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Que faire pour le Liban ?par M. Saâdoune, Le Quotidien d'Oran, 15 mai 2008 Les Arabes peuvent-ils quelque chose pour un Liban où le pourrissement de la crise a conduit à un puissant retour du spectre de la guerre civile ? Depuis hier, une délégation de la Ligue arabe - dont l'Algérie fait partie - consulte les parties libanaises pour trouver une issue. Si les violences ont cessé dans le Liban, le blocage politique reste total. Le gouvernement, après avoir tergiversé, va en définitive annuler les décisions qui ont mis le feu aux poudres. C'est une condition pour que l'opposition stoppe son mouvement de désobéissance civile. L'opposition a levé les barrages qui conduisent à l'aéroport pour permettre à la délégation arabe de rejoindre Beyrouth. Les premiers signaux paraissent positifs, mais l'absence de confiance entre les deux camps rend délicate la mission de la Ligue arabe. Le premier grand service que pourrait rendre la délégation de la Ligue arabe - que dirige le Premier ministre du Qatar, Hamad bin Jassem al-Thani - serait d'éviter de transposer les divisions arabes sur la scène libanaise. Les récentes prises de positions incendiaires de l'Arabie Saoudite contre l'opposition en sont un exemple éloquent. Il est d'ailleurs significatif que George Bush, venu fêter avec les Israéliens le soixantième anniversaire de la Nakba palestinienne, utilise pratiquement le même langage que les Saoudiens. Une incitation évidente au gouvernement de Siniora à ne pas répondre à la demande de l'armée d'annuler des décisions controversées qui ont mis le pays dans une situation critique. Même si le groupe du 14 mars accuse comme toujours la Syrie, celle-ci a été plus constructive en soutenant la mission de la Ligue arabe et en appelant toutes les parties à travailler de manière positive avec elle. La délégation arabe devrait prendre exemple sur l'armée libanaise qui a essayé, dans un contexte éprouvant, à préserver son unité et à se préserver comme recours pour une nation en crise. En évitant de s'impliquer dans les affrontements entre un gouvernement à la légitimité contestée et une opposition prête à en découdre s'il le faut, l'armée n'a pas résolu le problème mais elle a préservé l'essentiel. Le gouvernement de Siniora, en l'absence d'un président de la République et avec une situation de blocage au Parlement, n'est plus qu'une partie comme les autres. La Ligue arabe n'a pas à prendre parti. Elle n'a pas à transposer la funeste ligne de fracture entre Etats dits modérés, mais très alignés sur la démarche américaine, et le supposé axe syro-iranien. Le Liban n'y gagne rien, ni le groupe du 14 mars, ni l'opposition. Il existe un réel conflit politique intérieur qui commande aux acteurs libanais d'accepter d'aller vers un changement qui permette une représentation équilibrée, plutôt que de chercher à l'éviter par des placements dans des jeux géopolitiques qui les dépassent. Si les acteurs politiques libanais acceptent d'aller à Doha pour discuter sérieusement de la crise, ce sera un bon pas. La Ligue arabe, qui a systématiquement failli, a une chance de rehausser son blason en créant un cordon sanitaire contre les ingérences étrangères qui empêchent depuis des mois une solution acceptable pour tous et qui préserve l'avenir du Liban. |
La guerre contre le Liban et la Palestine | ||||
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www.algeria-watch.org
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