L’ambassade d’Espagne assure

Aucun corps de harrag n’a été incinéré

Le Jeune Indépendant, 28 janvier 2009

«Aucune dépouille non identifiée n’a jamais été incinérée en Espagne», a indiqué au Jeune Indépendant la conseillère politique auprès de l’ambassade du royaume d’Espagne à Alger, précisant que «seulement neuf dépouilles non identifiées, dont 6 se trouvant à Alicante et 3 autres à Murcia, pourraient probablement être celles de Maghrébins».

Jointe hier par téléphone, Mme la conseillère a d’abord tenu à démentir certaines informations parues dans des journaux nationaux. «Les chiffres rapportés par certains titres de la presse algérienne sur le nombre des dépouilles d’Algériens qui se trouveraient en Espagne sont complètement faux (…) Il y a seulement neuf dépouilles repêchées par les éléments de la garde civile qui pourraient probablement être celles de Maghrébins ou de simples touristes», a-t-elle affirmé.
Elle a précisé que «six dépouilles se trouvent à la morgue à Alicante et trois autres à Murcia». Interrogée sur le total des corps non identifiés se trouvant en Espagne, la diplomate a indiqué qu’il y en a 53, majoritairement de nationalités subsahariennes d’après leurs caractéristiques morphologiques».
La conseillère a également démenti l’information selon laquelle les autorités espagnoles auraient déjà incinéré des corps de harraga et s’apprêteraient à faire de même pour d’autres non identifiés.
Le programme Phœnix et la banque de données ADN
«Il existe en Espagne un programme baptisé Phœnix relatif à ce genre de question», a poursuivi la même source tout en indiquant qu’»à chaque fois qu’un cadavre est découvert, qu’il soit celui d’un émigré clandestin ou autre, la garde civile espagnole ouvre une enquête et procède au prélèvement des empreintes génétiques de chaque corps. Ces empreintes sont réunies dans une banques de données d’ADN qui est au service des familles qui nourrissent des doutes sur des proches portés disparus». S’agissant des dépouilles, l’interlocutrice assure qu’elles «sont gardées dans des morgues pendant plusieurs mois. Parfois, la justice, pour ses besoins, demande le prolongement de leur maintien. Après cette période, les cadavres non identifiés sont enterrés, mais jamais incinérés comme cela a été rapporté par certains journaux».
«Aucune dépouille non identifiée n’a jamais été incinérée en Espagne», a encore martelé la diplomate.
Interrogée sur l’entrevue qui a eu lieu avant-hier entre le ministre de la Solidarité nationale, Djamel Ould Abbès, et l’ambassadeur du royaume d’Espagne, elle a indiqué que «des explications sur le programme Phœnix ont été fournies à Son Excellence le ministre».
Elle a assuré que les autorités espagnoles restent à la disposition des familles algériennes désireuses de procéder au test ADN afin de dissiper tous les doutes.
Elle a révélé par ailleurs qu’au «cours des derniers mois plusieurs familles algériennes sont parties en Espagne et ont procédé au test ADN», soulignant toutefois qu’elle en ignore le résultat.
Par ailleurs, une source auprès du ministère de la Solidarité a indiqué au Jeune Indépendant que M. Djamel Ould Abbès animera dans les tout prochains jours une conférence de presse lors de laquelle «il abordera dans les moindres détails la question des dépouilles de harraga algériens» se trouvant en Espagne. Abdelhalim Mouhou

 
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