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L’ambassadeur de Syrie à Alger l’a déclaré hier
“La rencontre de Rome est de la poudre aux yeux”
H. Ameyar, Liberté, 24 juillet 2006
La réalité, qui prévaut actuellement au Moyen-Orient, est le résultat d’une stratégie américano-israélienne, montée après la Seconde Guerre mondiale et l’effondrement de l’URSS. Ce point de vue a été défendu hier par l’ambassadeur de la République arabe de Syrie à Alger, M. Aïssa Darwich, lors du Forum d’El Youm. Selon le diplomate, cette stratégie s’appuie à la fois sur la puissance militaire des USA, leur force économique, la mondialisation médiatique qui s’accoude sur “les radios, les chaînes télévisées et les journaux créés par les Américains dans la région” ou ayant fait allégeance à la première puissance mondiale, ainsi que sur la domination des hydrocarbures et l’entité israélienne chargée d’abattre “toute résistance dans la région”. “Après le 11 septembre 2001, cette stratégie a évolué, avec la lutte antiterroriste : les États-Unis ont créé le nouvel ennemi terroriste en l’absence de l’ancien ennemi soviétique”, a déclaré l’ambassadeur syrien, précisant que l’administration US voulait “un terrorisme islamiste”. M. Darwich a expliqué que l’objectif visé était d’entretenir la confusion entre “le terrorisme et le mouvement de résistance contre l’occupation”, lequel mouvement de libération était reconnu par les textes onusiens. À partir de là, une “stratégie militaire” a été mise en place, déclarant la guerre des croisades ou la guerre contre le terrorisme, a soutenu également l’intervenant. Une stratégie, dira-t-il, qui sera accompagnée par “l’emprise américaine sur les Nations unies, en particulier son Conseil de sécurité, afin d’appliquer les décisions favorables aux intérêts des USA”.
Pour donner force à ses arguments, M. Aïssa Darwich s’est référé à un rapport du Dr Halmi Abdel Krim Al-Zaâbi, daté de mars 2005, qui porte sur les “trois étapes de la stratégie américaine au Liban” aux fins de “réaliser le nouveau Grand Moyen-Orient”. Pour l’ambassadeur syrien, l’assassinat de Rafic Hariri, Chef du gouvernement libanais, est “un complot israélo-américain”. “Ils voulaient créer un événement pour pousser les forces syriennes à se retirer du Liban”, a-t-il indiqué, avant d’ajouter : “Cette guerre vise à attaquer le Hezbollah, le Hamas, la Syrie, l’Iran…”
M. Darwich a même insisté sur “la convergence complète” entre les intérêts américains et israéliens, en rappelant que “ce qui se passe actuellement a été décidé le 6 mars 2005 lors de l’accord Bush-Sharon”. Que faire ? “Je ne dis pas que ce plan (américano-israélien, ndlr) va être appliqué tout de suite, tout dépendra de la résistance et des réactions dans le monde. Mais la seule solution juste et définitive est le règlement du problème israélo arabo-palestinien”, a répondu l’invité du forum, en appelant à “la réanimation du processus de paix”.
Interpellé à plusieurs reprises sur la question de la démocratie dans le monde arabe, le diplomate syrien a fini par admettre la part de responsabilité des dirigeants. “Le mal est en nous et la moitié de la solution est en nous, à travers la liberté d’expression, la liberté de la presse et la démocratie. Mais, cela ne réduit en rien la grande iniquité contre les États et les peuples arabes”, a noté M. Darwich. Ce dernier s’est élevé contre cette démocratie à l’américaine qui “se construit sur le crime et le sang, sur l’exil et l’humiliation, qui tourne le dos aux gouvernements élus démocratiquement et qui traite la résistance de terroriste”.
L’ambassadeur de Syrie a, en outre, exclu toute médiation de son pays “à la place des Libanais”, pour mettre fin à l’agression israélienne. “La Syrie n’est pas le tuteur du Liban”, a-t-il souligné. Quant à la conférence sur la situation au Moyen-Orient, qui réunira mercredi prochain les puissances mondiales et trois pays arabes (Arabie Saoudite, Jordanie et Égypte), à Rome, il a estimé que “ce n’est que de la poudre aux yeux”. “Ce sera une rencontre économique qui va apporter sa caution à Israël et ignorer les Arabes”, a révélé le diplomate.
H. Ameyar
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La guerre contre le Liban et la Palestine |