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Selon une enquête UE-Maghreb La majorité des émigrés ne veut pas rentrerLe Jour d'Algérie, 25 septembre 2007 Plus de 70% des enquêtés ont quitté leur pays pour l’étranger entre les années 80 et 2000. Dans le souci de combler le déficit en informations sur les modes de réintégration des migrants de retour dans les pays du Maghreb (Algérie, Maroc et Tunisie), une enquête a été réalisée par l’équipe du projet MIREM. Les 992 entretiens réalisés à l’échelle des trois pays du Maghreb ont été traités selon une approche méthodologique préalablement établie et agréée par tous les partenaires. L’enquête de terrain, basée sur un questionnaire commun, commença simultanément en Algérie, Maroc et Tunisie au mois de septembre 2006 et s’est terminée en janvier 2007. Deux catégories distinctes ont été concernées par l’enquête. Il s’agit de migrants ayant décidé de rentrer de leur propre chef dans leur pays d’origine, et de migrants contraints par les circonstances de retourner dans leur pays d’origine. Selon cette enquête, plus de 70% des enquêtés ont quitté leur pays pour l’étranger entre les années 80 et 2000. 45% d’entre eux avaient l’intention d’y vivre de manière provisoire alors que 27 % de manière permanente. Les migrants dont le retour fut contraint ont manifesté, pour 42% d’entre eux, leur volonté initiale de rester de manière permanente à l’étranger. Les cinq principaux pays européens d’ancienne immigration sont la France, l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne et le Royaume-Uni. En dehors de l’Union européenne des 27, l’Arabie saoudite et le Canada constituent les deux pays extracommunautaires les plus cités, mais dans une mesure bien plus modeste. Sachant que la majorité des migrants décidant de rentrer de leur propre gré ont déclaré être partis avec des documents officiels, la durée de l’expérience migratoire diffère entre les deux catégories de migrants de retour. Plus de 65% des migrants contraints au retour ont vécu entre 1 et 9 ans à l’étranger, alors que 65% de ceux dont le retour a été décidé de manière autonome ont vécu à l’étranger entre 5 et 39 ans. Au moment où les enquêtés ont rencontré des difficultés pour l’obtention du visa et des tracasseries administratives dans le pays d’origine et d’accueil, 65 % de ceux dont le retour a été contraint ont déclaré être partis sans documents officiels. Les principales filièresLe choix du pays d’immigration se fait par rapport aux facilités d’accès, au fait que des membres de la famille et amis y résident déjà et, enfin, parce que l’on y trouve de meilleures opportunités d’emploi. Mais, les migrants contraints au retour révèlent avoir rencontré des difficultés pour accéder au logement, trouver un emploi régulier et contraintes liées à la discrimination. Ils occupent des emplois de saisonniers dans les secteurs d’activités de l’agriculture, l’hôtellerie et la restauration, le bâtiment et le commerce. Les chômeurs représentent 10,6% du total de l’échantillon, au moment de l’enquête, ils constituent plus de 25% des effectifs des migrants contraints au retour. Près de la moitié de ces enquêtés possédaient un diplôme secondaire ou universitaire. Vivant avec leurs parents avant de partir et hébergés, pour la moitié, chez des parents une fois à l’étranger, ils se caractérisent aussi par leur jeune âge ne dépassant pas les 40 ans pour 67% d’entre eux, alors que plus de la moitié (65%) des migrants de retour ayant décidé de revenir sont âgés de plus de 40 ans, et plus de 65 ans (18%). A propos de la situation professionnelle des enquêtés, il est indiqué que plus de 60% des enquêtés étaient employés avant de quitter leur pays d’origine et travaillaient dans les secteurs agricole, du bâtiment et du commerce. On observe, en revanche, que «plus de 18% des migrants ayant décidé de revenir dans leur pays d’origine ne possédaient aucun diplôme au moment de leur départ à l’étranger, contre seulement 3,5% des migrants ayant été contraints au retour». Par ailleurs, 43% des migrants de retour jugeaient leur situation financière, avant de partir pour l’étranger, comme étant «moyenne», voire «mauvaise» et «très mauvaise» pour plus de 36% d’entre eux. Pour ce dernier cas, c’est les migrants algériens et