Crise humanitaire dans la Bande de Ghaza

L’ONU tire la sonnette d’alarme

El Watan, 13 juillet 2017

Les conditions de vie de la population de la bande de Ghaza se détériorent à une cadence accélérée, plus rapidement que prévu, ainsi que le constatent les organisations et les institutions internationales, à leur tête les Nations unies.

La vie à Ghaza sera impossible dans deux ans. Cette grave déclaration émane du coordinateur spécial des Nations unies pour la paix au Proche-Orient, Nicolai Mladenov, et fait suite à plusieurs rapports sur l’inquiétante détérioration des conditions de vie dans l’enclave palestinienne depuis le contrôle de la bande de Ghaza par le mouvement Hamas, suite à un putsch armé au cours de l’été 2007 et l’imposition du blocus israélien qui perdure depuis plus de dix ans.

M. Mladenov a appelé à mettre un terme à la division palestinienne responsable, selon lui, de grandes souffrances et des situations dramatiques pour deux régions (bande de Ghaza et Cisjordanie occupée) qu’il ne fallait pas séparer. «Si la situation persiste telle qu’elle est, en 2020 il sera impossible de vivre dans la bande de Ghaza», a déclaré le responsable onusien.

«Il est important de poursuivre tous les projets lancés par les Nations unies, le Qatar et toutes les autres parties pour sauver la situation à Ghaza», a ajouté Nicolai Mladenov, qui a salué l’initiative égyptienne de faire entrer du carburant pour faire fonctionner la seule centrale électrique à Ghaza et a demandé plus de soutien de la part de l’Egypte pour améliorer les conditions de vie des 2 millions de Ghazaouis.

Il est vrai que les conditions de vie de la population de la bande de Ghaza se détériorent à une cadence accélérée, plus rapidement que prévu, ainsi que le constatent les organisations et les institutions internationales, à leur tête les Nations unies. Un rapport, établi par nombre d’organismes et institutions internationales, à leur tête les Nations unies dans les Territoires palestiniens occupé, fait le point sur certains indicateurs-clefs identifiés dans un précédent rapport de l’ONU publié en 2012, prévoyant que Ghaza sera inhabitable d’ici 2020 en cas de non-changement de la situation.

Intitulé «10 ans après», «le rapport démontre que la bande de Ghaza a poursuivi sa trajectoire de régression dans certains cas de manière plus rapide que nous ne l’avions prévu à l’origine», a déclaré Robert Piper, le coordonnateur humanitaire et pour les activités de développement des Nations unies dans les Territoires palestiniens occupés.

Sur le plan de l’énergie électrique, seuls 90 mégawatts sont disponibles actuellement, alors que la bande de Ghaza en a besoin de près de 500. c’est le signe le plus évident et récent de la détérioration des conditions de vie à Ghaza. Il s’ajoute à toute une série de problèmes chroniques qui font partie de la vie «normale» quotidienne des Ghazaouis.

Selon le nouveau rapport, le produit intérieur brut réel (PIB) par habitant à Ghaza a baissé et l’offre des services de santé a aussi continué à diminuer. L’accès aux matériaux nécessaires pour permettre à l’économie et aux services de base de Ghaza de se remettre de la guerre de 2014 reste très restreint. Le rapport de l’ONU ajoute qu’il n’y aura plus d’eau potable à Ghaza d’ici 2020, si aucune mesure coercitive n’est prise.

Le rapport appelle Israël, l’Autorité palestinienne, le Hamas et la communauté internationale à prendre des mesures permettant des investissements durables pour le développement, un renforcement des secteurs productifs à Ghaza, une amélioration de la liberté de circulation des personnes et des biens, ainsi que le respect des droits de l’homme et du droit humanitaire international.

L’alternative sera «une Ghaza plus isolée et plus désespérée», a averti M. Piper. «La menace d’une escalade renouvelée et plus dévastatrice augmentera et les perspectives de réconciliation intra-palestinienne diminueront et avec elles les perspectives de paix entre Israël et la Palestine», a conclu le responsable onusien.

Fares Chahine

 
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La guerre contre le Liban et la Palestine  
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