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Asiatiques, Arabes et Européens à l’assaut du marché de l’emploi
Pourquoi l’Algérie attire les travailleurs étrangers
Par : Hafida Ameyar, Liberté, 28 juillet 2007
La répartition des travailleurs étrangers par secteur d’activité montre que 51% de la main-d’œuvre étrangère ont investi le BTPH, 41,2 l’industrie, particulièrement les hydrocarbures, 3,6 le secteur des services et 0,2% l’agriculture. Quant au tableau des qualifications, il révèle que 23% des travailleurs étrangers sont des cadres supérieurs.
Les derniers chiffres officiels indiquent que 32 000 étrangers travaillent légalement en Algérie, représentant quelque 105 nationalités. Les Chinois constituent la communauté étrangère la plus importante avec 45% des effectifs, suivis des Égyptiens (11%), puis des Italiens (3,5%), des Philippins, des Américains, des Français et des Canadiens, dans une proportion de près de 3% pour chacune de ces nationalités. Sur le plan de la répartition géographique, quatre villes concentrent à elles seules 67% de la main-d’œuvre étrangère, à savoir Alger, Ouargla, Oran et Adrar. Alors que les wilayas d’Illizi, de Skikda, de Boumerdès et de Mila en accueillent 15%. Le reste est réparti à travers 35 wilayas. Seules les villes de Tébessa, de Guelma, d’El Oued et de Tindouf n’ont pas reçu de travailleurs étrangers.
La répartition des travailleurs étrangers par secteur d’activité montre, de son côté, que 51% de la main-d’œuvre étrangère ont investi le BTPH, 41,2 l’industrie, particulièrement les hydrocarbures, 3,6 le secteur des services et 0,2% l’agriculture. Quant au tableau des qualifications, il révèle que 23% des travailleurs étrangers sont des cadres supérieurs, 21,7% des cadres et techniciens supérieurs, 27,5 des techniciens, 25,05 des ouvriers qualifiés et 0,75% des ouvriers non qualifiés.
La problématique de l’emploi des travailleurs étrangers implique inévitablement une approche générale, intégrant les sociétés étrangères qui activent sur le territoire national. Si l’on en croit le Centre national du registre du commerce (CNRC), plus de 2 600 entreprises étrangères exercent en Algérie, originaires de 71 pays. La plupart de ces sociétés seraient des petites et moyennes entreprises (PME), spécialisées dans l’importation et les travaux publics. Le rapport annuel 2006 du CNRC révèle l’existence de plus de 455 compagnies syriennes exerçant sur le sol algérien, soit plus de 17,4%, qui sont spécialisées notamment dans l’importation et l’exportation du textile. Arrivent les Français en deuxième position avec leurs 429 compagnies, soit 16,4%, dont des bureaux d’études, d’expertises techniques et des compagnies d’importation des moyens et d’équipements industriels, surtout dans le domaine de l’informatique et de la bureautique, des banques et, à un degré moindre, des services. Les Chinois se placent en troisième place avec 278 compagnies, spécialisées dans l’importation du matériel et des équipements de soudage, des vêtements et des appareils électroniques et électroménagers, suivis par les Égyptiens (187 entreprises). Le même rapport cite également des Tunisiens, des Turcs, des Italiens, des Jordaniens et des Libanais, dont la plupart possèdent plus de 100 entreprises en Algérie, suivies par des compagnies appartenant à des Libyens (86), des Palestiniens (76), des Espagnols (55), des Anglais (42), des Belges (33 entreprises), des Allemands (28), des Marocains (26), des Indous (25), des Canadiens (24) et des Américains avec 20 compagnies spécialisées dans le domaine de la communication, de l’importation d’équipements de communication et d’informatique, ainsi que des bureaux d’études.
Outre les PME étrangères et les groupes internationaux qui emploient de la main-d’œuvre étrangère, des entreprises algériennes, à la recherche de compétences pour accompagner leur développement sur un marché de plus en plus concurrentiel, font appel, ces dernières années, à des cadres étrangers, n’hésitant pas à leur offrir des salaires du même niveau que ceux proposés par leurs concurrentes occidentaux.
