Le nombre des clandestins algériens en France en baisse

par L'un De Nos Correspondants A Paris: S. Raouf, Le Quotidien d'Oran, 17 avril 2007

Les interpellations d'Algériens sur le sol français pour séjour irrégulier sont de moins en moins nombreuses.

Durant les huit premiers mois de 2006, les contrôles policiers à Paris et en province ont permis de mettre la main sur 2.652 nationaux démunis de titre de séjour.

Comparé à celui des années précédentes, leur nombre était en baisse constante. Selon les chiffres d'un récent rapport officiel français, les Algériens n'étaient plus -à la même période- qu'à la sixième place au classement des illégaux interpellés «par nationalité».

Le gros du contingent était constitué de Pakistanais (5.440), d'Iraniens (4.079), de Roumains (3.904), de Somaliens (3.437) et de Marocains (3.068). Ces chiffres ont été réunis par le Comité interministériel de contrôle de l'immigration, un organe présidé par le Premier ministre Dominique de Villepin, auprès du ministère de l'Intérieur et de la police aux frontières.

Dans ce registre, 2006 confirme une tendance déjà perceptible l'année précédente. Pendant deux ans, les Algériens ont «caracolé» en haut du classement des interpellés pour défaut de titre de séjour. En 2003, ils étaient 4.703 contre 6.425 Irakiens. Les nationaux sans papiers devançaient les Marocains (4.542), les Roumains (2.662), les Indiens (2.612) et les Turcs (1.863). En 2004, leur nombre était de 4.863, soit le plus gros contingent des interpellés sans autorisation de séjour contre 4.130 Marocains (3e position). L'année suivante, leur volume baissera à 4.493 (4e place) tandis que celui des Marocains augmentera à 5.148. Autre indicateur glané à la lecture du volumineux rapport destiné au parlement: la proportion des Algériens «effectivement» éloignés du territoire hexagonal. 2.063 avaient fait l'objet d'une mesure similaire entre janvier et août 2006. Soit le second contingent des éloignés derrière les Roumains (2.916) mais devant les Turcs (1.398), les Marocains (1.322) et les Bulgares (812).

En 2003 et 2004, les nationaux étaient premiers au tableau des expulsés avec respectivement 2.513 cas et 3.581 cas. En 2005, leur nombre avait connu une hausse (3.408), mais ils n'étaient que deuxièmes derrière les Roumains (3.815).

Selon le rapport, 577 Algériens avaient été placés en zone d'attente - essentiellement dans les aéroports - en 2005. De surcroît, 1.145 avaient été refoulés dès leur arrivée sur le territoire hexagonal. 50 autres avaient été neutralisés entre janvier et août 2006 «pour aide à l'entrée irrégulière en France, à la circulation et au séjour des irréguliers». S'y ajoute l'interpellation de 19 employeurs de nationalité algérienne pour avoir fait travaillé au noir des étrangers démunis de titre de séjour ou d'autorisation légale.

Dans son évaluation de la réalité de l'immigration irrégulière en France, le rapport du Comité interministériel évoque la collaboration des pays dans l'éloignement des sans-papiers. Le document dresse une liste de 14 pays qualifiés de «peu coopératifs» dans la délivrance des «laissez-passer consulaires», papiers nécessaires à l'expulsion des clandestins et illégaux dans leurs pays. L'Algérie n'y figure pas. La liste comprend des pays d'Afrique du Nord Maghreb (Tunisie, Maroc, Mauritanie, Egypte), d'Afrique subsaharienne (Cameroun, Côte d'Ivoire, Guinée), d'Europe orientale (Serbie, Monténégro, Géorgie) et d'Asie (Inde, Pakistan).

 
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Criminalisation de la migration  
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