SEPTIÈME SALON NATIONAL DU LIVRE

Alger riposte à Paris

Le Soir d'Algérie, 12 mars 2008

C’est une tournure purement politique que prend la 7e édition du Salon national du livre prévu du 12 au 18 mars à la Bibliothèque nationale du Hamma. Un rendez-vous qui, cette année, semble plus que jamais intéressant.
Pour le coup, le lecteur algérien ne se contentera pas uniquement de s’informer ou d’acheter des livres, mais accomplira un véritable acte politique. Un acte et un geste en direction du peuple palestinien, résumeront donc tout l’esprit de ce Salon national du livre. Regard neuf sur le pouvoir de culture en Algérie ou grosse polémique ? Dans tous les cas, l’offensive est claire ! l’Algérie soutient la Palestine. Et c’est naturellement qu’elle a annulé sa participation à la 28e édition du Salon du livre de Paris. Le 13 févier, un communiqué du Syndicat national des éditeurs (Snel) annonce le boycott de l’ensemble des éditeurs algériens du salon du livre de Paris. «Une date historique», rappellera Mohamed-Tahar Guerfi, président du Snel au cours de la conférence de presse organisée, hier, au siège de la Bibliothèque nationale du Hamma. «Nous avons décidé d’anticiper le déroulement du Salon national du livre pour qu’il coïncide avec celui de Paris, sauf que nous, nous le dédions à nos frères palestiniens» précisera le président du Snel. «Il ne s’agit pas d’un acte politique mais d’un acte de solidarité envers un peuple frère opprimé…», insistera Mohamed-Tahar Guerfi. Eloquent. Mais à ce stade de la polémique, on rappellera que lors du dernier Salon International du livre d’Alger (Sila) aucun signe de solidarité ne s’est formé autour de la fermeture brutale d’un stand. Au Sila, en 2007, une affreuse image de scellés s’est posée au cœur de la littérature nationale et internationale. Dans l’indifférence générale, un éditeur algérien s’est fait éjecter. Qu’importe le motif. Intellectuels et personnalités du monde de la culture, d’ici et d’ailleurs, rompent à chaque fois l’équilibre fragile des frontières de la liberté d’expression. A Paris, on observe un silence radio. Pas de commentaires sur les chaînes de télévision. Pas de communiqués de la part des écrivains. Aucun écho d’une quelconque manifestation n’a résonné. Même Mohamed Mousselhoul alias Yasmina Khadra, directeur du Centre culturel algérien de Paris, n’a pas réagi. Par contre, deux auteurs algériens se sont démarqués. Boualem Sansal et Maissa Bey ont confirmé leur participation au Salon du livre de Paris ! Comment interpréter cette démarche ? Quelles responsabilités historiques portent ces deux écrivains ? Symbole d’une liberté d’expression ou bien… l’avenir nous le dira !
Sam H.

  La guerre contre le Liban et la Palestine  
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