tunisiens qui avaient une situation financière jugée négativement précédant le départ pour l’étranger, respectivement 44,6% et 37,5%. Une fois à l’étranger, la situation financière semble s’être améliorée pour plus de 81% de tous les enquêtés. Si les migrants ayant décidé de manière autonome de retourner dans leur pays d’origine considèrent, pour 47% d’entre eux, que leur situation s’est améliorée depuis leur retour. Un revenu partagéCette amélioration de la situation financière est à corréler au taux élevé (70%) de migrants ayant opéré des transferts financiers vers leur pays d’origine. Près de 30% d’entre eux ont transféré mensuellement une partie de leurs revenus, 25% tous les trois mois et 27% de manière irrégulière. Plus de 30% des migrants ayant déclaré avoir effectué des transferts envoyaient plus de 1000 Euros par an afin de répondre à des priorités tels que subvenir aux besoins de leur famille restée au pays et faire construire ou acquérir un logement. 47,2% des migrants contraints au retour répondent, en revanche, que leur situation financière dans le pays d’origine a empiré par rapport à celle qu’ils avaient vécue dans leur ancien pays d’immigration. Constituée principalement de migrants ayant décidé de retourner de leur propre chef, «près de 32% des enquêtés ont déclaré avoir réalisé des projets d’investissement au moment du retour, dans les secteurs de l’agriculture, de l’industrie manufacturière, du commerce, du bâtiment», a mentionné l’enquête. N’ayant pas bénéficié d’appui institutionnel, la plupart des migrants ayant effectué des investissements ont réalisé leurs projets grâce à l’autofinancement. Souhaitant avoir des facilitations des procédures administratives en guise d’incitation à l’investissement, les migrants de retour n’ayant réalisé aucun investissement dans le pays d’origine (plus de 65% de l’échantillon total et plus de 75% de ceux ayant été contraints au retour) expliquent cette situation par l’insuffisance du capital financier suivie du manque d’expérience et des contraintes administratives et institutionnelles. Les facteurs ayant motivé le retour au pays sont divers, poursuit l’enquête qui citera pour le cas des migrants ayant décidé de manière autonome de retourner dans leur pays d’origine trois principales raisons dont le souhait de vivre leur retraite au pays, réaliser un projet d’entreprise dans le pays d’origine et la nostalgie du pays. Ces raisons contrastent fortement avec celles évoquées par les migrants contraints au retour puisque ces derniers font état d’obstacles extérieurs à leur parcours migratoire, tels que l’expulsion ou le retour forcé par les autorités administratives du pays d’immigration, le non renouvellement du permis de séjour et les problèmes familiaux. L’action de l’UELe projet MIREM, ou «Action collective de soutien à la réintégration des migrants de retour dans leur pays d’origine», a été lancé en décembre 2005, grâce au concours financier de l’Union Européenne et de l’Institut Universitaire Européen. Ayant pour objectif majeur d’assurer une meilleure prise en compte des enjeux propres à la migration de retour et à mieux en valoriser l’impact à des fins de développement, ce projet vise notamment la production des outils d’analyse et de compréhension du phénomène de la migration de retour vers les pays du Maghreb (Algérie, Maroc, Tunisie). Ces outils sont nécessaires pour une meilleure compréhension des flux de retour et des différentes catégories de migrants de retour au Maghreb, et pour offrir la possibilité de mieux en gérer la diversité, à des fins de développement local. Cette enquête constitue pour l’Union Européenne un instrument faisant partie intégrante de son programme de lutte contre l’immigration clandestine. De la même manière, elle ne s’inscrit pas suffisamment dans le cadre de la politique européenne de coopération au développement avec les pays tiers. Elle devra permettre de bénéficier d’un cadre d’analyse propice à la compréhension du phénomène et au lien pouvant exister entre migration de retour et développement dans les pays d’origine. Par Karima Sebai |
Criminalisation de la migration | ||||
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www.algeria-watch.org
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