ALORS QUE 56 AUTRES CLANDESTINS SONT ARRÊTÉS À AÏN TÉMOUCHENT

Une centaine de harragas prennent le large vers l’Italie

Par :M. Laradj, Liberté, 25 juillet 2007

Les harragas étaient équipés de jerricans pleins de mazout, sacs à dos et autres effets destinés à ce genre d’aventure.

Profitant du beau temps de la saison estivale, un groupe constitué de plusieurs personnes, dont on ignore le nombre exact, s’est dirigé vers les côtes témouchentoises pour une tentative d’un périple en mer à destination de l’eldorado espagnol. Agissant sur informations quant à la présence de tout ce beau monde, les éléments de la Gendarmerie nationale, sous la conduite du capitaine H’maïdi Mahfoud, commandant de la compagnie de Aïn Témouchent, se sont déployés vers 2 heures du matin sur toute la zone côtière de Terga et de Ouled El-Kihal où un dispositif fut mis en place à travers tous les chemins et pistes menant vers les plages non surveillées et la forêt mitoyenne qui a été encerclée. L’assaut fut donné aux environs de 3 heures et demie du matin.
Dans une première étape, ce sont pas moins de 43 harragas qui sont tombés dans les filets des gendarmes qui se trouvaient à bord de 11 véhicules venant de divers horizons de la région dont Chlef, Oran, Oued-R’hiou, Tlemcen, Aïn Témouchent et Béni-Saf. Ils étaient équipés de jerricans pleins de mazout, sacs à dos et autres effets destinés à ce genre d’aventure. Des sommes d’argent en devise ont été retrouvées sur eux, quelque 200 à 400 euros par personne. La seconde étape, qui a mis sur le pied de guerre l’ensemble des brigades de gendarmerie de Aïn Témouchent qui ont bouclé toutes les issues allant de la RN96, en passant par le carrefour Ouled El-Kihal-Terga, a donné lieu à l’arrestation d’un second groupe de huit harragas.
Le ratissage s’est poursuivi jusqu’au petit matin et a permis de mettre la main sur cinq autres harragas, soit un total de 56 qui ont tenté de regagner les côtes espagnoles qui se trouvent à seulement à 300 km de celles de Aïn Témouchent. Ce coup de filet spectaculaire est le second du genre après celui du 1er novembre de l’année écoulée et qui s’est déroulé au même endroit où une quarantaine de harragas ont été arrêtés. Le colonel Réda, chef du groupement de la gendarmerie de Aïn Témouchent qui nous a révélé l’information, précise que l’enquête se poursuit pour parvenir à remonter la filière jusqu’aux commanditaires de cette tentative avortée des harragas, ainsi que l’identification des propriétaires des embarcations qui allaient être utilisées pour cette aventure clandestine nocturne.
30% des personnes arrêtées sont sans profession, alors qu’une bonne partie a une profession libérale (commerçants, chauffeurs de taxi, crémiers, etc.) et le reste, ce sont des étudiants universitaires. Des mesures exceptionnelles ont été prises en collaboration avec les garde-côtes de Béni-Saf et de Bouzedjar ainsi qu’avec les éléments de l’ANP pour faire échec à toute tentative d’el-harga par les eaux témouchentoises. Ainsi, un effectif de 500 agents a été mis en place dans le cadre du plan Delphine le long de la côte sur 80 km avec la participation des brigades héliportées.

M. Laradj

 


ANNABA

Une centaine de harragas prennent le large vers l’Italie

Par :B. Badis, Liberté, 25 juillet 2007

Une nouvelle vague de harragas, à bord d’une trentaine d’embarcations de pêche, a pris le large, tôt dans la matinée de lundi dernier, dans une tentative collective de regagner l’autre rive de la Méditerranée, plus précisément l’île de la Sardaigne (Italie). C’est du moins ce que de nombreux habitants du quartier côtier de Sidi-Salem, dans la daïra d’El-Bouni (Annaba), ont signalé aux services de sécurité. Le départ de ces embarcations, à bord desquelles l’on dénombre plus d’une centaine de harragas, avait eu lieu à partir des plages d’échouage des cités de Seybouse et Sidi-Salem, dans la daïra d’El-Bouni, selon nos sources, qui précisent à ce propos que chaque embarcation avait à son bord entre deux et quatre clandestins. Mieux encore, les habitants de ces deux cités révèlent, dans ce contexte, que depuis la vague de chaleur qui sévit à Annaba, l’on assiste pratiquement chaque soirée à des départs d’immigrants clandestins à partir de ces deux plages. Ce véritable voyage collectif organisé n’est par le premier du genre qu’a connu la Coquette.
Dans la soirée du 31 décembre 2006, une manifestation similaire avait eu lieu à partir de cette même plage où quelque 25 embarcations avaient pris, pourtant dans des conditions climatiques défavorables, la mer pour rejoindre l’autre rive de la Méditerranée. Ainsi, le phénomène de l’immigration clandestine à partir des plages de Annaba bat son plein, depuis le début de l’été.
Le problème de l’immigration clandestine très connu à l’Ouest commence à se poser sérieusement à l’est du pays. Chaque semaine, voire chaque jour, le phénomène des harragas, résultat, aux yeux de la population locale, de la malvie et du désespoir surtout des jeunes et moins jeunes, prend de l’ampleur et a atteint, ces derniers jours, des proportions alarmantes. Aujourd’hui plus que jamais, la fièvre d’el-harga s’empare carrément de nombreux jeunes de la Coquette.
Il faut savoir qu’une centaine de clandestins, tous originaires de Annaba, n’ont pas donné signe de vie depuis déjà plusieurs mois. Tous les harragas arrêtés depuis le mois de janvier dernier grâce aux opérations planifiées dans le cadre de la lutte contre l’immigration clandestine, par les éléments du groupement territorial des garde-côtes de la wilaya de Annaba, sur un total d’environ 200, sont originaires de Annaba.

B. BADIS

 
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Criminalisation de la migration  
www.algeria-watch.org