Pour une meilleure intégration régionale en Afrique du Nord :

L’ONU recommande la mise en place de couloirs commerciaux sans barrières

par S.B., Le Jeune Indépendant, 28 juin 2007

Mme Karima Ben Soltane, directrice du bureau Afrique du Nord de la commission économique de l’ONU pour l’Afrique (CEA), a déclaré avant-hier qu’il n’est pas possible de «parler de développement, d’intégration régionale et d’échanges entre les pays d’Afrique du Nord, sans avoir des infrastructures dignes de ce nom.

Il s’agit d’un préalable surtout dans un contexte de mondialisation», a-t-elle soutenu en procédant à l’ouverture à Rabat de la 22e réunion d’experts de cet organisme regroupant l’Algérie, la Libye, la Tunisie, le Maroc, la Mauritanie, l’Egypte et le Soudan.

La fermeture depuis 1994 de la frontière entre le Maroc et l’Algérie ainsi que les problèmes de visas et de dédouanement sont, selon l’ONU, le principal handicap pour l’intégration de cette région, et ce même si le réseau routier nord-africain paraît performant en termes de connectivité et de qualité des infrastructures routières avec 13 292 km de routes transnationales.

Détaillant les secteurs économiques clés, les experts de l’Organisation relèvent que l’Afrique du Nord, avec plus de 44,4 millions de passagers, représente 42,3 % du trafic passager du continent et, avec 323 922 tonnes de marchandises, 23,1 % du trafic fret.

«Les compagnies aériennes d’Afrique du Nord sont majoritairement bien portantes grâce notamment au tourisme, mais elles demeurent de taille limitée. En outre, les infrastructures aéroportuaires, qui sont au nombre de 123 dont 44 internationales, sont pour la plupart surdimensionnées par rapport au trafic traité actuellement», note l’ONU, en soulignant, par ailleurs, que le réseau ferroviaire est très faible avec 16 012 km de voies ferrées.

S’agissant du transport maritime, les ports nord-africains sont peu compétitifs en termes de rapidité, estiment les experts onusiens pour lesquels il est nécessaire que «les pays assurent des couloirs commerciaux sans barrières, grâce à des réseaux routiers intégrés à l’échelle de la région, des services ferroviaires compétitifs et homogènes, des infrastructures portuaires efficaces et des espaces aériens et aéroportuaires sécurisés et efficients».

Dans le rapport qu’ils ont élaboré, les experts de l’ONU ont également évoqué la question de l’eau qui sera «le plus grand défi auquel seront confrontés les pays d’Afrique du Nord dans les années à venir». Cette problématique est liée non seulement à l’augmentation rapide de la demande mais aussi à la manière de gérer les ressources hydriques limitées, souligne la même source.

Avec le Maroc et la Mauritanie, l’Algérie est considérée parmi les seuls pays ayant encore des marges de mobilisation de ressources en eau de surface, alors que tous les autres pays de la région ont pratiquement mobilisé tout leur potentiel en eau souterraine.

Dans le domaine des nouvelles technologies de l’information et de la communication, l’ONU encourage vivement l’Afrique du Nord «à se doter d’équipements plus sophistiqués permettant la circulation de grand débit, car elle permettra du même coups d’améliorer la compétitivité de nombreux secteurs économiques».

Enfin, dans le domaine de l’énergie, l’ONU encourage les pays nord-africains à entreprendre au niveau national des «actions vigoureuses» et à mener une coopération régionale de grande envergure pour lutter contre les gaspillages, tout en développant et déployant des énergies renouvelables.

S. B.

   
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