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Constat de divisions et de haines Les dirigeants arabes ne jouent plus la comédie de l'unionpar M. Saâdoune, Le Quotidien d'Oran, 31 mars 2008 Un «bon sommet» en somme: sans grande décision après avoir été sans fausse convenance. Les chefs d'Etat arabes souhaitent l'union, ils ne la feignent plus. C'est peut-être cela le progrès, une mise en évidence ouverte des divergences et des alliances. C'est encore le colonel Kadhafi qui le dit sans détours et avec humour: «Aucun développement notable n'a été enregistré lors de ce sommet, comme cela a toujours été le cas lors des précédents sommets». «Le plus important dans ce sommet, c'est le fait que nous avons reconnu l'existence de divisions, des problèmes et une haine entre les pays arabes et qu'il faut trouver un mécanisme pour le surmonter». Pour les mécanismes, il faudra attendre une autorisation américaine sans doute --- même si le président Bouteflika, présent à Damas, s'arrêtera au Caire pour parler à Moubarak, absent de Damas. Ce sommet n'a pas été comme les autres puisqu'il a constaté les «divisions et des haines». Les Syriens sont satisfaits, ils ont tenu leur sommet malgré les pressions des Américains. «La simple tenue du sommet à Damas est un succès, si l'on tient compte des pressions» américaines pour inciter les pays arabes à ne pas y participer. Les Saoudiens et les Egyptiens pensent l'avoir amoindri et qu'ils ont accompli leur mission. Chacun peut spéculer. Il faut juste saluer que ces dirigeants arabes ne feignent plus un amour sans bornes. Le stoïque Amr Moussa aura donc une fois de plus assumé le rôle ingrat de dire les résultats du sommet contre dans la «déclaration de Damas». Le Liban s'est absenté pour la première fois dans l'histoire de la Ligue. Il a raté peut-être l'occasion de dire ses vérités à la Syrie. La déclaration de Damas se contente de réitérer l'attachement des dirigeants arabes «à l'initiative arabe pour le règlement de la crise libanaise» et a appelé les dirigeants libanais à élire à la présidence «le candidat consensuel, le général Michel Sleimane, à la date convenue». Ils ont aussi exhorté la majorité et l'opposition au Liban à s'entendre «le plus vite possible» sur un gouvernement d'union nationale. Plus neutre que cela on ne peut pas. Les forces politiques libanaises devront trouver en eux-mêmes le moyen de se débrouiller... Ils peuvent s'entendre ou attendre le jour improbable où les Syriens et Saoudiens... Au Qatar, si Al Jazira ne fait pas des siennes«La Syrie seule est incapable, l'Arabie Saoudite non plus. Un effort syro-saoudien appuyé par les Arabes (...) peut encourager les Libanais à dialoguer», a déclaré très consensuel le ministre syrien des Affaires étrangères Walid Mouallem. Sur la Palestine, les dirigeants arabes ont renouvelé l'appel à Israël d'accepter le plan de paix lancé en 2002 qui prévoit la normalisation des relations en échange du retrait israélien des territoires arabes occupés. Rien de nouveau si ce n'est un appel pressant pour avoir une réponse de l'Etat hébreu. «La pérennité de l'offre de paix arabe (...) est liée à la mise en oeuvre des engagements israéliens dans le cadre des résolutions internationales pour ramener la paix dans la région», indique la déclaration. Pas de quoi faire ciller Tel-Aviv qui grignote chaque jour les territoires palestiniens. Le sommet a aussi apporté son soutien à une initiative du Yémen pour une réconciliation entre le président palestinien Mahmoud Abbas et le Hamas. Minimalisme là également puisque l'on sait que les deux parties font une lecture très différente de l'accord conclu au Yémen. Il fallait bien quelques mots sur l'islamophobie et un énième appel pour que l'ONU arrive à une définition «claire et précise» du terrorisme. Le prochain sommet aura lieu en 2009 à Qatar. Ils y seront plus nombreux peut-être... Si Al Jazira ne fait pas des siennes, bien entendu ! Etat de désunionpar K. Selim On peut trouver de l'humour dans des textes peu alléchants et le communiqué final du Sommet arabe de Damas ne déroge pas à la règle. Les références à la solidarité arabe et aux intérêts supérieurs de la nation arabe contenus dans « la déclaration de Damas» prêtent en effet à sourire, au moment où beaucoup font, non sans raison, un constat clinique de l'état de désunion arabe. |
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www.algeria-watch.org
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