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Rabat Le «non-Maghreb», très présent à la rencontre des 5 5par M. Saâdoune, Le Quotidien d'Oran, 22 janvier 2008 Sécurité, émigration, intégration économique... et le Maghreb, ou plutôt le « non-Maghreb ». La sixième réunion des ministres des Affaires étrangères des pays de la Méditerranée occidentale de Rabat n'a pas été avare en thèmes. Elle a abouti à des résultats « concrets et pratiques » pour le renforcement de l'intégration régionale, a déclaré le chef de la diplomatie espagnole, M. Miguel Angel Moratinos. C'est encore lui qui a posé, le plus diplomatiquement possible, la question centrale du blocage du processus maghrébin, dont la remise en selle est au cœur de toutes les démarches, celles ciblées du 5 5, ou l'ambitieuse Union méditerranéenne qui en épouse la dimension. La réunion des 5 5 de Rabat est la première rencontre entre le Maghreb et les pays du sud de l'Europe après « l'appel de Rome pour l'Union de la Méditerranée », lancé le 20 décembre dernier par le président Nicolas Sarkozy et les chefs de gouvernement italien Romano Prodi et espagnol José Luis Zapatero, qui devrait être concrétisé par un sommet le 13 juillet prochain à Paris. Les « trois » assument le projet en dépit des réticences qui s'expriment toujours en Europe. Mais on devine qu'ils estiment que le blocage maghrébin est plus difficile à dépasser. Ce n'est donc pas surprenant que le ministre espagnol revienne à la charge lors de cette rencontre des 5 5 pour souligner que l'intégration maghrébine est « urgente et nécessaire ». Si le cadre informel des 5 5 permet d'aller de l'avant sur des domaines précis, le non maghrébin constitue une entrave et les partenaires n'hésitent pas à le dire. « Un Maghreb uni est nécessaire et l'Espagne comme l'Union européenne appellent de tous leurs voeux au renforcement de l'intégration maghrébine», a indiqué Moratinos, en relevant que toutes les délégations présentes au dialogue des 5 5 - regroupant la France, l'Espagne, le Portugal, Malte et l'Italie, d'une part, et les cinq pays du Maghreb, d'autre part -, ont regretté la lenteur de l'intégration de l'Union du Maghreb arabe (UMA), alors qu'elle «est urgente».
Piqûres de rappel
Manière de renvoyer la balle aux Maghrébins et de manière plus précise au Maroc et à l'Algérie. Sans surprise, les responsables des deux pays ont fait assaut d'attachement à l'UMA. Le ministre marocain des Affaires étrangères, Taïb Fassi Fihri, affirme ainsi que son pays est « déterminé à oeuvrer pour que l'UMA sorte de sa léthargie et pour que le Maghreb soit en phase avec son temps, en phase avec les nouvelles réalités politiques et internationales ». Pour l'Algérie, Abdelkader Messahel, ministre délégué aux Affaires maghrébines et africaines, a dit « l'attachement fondamental » de l'Algérie à la consolidation économique de l'UMA et a évoqué les « larges chantiers » qui s'ouvrent, comme les projets structurants (de cette intégration maghrébine) en cours de réalisation avec l'autoroute Est-Ouest et la ligne de chemin de fer Est-Ouest. En creux de ces déclarations, on devine aisément la divergence d'appréciation sur la manière d'enclencher le moteur maghrébin: les « nouvelles réalités politiques », aux yeux du Maroc, c'est sans doute « leur » solution au Sahara, alors que côté algérien, on continue à penser que l'économie maghrébine doit avancer en déconnectant le processus maghrébin du problème sahraoui. On aura néanmoins évité de trop s'étaler sur le sujet, tout en essayant d'apporter la preuve de son engagement maghrébin. Mais il est clair que les promoteurs européens de l'Union méditerranéenne, qui est une évolution logique du dialogue informel des 5 5, continueront à mettre la question du Maghreb au centre de leur démarche. Les participants ont choisi de « positiver » et ont lancé un appel «pour la promotion de mécanismes nouveaux de dialogue » entre les pays en vue d'une relance du partenariat. M. Moratinos, encore lui, a indiqué que les 10 pays se sont engagés pour un « un partenariat plus renforcé ». Et comme s'il s'agissait de contraindre l'UMA à exister, les chefs de la diplomatie des 5 5 annoncent qu'ils ont décidé de « mettre en place un partenariat privilégié entre les pays de l'Union du Maghreb arabe (UMA) et l'Union européenne (UE) pour un modèle de coopération ». On a discuté aussi émigration, sécurité, lutte contre le terrorisme. Les ministres de l'Intérieur des 5 5 devraient tenir à Nouakchott une rencontre sur le thème de la sécurité. M. Messahel n'a pas raté cependant l'occasion de renvoyer les partenaires européens à leur politique en soulignant que la zone de libre-échange euro-méditerranéenne et l'objectif d'une prospérité partagée « ne pourront se concrétiser que si l'on donne le plein sens à la libre circulation des personnes ». « Sans une telle approche et sans le plein respect des droits des migrants légalement établis et leurs familles, il serait illusoire de vouloir réaliser les objectifs tracés par notre partenariat euro-méditerranéen dans les délais ». Chacun aura donc envoyé, en diplomate, sa piqûre de rappel...
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