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Une force européenne pour intervenir contre les «harraga»par L'un De Nos Correspondants A Paris: Rabah Yanis, Le Quotidien d'Oran, 21 avril 2007 L'Europe renforce son dispositif de lutte contre l'immigration clandestine. Après la mise en place, depuis 2006, de nouvelles lois très restrictives sur l'entrée et le séjour des étrangers sur leur sol, les pays de l'Union européenne passent à la vitesse supérieure via la création d'une force spéciale chargée de traquer les clandestins. Hier, les ministres de l'Intérieur des 27 pays de l'Union ont, en effet, approuvé la mise en place d'une force d'intervention rapide, exclusivement destinée à la lutte contre l'immigration clandestine. Cette force, composée de 450 gardes frontières issus de l'ensemble des pays européens, aura pour principale mission d'intervenir dans tous les États membres confrontés à un afflux soudain d'immigrés clandestins. Il s'agit de la première réponse commune de l'Union européenne au phénomène d'arrivées massives d'immigrés irréguliers par la mer, auxquels plusieurs pays du sud de l'Europe, notamment l'Espagne et l'Italie, ont été confrontés ces derniers mois. Elle est le fruit d'un travail de lobbying mené notamment par la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne, l'Espagne et l'Italie. Selon des statistiques officielles, en 2006, plus de 31.000 immigrés clandestins ont atteint l'archipel espagnol des Canaries, soit 6 fois plus qu'en 2005. L'Italie et Malte sont confrontées à une hausse similaire de l'afflux d'immigrés clandestins, venus notamment d'Afrique noire mais aussi, depuis quelques mois, des pays du Maghreb. Plus dramatique, quelque 6.000 candidats à l'immigration vers les Canaries ont péri durant leur périple en 2006, d'après les autorités espagnoles. Selon des diplomates qui ont pris part aux discussions sur la création de cette force, ces gardes-frontières, identifiés par des brassards aux couleurs de l'Union européenne, pourront être déployés dans un délai de 10 jours après la demande d'un État membre. La commission des libertés civiles du parlement européen a, d'ores et déjà, approuvé ce projet et l'assemblée devrait, à son tour, donner son feu vert lors d'une séance plénière d'ici la fin du mois d'avril. Cette annonce confirme la volonté de tous les gouvernements européens de durcir leur lutte contre l'immigration clandestine. Pour eux, il s'agit notamment de répondre à la forte pression exercée par leurs opinions publiques. Ces dernières sont, en effet, de plus en plus hostiles à la venue de nouveaux étrangers dans leurs pays. Sous la pression de la France et de la Grande-Bretagne, les régularisations massives d'immigrés clandestins devraient également cesser dans les pays de l'Union. En 2005 et 2006, les gouvernements socialistes en Espagne et en Italie avaient provoqué la colère de leurs homologues dans de nombreux autres pays d'Europe en régularisant plusieurs dizaines de milliers de sans-papiers vivants sur leur sol. Pour les autres pays, comme la France, de telles initiatives auront pour effet de provoquer un appel d'air qui attirerait encore plus d'immigrés clandestins en Europe. |
Criminalisation de la migration | ||||
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