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Tandis que les yeux du monde sont braqués sur le Liban La tragédie oubliée de PalestineKarim Kebir, Liberté, 9 août 2006 Près de 170 morts en un peu plus d’un mois, des maisons détruites, des routes coupées, arrestation du président du Parlement et enfin cinq employés du gouvernement hospitalisés après avoir été exposés à une poudre suspecte : la Palestine est en train de vivre incontestablement une véritable tragédie devant un silence assourdissant de la communauté internationale. Empêtrés dans la quête d’une solution à la crise libanaise, les pays occidentaux et arabes semblent se soucier comme de l’an quarante de la situation dans les territoires occupés. À telle enseigne qu’il est à se demander si cette “omission” relève de la faiblesse, notamment pour les pays arabes ou alors d’une passivité qui devrait sans doute rimer chez les décideurs occidentaux avec caution à la démarche de l’État hébreu. Pourtant, les développements de ces dernières 48 heures restent absolument inacceptables du point de vue morale. À la manière des méthodes utilisées par les Américains, comme celle de l’arrestation du président panaméen, le général Noriega, que l’administration de Washington est allée chercher dans son pays souverain, au milieu des années 80, l’armée israélienne a arrêté, samedi soir, dans son domicile, le président de l’Assemblée parlementaire palestinienne. L’arrestation de M. Aziz Doweik, cadre du Hamas élu démocratiquement en janvier dernier, arrêté à Ramallah en Cisjordanie, s’ajoute à la vingtaine de parlementaires et de 8 membres du gouvernement détenus depuis le 28 juin dernier. Hier, c’était au tour de cinq employés du gouvernement d’être hospitalisés après avoir été exposés à une poudre suspecte contenue dans une enveloppe reçue au siège du Conseil des ministres à Ramallah. Selon le vice-Premier ministre, l’envoi de l’enveloppe contenant de la poudre est “une tentative évidente d’élimination du Premier ministre ou du vice-Premier ministre”. Ne parlons pas des raids opérés de façon sporadique avec son lot de destruction. Conjugué à l’asphyxie financière qui étouffe le gouvernement, autant dire donc qu’on est face à une véritable tragédie qui ne dit pas son nom. Si l’autre tragédie, celle du Liban, dans laquelle la communauté internationale semble s’embourber, peut expliquer en partie “l’oubli”, l’indifférence manifestée au peuple palestinien participe au mieux d’un “crime”, au pire, de “non-assistance à peuple en danger”. KARIM KEBIR |
La guerre contre le Liban et la Palestine | ||||
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www.algeria-watch.org
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