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Annapolis, une duperie de pluspar K. Selim, Le Quotidien d'Oran, 6 décembre 2007 Si le siège et la multiplication des opérations israéliennes contre la bande de Gaza n'étaient pas suffisants aux yeux de certains dirigeants arabes pour indiquer le but réel de la Conférence d'Annapolis, Israël s'est chargé de leur enlever toute échappatoire. La paix, dont on a beaucoup parlé à cette conférence, n'a qu'un seul sens pour Tel-Aviv: conforter l'occupation et étendre le grignotage des territoires. En lançant un appel d'offres pour la construction de nouveaux logements à Jérusalem-Est, l'Etat sioniste met à nu les officiels arabes et M. Mahmoud Abbas en premier. Il n'y a aucune équivoque à cet ultime message post-Annapolis: Israël veut continuer à s'étendre, il ne laisse aucune place à l'existence d'un Etat palestinien. Comment Mahmoud Abbas peut-il continuer à croire qu'il lui sera possible de conclure un traité de paix avant la fin du mandat de Bush ? Sur quelle portion congrue des territoires palestiniens établirait-il cet Etat palestinien ? A l'évidence, il a été aveuglé par la fausse «aubaine» offerte par la crise de Gaza pour reprendre le flambeau d'une «négociation» dans des conditions aussi semblables que les précédentes et où les colonies israéliennes ont continué de s'étendre au mépris du droit international. S'il pouvait faire semblant d'ignorer ce que fait Israël à Gaza et sur les préparatifs d'une attaque à grande échelle de l'armée israélienne, il lui est difficile de continuer à regarder ailleurs après ce qui se passe à El-Qods. Les fruits amers de la division ont été fructifiés par Israël à Annapolis, dès lors que les responsables de l'Autorité palestinienne ont admis, par un réalisme de mauvais aloi, que le Hamas était un «ennemi commun». Que reste-t-il désormais aux «négociateurs» palestiniens à négocier quand Israël étend sa colonisation ? Le chef de l'Autorité palestinienne croit-il sérieusement à son exhortation à George W. Bush «d'intervenir immédiatement» pour faire cesser la colonisation ou bien le fait-il uniquement pour donner le change aux Palestiniens qui voient concrètement la nature de la «paix» promise par Annapolis ? On ne doute pas que Mahmoud Abbas a appris, au fil des années de négociations sans fin et sans résultats, que les Etats-Unis peuvent exercer des pressions sur les Palestiniens, sur les Etats arabes «amis» ou « ennemis» mais jamais sur Israël. Le poids du lobby israélien à Washington n'est pas une vue de l'esprit, mais une réalité concrète de la Maison-Blanche et du Capitole, et il est vain d'espérer que Washington fasse des cadeaux à Mahmoud Abbas. Le plus affligeant est que ce constat était prévisible, car les responsables de l'Autorité palestinienne sont allés à Annapolis dans les plus mauvaises conditions possibles. En l'absence d'une réelle volonté politique pour ressouder préalablement une unité palestinienne terriblement malmenée, Annapolis ne pouvait déboucher que sur un marché de dupes. |
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