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Projet franco-américain de résolution sur le Liban Rejet unanime des Libanaispar Mohamed Zaâf, Le Jeune Indépendant, 7 août 2006 Comme attendu, le Liban a rejeté le projet franco-américain de résolution au Conseil de sécurité visant la fin des hostilités avec Israël. Le projet est accusé d’avantager Israël au détriment du Liban, sans résoudre les problèmes à l’origine du conflit. Le gouvernement libanais relève que le texte américano-français ne prévoit ni cessez-le-feu, ni retrait immédiat des troupes israéliennes du Liban, ni la récupération des Fermes de Chebaâ. «Le projet de résolution ne règle le conflit ni pour le Liban ni pour Israël. Le Premier ministre libanais Fouad Siniora a fait état téléphoniquement de sa préférence à la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice, pour «un cessez-le-feu concomitant avec un retrait israélien au-delà de la ligne bleue, qui sert de frontière entre le Liban et Israël, et un déploiement immédiat de l’armée libanaise au sud du (fleuve) Litani avec le soutien des Casques bleus de la FINUL et d’une force internationale de 2 000 hommes rapidement mobilisable». Quatre pays (la Turquie, la Malaisie, l’Indonésie et la France) ont d’ores et déjà fait avoir qu’ils pouvaient dépêcher des troupes en attendant une force multinationale qui devrait se déployer dans le sud et dans les Fermes de Chebaâ. Mais «si le projet de résolution veut dire qu’Israël reste au Liban et que le gouvernement libanais est chargé de désarmer le Hezbollah, alors on ne fait que compliquer les choses plutôt que les régler», estimait-on de source officielle libanaise. Le projet franco-américain prévoit «une cessation complète des hostilités, basée en particulier sur la cessation immédiate de toutes ses attaques par le Hezbollah et de toutes ses opérations militaires offensives par Israël». Ce qui est une manière de «compenser la défaite israélienne par une résolution internationale contre le Liban», s’insurge le journal libanais Essafir. Pour ce quotidien arabophone, «il s’agit d’un projet qui ne se contente pas d’ignorer le Liban, mais veut imposer au Liban et aux Libanais des exigences israéliennes humiliantes». D’où les réserves du gouvernement de Fouad Siniora sur le déploiement d’une force internationale au Liban». Les officiels libanais ne souhaitent pas que cette force soit placée sous le chapitre VII de la charte de l’ONU, qui autorise l’usage de la force. Le Liban ne cache pas son intention de demander aux pays arabes, dont les ministres des Affaires étrangères devaient se réunir aujourd’hui à Beyrouth, de l’appuyer dans son rejet du projet franco-américain de résolution. «Les pays arabes ont soutenu le plan de règlement du conflit en sept points, adopté par le gouvernement libanais. Nous leur demandons de consacrer ce soutien en rejetant le projet de résolution» négocié par les Français et les Américains, déclarait hier, lors d’une conférence de presse, Nabih Berri, le président du Parlement libanais. «Etes-vous prêts à adopter une position pour sauver le Liban à travers l’application du plan de règlement ou souhaitez-vous que le Liban continue à saigner ?» leur demandait-il. Et d’ajouter : «Nous ne vous demandons pas de participer à la guerre, mais vous avez les moyens et l’influence nécessaire pour imposer le plan de paix libanais.» Le plan en sept points du gouvernement libanais prévoit, outre le cessez-le-feu et l’échange de prisonniers entre le Hezbollah et Israël, l’envoi de l’armée libanaise dans le sud du pays (impliquant de facto le désarmement du Hezbollah). Il envisage un renforcement des forces de l’ONU au Liban (FINUL), la mise du secteur frontalier des Fermes de Chebaâ (occupées par Israël) sous autorité onusienne et la réactivation de l’accord d’armistice libano-israélien. La Syrie et l’Iran ont emboîté le pas au Liban pour désapprouver le texte franco-américain. Téhéran l’a jugé «injuste», tandis que Damas s’est dit prêt à une «guerre régionale» et a réaffirmé son soutien au Hezbollah. Le ministre syrien des Affaires étrangères, Walid Al-Mouallem, entamait, hier, une visite au Liban où il rencontrait les principaux dirigeants du pays. La Syrie répondra «immédiatement à toute agression» d’Israël, déclarait-il à son arrivée. «Nasrallah et la résistance libanaise défendent le Liban et la dignité de la nation arabe. Nous saluons le Liban et sa résistance à tous les projets qu’on tente de lui imposer par le biais du Conseil de sécurité, par des résolutions qui ne reflètent pas la réalité de la victoire militaire libanaise sur l’armée israélienne», affirmait-il. Quant à l’Algérie, elle compte œuvrer, au cours de la réunion de Beyrouth, «à la prise de mesures effectives de solidarité en vue de la garantie de la souveraineté, de l’indépendance et de l’intégrité territoriale du Liban», affirme un communiqué officiel rendu public hier à Alger. M. Z. |
La guerre contre le Liban et la Palestine | ||||
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www.algeria-watch.org
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