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Hachem Solhab, membre du bureau politique de Hezbollah, au «Quotidien d’Oran» «Hezbollah n'abdiquera pas»
De Notre Envoyée Spéciale A Beyrouth: Ghania Oukazi, Le Quotidien d'Oran, 2 septembre 2006 Le parti de Hassan Nasrallah refuse catégoriquement de croire qu’il existe une quelconque «fitna» entre chiites et sunnites. «C’est une vue de l’esprit que les Américains et les Israéliens entretiennent pour diviser les rangs des musulmans», nous dit Hachem Solhab. C’est en marge des travaux de la Confédération internationale des syndicats arabes (CISA), qui se sont déroulés à Beyrouth, que Solhab a accepté de nous parler de l’après-guerre au Liban. En sa qualité de syndicaliste - il est responsable à la centrale syndicale libanaise -, Hachem Solhab affirme que le Hezbollah a toujours fait confiance en les organisations syndicales et les peuples des pays arabes. «Nous savons pertinemment qu’ils adhèrent comme nous et avec nous à cette cause juste qui est de se défendre contre l’ennemi israélien et à aucun moment nous n’avons douté de leur foi», a-t-il souligné. Pour lui, la résistance évolue selon les conditions dans lesquelles ses animateurs décident de l’organiser. Des conditions qui les obligent à le faire. «La résistance, surtout celle armée, devient résistance selon les circonstances dans lesquelles se trouve le pays duquel elle émerge. Pour le cas du Liban, il est normal que la résistance prenne une telle ampleur parce que le Liban même partage des frontières avec la Palestine occupée, ce qui le pousse à s’armer pour défendre sa patrie contre l’ennemi israélien», explique Solhab. Le membre du bureau politique de Hezbollah croit fermement que «si tous les peuples arabes se trouvaient dans une situation pareille, ils auraient fait exactement la même chose». L’exemple type d’un tel discours, la Syrie, dit-il, «parce que la Syrie est elle-même une résistance en refusant d’exécuter le projet du nouveau Moyen-Orient que les Américains et les Israéliens veulent lui imposer». Hachem Solhab ne manque pas cependant de faire remarquer que «seuls Hezbollah et Hamas font face et tiennent tête militairement à Israël». Il se veut alors rassembleur en indiquant que «cette résistance arabe et musulmane qui est Hezbollah et Hamas a derrière elle tous les résistants des peuples arabes». «Vous ne parlez que des peuples arabes et non des gouvernants arabes, pourquoi ?», lui demandons-nous. «On peut trouver toutes les circonstances atténuantes qui pourraient pousser les gouvernants arabes à se confiner dans une attitude qui s’apparenterait plutôt à de la compromission. Mais ce qu’ils doivent savoir, c’est que maintenant que la guerre est terminée, ils sont tenus de répondre à toutes les interrogations que leurs peuples se posent à ce sujet», dit-il, non sans sous-entendre que les gouvernants arabes sont en total déphasage avec leurs peuples et qu’une telle situation ne pourra pas s’éterniser. Conscient du gain politique et social qu’il a engrangé auprès du monde arabe et musulman après sa farouche résistance contre l’armée israélienne, le Hezbollah de Nasrallah ne compte pas à l’évidence s’arrêter là. L’humilité et la sérénité affichées au lendemain de la décision onusienne de décréter le cessez-le-feu laissent croire qu’il préfère échanger un air triomphaliste contre un rapprochement progressif mais sûr des sociétés et des peuples arabes et musulmans. Ce qui présage surtout une refondation de la pensée politique au sein de toute la région et au-delà. Une refondation qui devra désormais compter avec la donne islamiste, au risque de déstabiliser profondément les régimes en place. Solhab revient sur la résolution 1701, qui lui fait dire que «jamais le Liban n’a cru en la communauté internationale ni en les résolutions onusiennes, et il y en eut beaucoup dont la teneur ne l’a pas du tout étonné». Il est évident pour lui que ces résolutions sont faites sur mesure pour les Américains et conformément aux convictions qui les animent. «La résistance a compris et a intégré cette réalité. C’est pour cela qu’elle consacre ses forces pour arracher les droits de cette nation». Il est convaincu que le prix fort qu’elle vient de payer en tenant tête à Israël lui a permis d’atteindre deux objectifs essentiels, à savoir d’abord «empêcher l’entité sioniste d’avancer dans sa mise en oeuvre du projet du nouveau Moyen-Orient, non seulement au Liban mais aussi dans le monde arabe, et ensuite la résistance a gagné le soutien indéfectible des peuples arabes à la cause qu’elle défend». Le membre du bureau politique du Hezbollah confirme ainsi que le parti de Hassan Nasrallah ne fait pas dans et pour le conjoncturel, mais pour assurer un avenir, celui d’un monde arabe redéfini dans sa globalité. D’autant que Hachem Solhab affirme que le Hezbollah est convaincu que «le nouveau Moyen-Orient, ou si vous voulez l’appeler le GMO, vise à nuire à l’identité arabe et à tout ce qui est musulman». Il explique que les pays du Moyen-Orient notamment ont enduré pour leur soutien à la cause palestinienne, qui est elle-même une cause arabe et musulmane. C’est donc en cassant cette cause que les initiateurs du GMO veulent atteindre l’identité arabe». Il rappelle avec précision que l’idée du GMO existait initialement dans le projet même du sionisme et «dans la conception géographique que se font les sionistes du Moyen-Orient». Pour lui, l’évidence même est de «casser l’identité arabe et la religion musulmane». La mondialisation est, aux yeux de Hezbollah, une carte que l’Amérique veut imposer au monde arabe. D’ailleurs, c’est pour atteindre ces objectifs qu’Américains et Israéliens tiennent, selon lui, à faire croire qu’il existe un conflit entre chiites et sunnites. «Les résistants qui sont tombés au champ d’honneur, ceux qui combattent pour libérer la Palestine, sont des musulmans. Et quand ils meurent, personne ne sait s’ils sont chiites ou sunnites», dit-il, en insistant sur le fait qu’aucune «fitna» n’existe entre chiites et sunnites, puisqu’en tant que musulmans, ils résistent contre le même ennemi et visent les mêmes objectifs, libérer leur patrie». Ceux qui propagent de telles idées, selon lui, veulent pousser le monde arabe à se refonder sur une base communautaire, que les conflits perturberaient continuellement. «Mais nos peuples sont assez mûrs pour ne pas croire à ces inepties et pour prendre en charge leurs droits et leur avenir». Solhab appelle les élites arabes, les intellectuels, les hommes de culture et les médias à mettre en valeur les points forts de leurs peuples et de leurs nations, «puisque l’ennemi se permet d’insister sur nos points faibles». La coexistence entre chiites et sunnites représente à ses yeux une grande richesse pour le monde arabe et musulman parce que, dit-il, «notre culture musulmane doit tirer les leçons de ses profondeurs, de son passé et de son histoire». La dualité entre les deux (chiites et sunnites) ne peut exister «quand on sait, affirme-t-il, qu’ils tombent tous en martyrs en Palestine, en Irak et au Liban. Et nous rassurons les musulmans que le projet de la fitna que les Américains veulent mettre en oeuvre ne passera pas. Nous le combattrons et combattrons notre ennemi, Israël». |
La guerre contre le Liban et la Palestine | ||||
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