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Bouteflika ira en Syrie alors que certains pays arabes boycottent
L’Algérie participe par principe au sommet de Damas
Par Abdelkrim Ghezali, La Tribune, 27 Mars 2008
Le sommet arabe de Damas, prévu les 29 et 30 mars prochains, risque de sonner le glas du rêve de l’unité et de la solidarité arabes. L’Arabie saoudite, la Jordanie, le Liban, le Maroc semblent faire le jeu de Washington qui «conseille» ses alliés arabes de ne pas prendre part au sommet de Damas, accusant ainsi le Syrie d’être à l’origine de tous les maux du Moyen-Orient. Au-delà des griefs qu’on peut reprocher à la Syrie quant à l’évolution de la situation au Liban, l’attitude des pays arabes qui boycottent le sommet de Damas est d’autant plus incompréhensible qu’elle est assimilée à un alignement manifeste sur les positions idéologiques des Etats-Unis dont la responsabilité dans le chaos palestinien n’est plus à démontrer. Washington qui a déclaré à travers Dick Cheney que les Etats-Unis ne feront jamais de pression sur Israël quand il s’agit de sa sécurité.
Les Arabes ne boycottent jamais Washington. Mieux, certains pays arabes l’écoutent et lui obéissent pour diaboliser la Syrie qui ne diffère en rien des autres pays arabes, sauf qu’elle résiste au chant des sirènes et revendique ses droits sur le Golan. La Syrie a, certes, une part de responsabilité dans la crise libanaise, cependant, en est-elle la seule responsable ? Tous les pays arabes de la région y ont mis leur grain de sel, obéissant ainsi à des calculs de leadership régional ou obéissant aux injonctions des puissances occidentales qui jettent de l’huile sur un brasier qu’elles ont créé elles-mêmes lorsqu’elles ont établi la Constitution libanaise qui porte en son sein les facteurs de la division, des déchirements et des guerres civiles. L’Algérie, qui refuse de s’inscrire dans une telle démarche de boycott, prend part activement, et au plus haut niveau, à ce sommet, de la même manière qu’elle l’a fait pour tous les sommets précédents, non par courtoisie ou par chauvinisme, mais par sens du devoir et par engagement en faveur des causes arabes.
La question libanaise sera paradoxalement au cœur du sommet que le Liban boycotte alors qu’il se débat dans une crise qui n’aurait pu atteindre ces proportions si, dans le Liban, il n’existait pas de forces qui se laissent manipuler et instrumentaliser par des intérêts étrangers arabes, musulmans et occidentaux. Le Liban aurait pu saisir cette occasion pour dénoncer toutes les manœuvres qui menacent son intégrité territoriale, politique et nationale d’où qu’elles viennent, y compris de Damas, de Paris et de Washington.
A Damas, le Liban aurait pu être l’instrument de réconciliation arabe pour qu’une réconciliation interlibanaise puisse s’enclencher dans les plus brefs délais. D’autant plus que Damas pourrait être le terrain d’une réconciliation salvatrice des frères ennemis palestiniens, Fatah et Hamas, dont les affrontements à Ghaza ont compliqué l’équation palestinienne et aidé Israël à y commettre ses crimes.
Mais cet autre rendez-vous arabe risque de ne pas atteindre ses objectifs et confirmera l’éclatement et l’atomisation des pays arabes dont l’état de déliquescence et de pourrissement explique leur domination chronique par les puissances occidentales.
A. G.
Sommet arabe de Damas
Palestine, Irak, Soudan, Somalie et Syrie à l’ordre du jour
Synthèse de Rabah Iguer, La Tribune, 27 Mars 2008
Les délégués permanents et les hauts responsables arabes ont achevé mardi dernier l’élaboration du projet de l’ordre du jour du 20ème sommet arabe prévu les 29 et 30 mars à Damas. Le projet de l’ordre du jour, qui sera livré aujourd’hui aux ministres arabes des Affaires étrangères, porte sur l’évolution de la cause palestinienne, le conflit arabo-israélien, l’initiative arabe de paix, la situation au Soudan, en Irak, en Somalie et aux îles Comores, et le refus des sanctions américaines unilatérales imposées à la Syrie.