Hafida Ameyar
Protection des travailleurs étrangers
Leur sécurité sociale est-elle prise en charge ?
Par : Hafida Ameyar
En matière de protection des droits des travailleurs étrangers, l’Algérie est l’un des pays à avoir signé et ratifié les conventions internationales sur la protection des droits des travailleurs et des droits de l’Homme.
Elle s’est également dotée d’un dispositif législatif comprenant, entre autres, la loi n° 81-10 du 11 juillet 1981 relative aux conditions d’emploi des travailleurs étrangers et le décret présidentiel n° 03-250 du 11 juillet 2003 instituant le visa de travail. Cela en attendant l’arrivée prochaine d’un nouveau code du travail qui, de l’avis des autorités compétentes, devrait “renforcer tous les acquis”. Pour en revenir au décret présidentiel de 2003, modifiant et complétant le décret n° 66-212 du 21 juillet 1966, il révèle que pour avoir l’autorisation d’exercer en Algérie, les travailleurs étrangers doivent impérativement posséder un visa de travail, tel que stipulé dans le décret du 19 juillet 2003, entré en vigueur en 2004. En d’autres termes, le visa touristique et le visa d’affaires ne sont plus considérés comme “des pièces valables” pour travailler en Algérie, et le seul laisser-passer légal reste donc le visa de travail, qui doit être accompagné d’un permis de travail délivré par la direction de l’emploi.
Il existe en outre le visa de travail temporaire qui, lui, est délivré pour un étranger titulaire d’un “contrat de travail dont la durée ne peut excéder 3 mois”, accompagné d’une autorisation provisoire de travail temporaire et d’une attestation. Celle-ci constitue une preuve de l’engagement de l’employeur, appelé à “assurer la prise en charge du rapatriement du travailleur étranger dès la rupture de la relation de travail”. Mais, le visa de travail temporaire est aussi remis à l’étranger titulaire d’un contrat d’assistance ou de prestation de service conclu par lui-même ou par son organisme employeur avec une société ou un organisme exerçant une activité dans notre pays. Ces textes, reposant sur le principe de l’égalité de traitement entre le travailleur étranger et le travailleur algérien, s’inspirent largement des recommandations de l’Organisation internationale du travail (OIT), dont le but est de permettre aux employés étrangers de bénéficier des mêmes droits et obligations que la main-d’œuvre locale, y compris dans les domaines syndical et de la sécurité sociale. Aujourd’hui, le monde du travail est en mutation et les nouvelles lois sociales montrent que les contradictions ne sont pas totalement dépassées. Au contraire, il y a toujours des résistances au changement. Sur un autre plan, cette phase de transition est productrice de situations informelles, de dysfonctionnements et de prétextes pour contourner l’application des lois en vigueur. Des informations provenant de la direction de l’emploi, rapportées par des journaux, font état de certains écarts de sociétés étrangères, mixtes ou de droit algérien, qui n’ont pas déclaré des personnels à la Caisse nationale de sécurité sociale (Cnas) afin d’échapper aux taxes et impôts à payer à la Cnas et au Trésor public. Certaines d’entre elles se seraient même amusées à déclarer des travailleurs étrangers mais pas à leur salaire réel. De telles pratiques, à présent combattues par les autorités compétentes, ne sont pas inconnues en Algérie, puisque des entreprises nationales, notamment avec l’essor du secteur privé, sont impliquées dans des affaires d’évasion fiscale et de non-déclaration de travailleurs à la sécurité sociale.
Pour l’emploi des étrangers en Algérie, les pressions extérieures et les enjeux sont certes plus grands, surtout lorsqu’il s’agit de personnes travaillant de façon informelle (travail au noir). Aussi, pour éviter que le phénomène ne prenne de l’ampleur, une coordination s’impose entre les différents services intervenant dans le contrôle de la main-d’œuvre étrangère (direction de l’emploi, Cnas, inspection du Travail et services de sécurité).
Hafida Ameyar
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