Entre propagande et réalité du terrain

De Kharroubi Habib, Le Quotidien d'Oran, 6 août 2006

La propagande de l’Etat hébreu a beau affirmer que les opérations terrestres menées par Tsahal au Sud Liban se déroulent conformément au plan arrêté par les autorités politiques de Tel-Aviv et l’état-major de l’armée, les experts les moins suspects de malveillance à l’égard d’Israël font entendre un tout autre son de cloche en parlant d’échec de son offensive. Echec parce que l’assaut engagé par la formidable machine de guerre d’Israël contre les positions du Hezbollah loin d’avoir été un «blitzkrieg» qui aurait dû les nettoyer en quelques heures ou quelques jours, prend la forme d’une guerre d’usure à l’avantage des combattants du Hezbollah.

Un constat et une situation qui accréditent les rumeurs faisant état d’un profond désaccord intervenu dans les relations entre l’autorité politique dirigée par Olmert et l’état-major de Tsahal. Le pouvoir politique ferait désormais reproche aux militaires de lui avoir fait une évaluation faussée des capacités de résistance du Hezbollah et ce faisant de l’avoir engagé dans une aventure aux résultats incertains. Il est en tout cas certain que le gouvernement de Tel-Aviv est dans une mauvaise passe tant au plan diplomatique que vis-à-vis de son opinion nationale, du fait que n’ayant atteint aucun de ses objectifs de guerre, il s’obstine néanmoins à poursuivre son agression sans perspective de les atteindre.

Les Etats-Unis ont beau continuer à bloquer les efforts internationaux pour l’instauration d’un cessez-le-feu, les pressions internationales dans ce sens se font néanmoins plus pressantes, qui vont obliger Washington à agir de même. L’échec d’Israël à conclure rapidement son offensive contre le Hezbollah place ses plus sûrs alliés dans l’inconfort diplomatique et encore plus les Etats qui ont cyniquement accepté de fermer les yeux sur son agression à la condition qu’elle aille vite et soit limitée dans le temps.

La population israélienne découvre quant à elle que la guerre engagée par son armée est loin d’être la promenade militaire que lui ont fait croire les fanfaronnades des officiers de l’état-major de Tsahal. Qui plus est, elle fait l’amère expérience elle aussi en plein Israël d’être la cible non protégée des répliques du Hezbollah. Pour l’heure, l’opinion publique israélienne affiche un soutien consensuel à son armée en guerre. A l’heure du bilan et quand celui-ci leur apparaîtra dans ses désastreux résultats, les citoyens israéliens exigeront très certainement des comptes à tous ceux qui civils ou militaires les ont fourvoyés dans cette aventure.

Maintenant empêtrés dans une guerre dont ils ne maîtrisent plus le déroulement, les stratèges de Tsahal ont opté pour la fuite en avant qui est l’intensification des bombardements aériens sans influence réelle sur le cours des combats terrestres, où la maîtrise de la tactique de guérilla par les combattants du Hezbollah contrebalance la supériorité matérielle et de feu de la machine de guerre israélienne. Israël est loin d’atteindre le fleuve Litani dont il a toujours rêvé de faire sa frontière naturelle avec le Liban, et encore moins d’avoir assuré par son agression la soi-disant «sécurité» qu’il dit vouloir apporter à sa population.

 
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La guerre contre le Liban et la Palestine  
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