale, prévoit l’établissement d’un Etat palestinien indépendant et souverain sur les terres palestiniennes occupées par Israël en 1967, y compris la ville sainte d’El Qods, dont les Palestiniens veulent faire leur capitale.

Au niveau international, la nouvelle administration américaine semble plutôt alignée sur les positions du gouvernement israélien de droite qui refuse ouvertement cette solution à deux Etats.

Assumée par Netanyahu, la colonisation avale chaque jourun peu plus de territoires palestiniens et crée sur le terrain de nouvelles réalités. Les plans d’expansion sont quotidiens.

Dans la ville d’El Qods, une des clefs essentielles de la solution du conflit israélo-palestinien, 176 nouvelles unités de colonisation vont être construites au cœur du quartier palestinien de Djabal Al Moukaber. Ces nouvelles maisons vont faire de la colonie de Nave Tsion, créée depuis six ans dans ce quartier palestinien, composée aujourd’hui de 91 unités de colonisation, un quartier dans un quartier. Nave Tsion deviendra, à la fin du projet, la plus grande colonie israélienne établie à l’intérieur des quartiers palestiniens de la ville sainte. Actuellement, la plus grande colonie est Maali Hazitim. 200 familles de colons israéliens y vivent.

Le but final de la colonisation dans la ville d’El Qods, qu’Israël réclame comme partie intégrante de sa capitale éternelle, est de créer un déséquilibre démographique en faveur des juifs.

La colonisation s’accompagne de destructions de maisons de Palestiniens, de déplacements forcés des citoyens vers les localités de Cisjordanie occupée et de tentatives de contrôle des lieux saints. Israël œuvre à judaïser complètement la ville sainte afin de l’absorber.

Plan machiavélique

Dans le reste de la Cisjordanie occupée dont une grande partie a été absorbée par les colonies israéliennes dont certaines sont devenues de véritables grandes villes, avec leurs usines, leurs universités, leurs routes et leurs bâtiments, la poursuite de la colonisation vise à séparer les villes et les villages palestiniens et à les transformer en cantons isolés, ce qui empêchera l’établissement d’un Etat palestinien doté d’une continuité territoriale. Ce sera la mort de la solution à deux Etats.

Israël et l’administration américaine ne veulent pas voir un Etat palestinien souverain entre les rives du Jourdain et la Méditerranée. Ils peuvent être d’accord pour une solution économique et au maximum une sorte d’autonomie dont pourront jouir les Palestiniens dans leurs villes en Cisjordanie, mais à condition que tout cela se fasse dans le cadre d’une souveraineté israélienne. Quant à la bande de Ghaza, étroite bande côtière de 360 km2, peuplée de deux millions de Palestiniens, elle n’intéresse pas Israël qui ne voit aucun problème à ce qu’elle soit proclamée Etat palestinien, car n’ayant aucun lien avec le reste des territoires palestiniens.

Abbas aux Nations Unies

Le délégué permanent de la Palestine aux Nations unies, Ryad Mansour, a annoncé que la partie palestinienne a préparé 16 projets de résolution pour une approbation par l’Assemblée générale de l’ONU dont les travaux débutent le 20 septembre. Parmi ces projets, figurent 13 résolutions politiques concernant El Qods, les réfugiés, la réaffirmation de la résolution 194 (sur le droit au retour des réfugiés palestiniens dans leurs terres et leurs maisons dont ils ont été expulsés en 1947-48), la colonisation et la solution politique du conflit.
M. Mansour a indiqué que le président Mahmoud Abbas abordera, dans son discours devant l’Assemblée générale de l’ONU, plusieurs questions.

Il fera l’évaluation de la situation politique, présentera les perspectives et les possibilités de relance d’un «processus politique significatif» et fera le point sur la situation du peuple palestinien, d’autant que son discours coïncide avec le 50e anniversaire de l’occupation des terres palestiniennes par Israël, le 70e anniversaire du partage par l’ONU de la Palestine historique et le 100e anniversaire de la déclaration de Balfour. 


Fares Chahine

 
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La guerre contre le Liban et la Palestine  
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