Sommet arabe

Les dernières retouches

Le Quotidien d'Oran, 19 mars 2005

Les ministres arabes des Affaires étrangères se réunissent aujourd’hui à l’hôtel Hilton d’Alger pour finaliser les textes à soumettre dans quarante-huit heures au sommet des chefs d’Etat de la Ligue. Il s’agit d’apporter les toutes dernières retouches au travail qui a été accompli par les experts durant ces trois derniers jours.

Six propositions algériennes inscrites dans l’ordre du jour initial ont déjà été adoptées jeudi dernier par les délégués permanents et seront directement soumises à l’approbation des dirigeants arabes. C’est ce qu’a déclaré, lors d’un point de presse, le délégué algérien, Abdelkader Hadjar, dont les propos ont ensuite été confirmés par le secrétaire général de la Ligue, Amr Moussa. Fait important à relever: les six propositions sont parmi les points sur lesquels l’Algérie a particulièrement insisté à l’occasion du projet de réforme qu’elle a présenté voici quelques mois. Le premier point en terme d’importance concerne l’acceptation d’un mécanisme de vote plus engageant en terme d’action et d’application des programmes de la Ligue. Désormais, celui-ci suivra la règle du consensus d’abord, puis de la majorité qualifiée des deux tiers s’il n’y a pas d’unanimité, dans les questions politiques majeures. Quant aux questions de procédure habitaauelle, elles seront adoptées à la majorité simple après que les chefs de la diplomatie auront dressé les questions de fond et de procédure. Le second concerne le contrôle et la surveillance des décisions prises par la Ligue. Une troïka composée de trois pays présidant les sommets actuel, passé et prochain, qui aura les prérogatives d’un comité de suivi, se chargera de cette mission. Ce point, a-t-on appris jeudi dernier, sera d’ailleurs versé aux modifications devant être apportées à la Charte de la Ligue. Ce texte est certes fondateur de la Jami’a, mais il date de 1945 et a besoin, selon l’Algérie, d’une nouvelle jeunesse, selon le ministre algérien des Affaires étrangères Abdelaziz Belkhadem. Le troisième point est relatif à la création d’un parlement arabe, une structure inspirée, dit-on, du modèle du Parlement européen mais qui, dans un premier temps, sera transitoire, en prélude à la constitution d’une assemblée permanente. D’ici là, ce parlement arabe sera composé de quatre parlementaires pour chaque pays membre. Une quatrième proposition algérienne adoptée concerne le rôle de la société civile en matière économique et dans le développement. Les délégués des Etats membres sont d’accord sur sa participation dans les réunions des ministres arabes de l’Economie, selon «des critères préétablis», a précisé à ce propos Abdelkader Hadjar. Le cinquième point, en rapport avec le précédent, se reporte aux libertés et aux droits des femmes dans le monde arabe. On ignore tout pour l’instant de son contenu, mais le délégué algérien a utilisé le terme de «stratégie» et parlé de promotion et de défense des droits des femmes dans les affaires politiques et publiques. Enfin, le sixième point, qui n’était pas inscrit auparavant dans la liste des propositions algériennes, concerne le lancement d’un satellite arabe d’observation de la terre. Il ne faut pas oublier non plus que les questions politiques liées à la situation en Irak et en Palestine seront également examinées par les chefs d’Etat les 22 et 23 mars prochains. Il faut savoir également que de nouveaux points ont été rajoutés au projet de déclaration finale et adoptés par tous les Etats membres. Ils portent sur la coopération avec l’Union européenne et la Chine, sur le prochain sommet Pays arabes-Amérique latine, ainsi que sur la lutte contre le terrorisme.

La proposition jordanienne de paix avec Israël, la distinction entre les volets financier et politique concernant la question palestinienne et la représentation africaine au sein du futur Conseil de sécurité réformé — trois points qui ne font pas consensus - seront examinées aujourd’hui par les ministres arabes des Affaires étrangères. En ce qui concerne le Conseil de sécurité, certains pays sont revenus sur la décision prise lors de la dernière réunion des ministres des Affaires étrangères au Caire, en proposant que le choix des deux pays africains ne soit pas définitif et qu’ils soient élus pour une période de quatre ans.

Kader Hannachi

   
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