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Kamel Belabed (Porte-parole du collectif des familles de harraga disparus en mer) « Des harraga sont détenus en Tunisie »El Watan, 5 mars 2009 Kamel Belabed est le porte-parole du collectif des familles de harraga - Depuis maintenant deux ans, vous multipliez les démarches en vue de pousser les pouvoirs publics à prendre sérieusement en charge la « question harraga ». Peut-on faire le point avec vous sur les résultats concrets de ces démarches ? - Depuis deux ans, ce qu'il y a de positif est que l'on a réussi à poser - La question des chiffres reste d'ailleurs problématique faute d'un recensement officiel de harraga. Ne pensez-vous pas que le dernier RGPH aurait pu inclure aussi la « population harraga » ? - Tout le problème est là. Nous avons toujours demandé à ce que l'Etat s'implique avec nous pour faire un recensement. C'était avant le dernier recensement national (Recensement général de la population et de l'habitat, ndlr). Dans le formulaire de recensement, on aurait pu ajouter une question sur les harraga et recueillir ainsi le nombre exact des personnes qui ont disparu en mer ou qui sont passées de l'autre côté. On aurait pu avoir des indicateurs fiables et on a raté cette occasion. Toujours est-il que ce recensement est une nécessité. - Outre vos démarches auprès des AE et autres départements
- Les politiques de tout bord, à commencer par le président Bouteflika, ses ministres, les chefs de gouvernement successifs, tout le monde parle aujourd'hui des harraga. Mais sur le terrain, les jeunes continuent à prendre massivement la mer. Les politiques seraient-ils à ce point coupés des Algériens ? - Ils en parlent, ça c'est sûr, mais qu'est-ce qui a été fait
concrètement ? Le président de la République a abordé le sujet. Il a - Justement, nous sommes dans un contexte électoral et le thème des harraga va certainement s'inviter dans la campagne. Comptez-vous rencontrer les candidats pour leur soumettre vos doléances ? - La chose que nous ne voudrions surtout pas faire c'est de cautionner cette surenchère électorale. Nous pensons qu'un responsable qui se hisseà la charge de député, de ministre ou de président de la République a le devoir de regarder ce qui se passe autour de lui. Le problème est connu. Maintenant, est-ce que ces gens-là ont suffisamment de capacité pour le gérer ? - Lors de précédentes interviews, vous avez émis des présomptions faisant état de l'éventuelle détention de harraga algériens dans les prisons maghrébines, notamment en Tunisie. Avez-vous obtenu des informations fiables à ce propos ? - Effectivement. Auparavant, nous avions des présomptions, mais - Les autorités tunisiennes ne veulent pas coopérer... - Je ne sais pas. C'est peut-être un écueil bureaucratique. Pendant ce
temps, les familles continuent de se rendre quotidiennement en Tunisie à
l'affût des nouvelles de leurs fils. En parlant de la Tunisie, il - On entend régulièrement parler de corps de harraga sur le point d'être incinérés dans les morgues espagnoles, italiennes ou autres. Avez-vousété approché à ce sujet ? - Nous avons pris connaissance incidemment d'un courrier envoyé par le gouvernement espagnol au ministère des Affaires étrangères et qui faisait état de 170 ou 171 dépouilles de harraga qui se trouvaient en Espagne. Ce courrier demandait aux autorités algériennes d'envisager le rapatriement de ces corps. Cela remonte à avril 2008 et je sais qu'aucune suite n'a été donnée à ce courrier. La réaction des autorités algériennes était « qu'est-ce qui nous prouve qu'il n'y a pas de Marocains ou de Sahraouis parmi ces corps ? » Pourtant, tout le monde sait que ces dépouilles ne peuvent pas être conservées éternellement dans une morgue. On a raté encore l'occasion de donner 170 corps à des mères qui auraient pu faire leur deuil. Il y a aussi le cas de cet imam d'Alicante qui parlait de 600 corps de harraga sur le point d'être incinérés. Là encore, rien n'a été fait. Pourtant, la solution est simple : nous sommes les concernés, nous sommes les malades, c'est nous qu'il faut diagnostiquer. D'où la nécessité des prélèvements ADN. - Que vous inspire la criminalisation de la « harga » ? - La loi, dans sa globalité, présente un contre-sens. C'est une loi qui - A quand, M. Belabed, une association nationale autour de la « cause harraga » ? - Créer une ONG c'est possible, mais cela ne nous intéresse pas. Nous
estimons que c'est à l'Etat de trouver le moyen de régler ce problème.
Il n'a pas besoin d'une ONG. En Algérie, nous avons déjà trois
organisations de défense des droits de l'homme. Les choses peuvent être
inscrites dans ce cadre-là. Pourquoi créer une société des harraga ? Par Mustapha Benfodil |
Criminalisation de la migration | ||||
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www.algeria-watch.org
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