32 harraga débarqués au port d'Alger

Sauvés après avoir passé quatre jours en mer

par Salah-Eddine K., Le Quotidien d'Oran, 2 mars 2008

32 harraga ont été débarqués, hier, au port d'Alger par un patrouilleur des gardes-côtes de la marine nationale. Ils étaient en danger de mort, lorsqu'ils ont été secourus au large de la côte ouest. L'intervention des gardes-côtes a eu lieu à la suite de renseignements communiqués aux autorités faisant état de l'embarquement, mardi dernier, depuis la plage de Sidi Lakhdar près de Mostaganem, d'individus à bord de petites barques munies de moteurs de faible puissance. Le lieutenant-colonel Slimane Defairi, chef de la cellule de communication des forces navales, explique que «des unités de la marine se sont engagées, tôt la matinée du vendredi, dans une recherche effrénée dans la région et ce n'est qu'à 22 heures de la même journée que nos unités les ont retrouvés». Nos «harraga» se trouvaient à 4 miles au large de la ville de Ténès. Malgré qu'ils aient passé quatre jours en mer, ils n'ont fait que quelques miles, eux qui espéraient rejoindre les côtes ibériques. Ils ont épuisé les vivres et l'eau alors qu'ils venaient de commencer leur aventure suicidaire. C'est à cause des conditions météorologiques que leurs embarcations n'ont pu se diriger vers l'Espagne et ont dévié de leur chemin.

C'est un peu ce qui motive les gardes-côtes et la marine nationale à sensibiliser ceux qui sont tentés par ce genre d'aventure qui, le plus souvent, finit d'une manière dramatique. La marine nationale avance que depuis janvier 2008 ce sont 419 harraga qui ont tenté une traversée vers l'Espagne ou vers l'Italie. Parmi ces derniers, il y a ceux qui ont tenté mais qui ont été pris avant qu'ils n'embarquent et les autres secourus ou interceptés en mer. Slimane Defairi ajoute que «rien que pour ce week-end, ce sont 103 harraga en tout qui ont été interceptés».

Débarqués au port d'Alger de «El Mikdam (le hardi)», nom du patrouilleur qui les a récupérés auprès des gardes de la région de Ténès, samedi matin, pour les livrer aux autorités judiciaires, quelques harraga, dont deux pères de familles, ont été présentés à la presse et ont livré quelques détails sur une mésaventure qui a failli leur coûter la vie. Samir B., 25 ans, de la région de Mostaganem, choqué, un peu perdu, dira «j'ai vu la mort et je demande à ceux qui veulent tenter l'aventure de ne pas le faire». Il ajoute que la marine leur est venue en aide après leur appel de détresse. Il ajoute avoir payé quelque 10 millions de centimes aux passeurs. Son conseil aux jeunes: «ne tentez pas le diable». Samir B. a pourtant lui-même entendu des rescapés donner ce même conseil avant lui aux jeunes tentant la harga. Hésitant, il dira: «Il faut voir pour croire». Les témoignages des autres harraga vont dans le même sens. Heureux d'avoir échappé à la mort, ils jurent de ne plus «récidiver». Ils seront entendus aujourd'hui par la justice.


19 harraga secourus au large de Mostaganem

par H. Barti

Dix-neuf candidats à l'émigration clandestine, à bord de deux embarcations, ont été secourus avant-hier soir par les gardes-côtes d'Oran au large du littoral de Mostaganem. Un nouveau sauvetage qui fait porter le nombre de harraga secourus en mer en l'espace de deux jours seulement (jeudi et vendredi) par les unités des gardes-côtes d'Oran, relevant de la façade maritime ouest, à pas moins de 40 personnes.

Selon le groupement territorial des gardes-côtes (GTGC) d'Oran, les deux embarcations interceptés avant-hier soir, à bord desquelles se trouvaient dix et neuf passagers, tous originaires de la wilaya de Chlef, avaient quitté ensemble les côtes oranaises à partir de la plage de Aïn Franine, sur la côte est d'Oran, dans la soirée de mercredi. A cause d'une visibilité quasi nulle en raison d'une épaisse couche de brouillard, les deux groupes ont perdu le cap, s'éloignant petit à petit de leur itinéraire et ont même fini par se perdre de vue.

Le groupe qui comptait 10 personnes a été le premier à avoir été repéré par un navire battant pavillon libérien, le « Gitte », qui a tout de suite signalé leur présence aux services du CROSS (Centre régional des opérations de surveillance et de sauvetage).

Une vedette des gardes-côtes d'Oran, l'unité 359, lancera dès lors les recherches qui aboutiront aux environs de 18 h. L'embarcation a été localisée à 36°-32mn nord, 000°-23mn ouest, soit à quelque 36 miles nautiques au nord de Cap Ivi, dans la wilaya de Mostaganem. Les 10 émigrants clandestins seront débarqués sains et saufs au port de Mostaganem. Sur son chemin de retour vers le port d'Oran, l'unité 359 retrouvera le deuxième groupe de harraga, composé de 9 personnes, qui sera à son tour secouru. Selon des sources proches de l'enquête, les 19 candidats à l'émigration clandestine sont âgés de 19 à 35 ans. Ils compteraient parmi eux deux guides présumés, chacun dans une embarcation, originaires de Kristel, dans la wilaya d'Oran, qui auraient, selon les mêmes sources, reçu de la part d'un passeur identifié, mais toujours activement recherché, une somme de 400 euros de chacun des harraga pour se charger de les conduire vers les côtes espagnoles et restituer par la suite les deux embarcations. Les 19 clandestins seront présentés aujourd'hui à la justice.

 
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Criminalisation de la migration  
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