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51 harraga arrêtés à Annaba et 22 en Espagne : Algérie, tes enfants te fuientIls étaient 51 jeunes harraga, dont un étranger d’origine malienne et une dizaine de récidivistes, à prendre le large, hier, à bord de 3 embarcations de fortune. Les éléments du groupement des garde-côtes des eaux territoriales de Annaba les ont interceptés et arrêtés après une course-poursuite. La première embarcation artisanale contenait 17 jeunes harraga, 11 de Annaba et 6 de Skikda, lorsqu’elle a été aperçue à 6h30 par les vedettes d’intervention rapide des gardes-côtes. Elle naviguait à 3 miles marins au nord de Ras El Hamra (cap de Garde). Agés entre 17 et 34 ans, les aventuriers n’ont pas voulu obtempérer aux ordres des gardes-côtes. Une course-poursuite, qui aura duré plus d’une heure, a aussitôt été lancée contre les fuyards pour aboutir à l’arrestation des 17 jeunes infortunés. Ils ont été récupérés à bord de l’unité 349 des gardes-côtes de Annaba. Annaba. De notre bureau, El Watan, 30 juillet 2008 Pas moins de 24 immigrants clandestins dont un malien ont pris place dans la deuxième embarcation artisanale. Cette fois-ci, c’est l’unité des forces navales n°261 qui l’a interceptée à 15 miles marins au nord de Ras El Hamra. Le même scénario s’est reproduit. Une course-poursuite de près de 2 heures au terme de laquelle ces 24 harraga de Annaba, Skikda et Alger ont eu le même sort que les premiers. Après avoir subi une visite médicale par le médecin de la Protection civile, ils ont été présentés devant le procureur de la République du tribunal de Annaba. Faisant l’objet d’une citation directe, ils comparaîtront le 12 octobre 2008, selon Zaïdi Abdelaziz, le chef de la station maritime, à la barre du même tribunal, sous diverses accusations, dont la tentative d’immigration clandestine. La troisième embarcation, quant à elle, a été signalée à 13h par les mêmes gardes-côtes à plus de 60 miles marins (près de 120 km) au nord de Annaba. A l’heure où nous mettons sous presse, les 10 jeunes harraga qui sont installés à bord n’ont toujours pas été « rapatriés » au port de Annaba pour subir les mêmes formalités de routine. Par ailleurs, l’AFP a rapporté hier que 22 clandestins d’origine algérienne ont été interpellés près du port de Carthagène (sud-est) après être arrivés à bord de plusieurs petites embarcations, se basant sur des informations données par la préfecture de Murcie qui avait au départ fait état de l’interception de 15 clandestins. Ainsi, rien n’arrêtera les tentatives de jeunes harraga qui font parler d’eux pratiquement chaque jour. Devant la récurrence de ce fléau, le jeune officier supérieur, le commandant Mahmoud Chériak, reste néanmoins optimiste. « Nous poursuivons toujours notre lutte contre ce phénomène qui devient récurrent par la force des choses. Ce qui nous permettra de leur éviter le danger que représente la mer », affirme-t-il. Par M. F. Gaïdi La politique du mépris, de l’insulte et de la répressionSoixante-treize jeunes Algériens ont été interceptés hier en pleine mer. Cinquante et un à leur départ de Annaba sur la côte est du pays. Vingt-deux autres à leur arrivée près du port de Carthagène en Espagne. Ces jeunes, appelés communément harraga, ne sont sûrement pas dupes. Ils sont conscients des risques qu’ils ont encourus en s’engageant dans une aventure aussi périlleuse, à l’issue incertaine. Ils ont sans doute entendu parler de la fin tragique vécue par leurs prédécesseurs, des aventuriers « avalés » par la mer, des « immigrés clandestins » refoulés. Ils ont certainement vu des images à la télé de corps inertes de naufragés repêchés par les gardes-côtes algériens ou d’ailleurs. Ils sont également au courant des difficultés une fois arrivés à destination. Avec tous ces dangers et toutes ces contraintes, et en dépit de la « campagne de sensibilisation » menée tambour battant par les gouvernants à travers des programmes télé, nos jeunes continuent à braver la mer à la recherche de l’espoir perdu. Ils ne se font plus d’illusions. Ils sont convaincus que rien de bon ne les attend dans leur pays. Sans perspectives d’avenir, sans boulot, ni cadre de vie acceptable, sans droits, ni justice, ils décident, au péril de leur vie, d’aller à la conquête d’autres horizons pour se faire une place « dans le monde des vivants », car ils sont persuadés qu’ici ils sont déjà morts. En rupture avec le pays, Etat et société, ces jeunes sont en quête d’un avenir à tout prix. Des sociologues, qui ont étudié ce phénomène, affirment que ces harraga ne sont pas des rêveurs. C’est le cas de Zine-Eddine Zemmour, enseignant à l’université d’Oran, qui avait avancé que « d’une certaine façon, ce sont des entrepreneurs, des personnages héroïques, qui savent parfaitement ce qu’ils font ». Mouloud Hamrouche, ancien chef de gouvernement, avait déclaré que ceux qui fuient le pays sont plutôt ceux qui ont encore de l’espoir, car ils partent à la recherche de lendemains meilleurs. Le gouvernement reste inerte face à ce phénomène qui est loin de s’estomper. Au lieu d’en traiter les causes, il préfère s’en prendre aux jeunes Algériens, accusés de tous les maux du pays. On les qualifie de fainéants, de bons à rien, de « nuls », de « kamikazes » qui « n’ont pas d’amour pour la patrie ». Le dernier discours incendiaire à l’endroit des jeunes a été prononcé par le chef de l’Etat, les accusant de ne vouloir travailler que comme « gardiens de nuit ». Comme si les « innombrables entreprises » créées depuis 1999 souffrent d’un manque de main-d’œuvre. La solution magique qui semble être retenue par le gouvernement pour juguler ce phénomène est celle de jeter ces jeunes en prison. Un projet de loi amendant le code pénal incrimine désormais l’acte de sortir du territoire national sans autorisation. Les prétendants à l’immigration clandestine encourent ainsi de lourdes peines d’emprisonnement pouvant dépasser cinq ans. Ainsi, à défaut de leur donner du boulot, on les jette dans des cachots. Par M. A. O. |
Criminalisation de la migration | ||||
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