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Aïn Témouchent, rampe de lancement pour le rêve ibérique 10 millions pour atteindre l’Espagne ou mourirPar : Djilali Benyoub, Liberté, 28 Août 2007 La plus grosse “prise”, dans le cadre de la lutte contre l'émigration clandestine, a été effectuée au mois de juillet dernier. L'ouest du pays, particulièrement Aïn Témouchent, s'est transformé en point d'embarquement vers l'Espagne. Le mois d'août a été sur ce plan calme, rassure le commandant du groupement de cette ville. La prise de juillet a peut-être servi de leçon aux passeurs et candidats à la “harraga”. En effet, en une seule opération, les gendarmes ont arrêté 56 personnes prêtes à embarquer. Un nombre supérieur, selon des informations, a réussi à prendre la fuite. Mais tout porte à croire qu'il s'agit d'une arnaque étant donné qu'une embarcation, comme celles utilisées régulièrement dans ce genre de “trafic”, des barques en général, ne peut porter autant de candidats avec bagages et carburant. Les candidats ont été appâtés par un palangrier en rade à Beni Saf qui leur a été présenté comme moyen de transport ; chacun a dû débourser 100 000 DA (10 millions de centimes) pour la traversée. Du réseau ont été arrêtées quatre personnes chargées de la collecte d 'argent du voyage et saisis 9 véhicules qui ont servi à transporter les harragas. L'organisateur est un repris de justice connu des services de sécurité, il est activement recherché. Les candidats à ce “trip” sont tous des algériens venus de différentes wilayas du pays. Les locaux, habitants de Aïn Témouchent, ne sont pas concernés. Ils représentent à peine 15% des personnes appréhendées. Mais ils se chargent surtout de l'organisation de ces voyages dits dans le jargon judiciaire “irréguliers”. Paradoxalement, et contrairement à l'idée répandue que les harragas sont des chômeurs oisifs, la majorité des 56 personnes arrêtées ont des emplois, des commerces, ce sont parfois des universitaires. En tout, seuls 12%, selon les indications fournies par la GN, n'ont pas d'emploi. Quant aux clandestins, qui, par ailleurs, ne sont pas concernés par la traversée vers l'Espagne, ce sont majoritairement des marocains, 600 ont été arrêtés à Aïn Témouchent pour séjour irrégulier. Clandestins, mais chercheurs d'emploi en Algérie. Durant les sept premiers mois de l'année en cours, les services de la gendarmerie nationale ont arrêté 243 personnes dont une grande partie à l'ouest du pays. Depuis le renforcement de la surveillance des côtes espagnoles, rive faisant face au Maroc, les réseaux d'émigration irrégulière se sont rabattus sur la côte ouest algérienne, notamment les plages de Aïn Témouchent qui ont l'avantage de la proximité avec les côtes espagnoles. Selon les statistiques, le flux ne cesse de grandir, augmentant cette activité clandestine, cela d'autant qu'il est facile d'acquérir le moyen de traverser, à l’aide d’embarcations légères et récentes achetées auprès de marins pêcheurs. Les côtes d'Oran et de Aïn Témouchent sont les plus ciblées en raison de la petite distance qui les sépare de la ville d'Alméria, destination des harragas. D. B.
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www.algeria-watch.org
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