Il s’agit également d’autres questions liées à l’action arabe commune aux différents plans politique, économique et social. Outre les rapports de la présidence du sommet sur les activités de l’instance de suivi de l’application des décisions et des engagements et du secrétaire général de la Ligue arabe sur l’action arabe commune, le projet comporte les relations arabes avec les regroupements internationaux et régionaux, la réhabilitation de la langue arabe et le pacte arabe de la jeunesse 2008-2017. Une source proche des réunions a précisé à l’APS que la clause relative à la cause palestinienne a fait l’objet d’un débat vif et approfondi, notamment en ce qui concerne l’initiative de paix arabe à la lumière de la décision prise par le Conseil des ministres arabes des Affaires étrangères lors de sa
139ème session au Caire.
Les délégués ont, par ailleurs, finalisé un projet de décision sur la cause palestinienne qui souligne l’attachement à l’établissement d’un Etat palestinien indépendant avec El Qods pour capitale et le refus de toutes les mesures israéliennes illégales visant l’annexion et la judaïsation de la ville. Le projet de décision condamne la poursuite par Israël de ses graves violations et de ses pratiques discriminatoires à l’égard des Palestiniens. Le document qui a filtré demande, par ailleurs, aux Etats-Unis, à l’Union européenne (UE) et aux Nations unies d’assumer leurs responsabilités et d’exercer une pression sur Israël pour mettre un terme à l’implantation de colonies à El Qods et interrompre la construction du mur d’apartheid autour de cette ville.
A ce propos, le projet propose la tenue d’un congrès arabe sous le patronage de la Ligue arabe en coordination avec le comité d’El Qods en vue d’examiner les moyens de faire face aux desseins israéliens visant sa judaïsation. Il a dans ce contexte appelé la communauté internationale, notamment le Conseil de sécurité et l’Unesco, à assumer leurs responsabilités dans la protection de la mosquée d’El Aqsa contre les menaces israéliennes ainsi que la protection des symboles et des hommes de religion, musulmans et chrétiens, de la ville sainte et à travers tous les territoires palestiniens. S’agissant de la situation dans la bande de Ghaza, le projet de décision souligne la nécessité d’œuvrer avec célérité à mettre un terme à la crise humanitaire et économique, née du blocus israélien injuste, et à la suspension des aides internationales. Les délégués ont exhorté la communauté et les organisations internationales à garantir l’accès des aides humanitaires aux territoires palestiniens occupés pour éviter une catastrophe humanitaire imminente qui ne fera qu’aggraver la situation. Ils ont également appelé l’UE et les Etats-Unis à œuvrer à la levée du blocus israélien imposé à Ghaza et à assurer la liberté de circulation des personnes et des biens à travers le passage de Rafah, conformément à l’accord du 15 novembre 2005. Le document rejette les politiques israéliennes en matière d’immigration qui vont à l’encontre de la légalité internationale et de la 4ème convention de Genève. Il met en garde les pays pourvoyeurs d’émigrés vers Israël contre les risques de ce phénomène sur la paix et la stabilité dans la région et son impact sur leurs relations avec les pays arabes. S’agissant des sanctions américaines unilatérales imposées à la Syrie, une source proche des réunions a précisé que le conseil ministériel examinera un projet de décision qui réaffirme la solidarité arabe avec la Syrie et appelle à faire prévaloir le dialogue comme moyen idoine à même de régler les différends entre Etats.
Le projet souligne également les relations «fraternelles et historiques entre le Liban et la Syrie, des relations fondées sur le respect mutuel de la souveraineté et de l’indépendance au mieux des intérêts des deux pays».
R. I.
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