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Une mer de savoirK. Selim, Le Quotidien d'Oran, 23 août 2006
On était trop occupé par la guerre pour s’y arrêter, mais il est temps de faire un retour sur quelques inepties lues ou entendues pendant que les bombes de la civilisation pleuvaient sur le Liban. Cela pourrait même s’intituler, 22 v’là les cons ! Le 3 août 2006, on eu la blague de Saâd Ben Laden, fils d’Oussama, censé avoir été libéré par l’Iran de sa résidence surveillée à Téhéran pour être envoyé au Sud-Liban. C’était dans un journal allemand, présumé sérieux, Die Welt, qu’a été publiée «l’information» destinée à prouver que le Hezbollah et Al-Qaïda sont de mèche. D’autres journaux présumés sérieux de la civilisation ont repris, comme si cela ne pouvait qu’être vrai, la «news» et ont conjecturé dessus. Et puis comme il n’y a rien eu, comme le moindre début de soupçon de preuve virtuelle n’a été invoqué, les journaux sérieux de la civilisation n’en ont plus parlé. Ils prennent garde de démentir, l’info étant sortie, elle sera toujours utile au moment de faire les grandes synthèses style Adler et BHL qui connaissent tout, absolument, de la morphologie du sexe des mammouths aux trous noirs en passant par la ligne claire entre le mal et le bien. En attendant le retour de Saâd ou de son papa dans un autre scoop sur l’axe du mal, on a beaucoup ri. Même les Arabes censés être modérés dans l’expression, ont eu des formules à faire rougir de honte John Prescott, lequel a eu, en privé mais avec diffusion publique, une appréciation scatologique sur la politique de Bush au Moyen-Orient qui a fait scandale. C’est vrai que ce n’est pas joli, même si c’est vrai, d’associer les défécations à la politique de l’Empire. Remarquez, les choses peuvent empirer, le 21 Août, dans sa conférence de presse - il paraît que c’est la 27ème - George W. Bush, qui n’arrive toujours pas à convaincre le monde que le Hezbollah a été vaincu, a eu cette réflexion: »l’Histoire finale du Moyen-Orient n’a pas encore été écrite». C’est juste, mais comme l’analyse de Prescott continue à faire autorité, gageons que cela puera davantage. C’est que ça bout fort dans les têtes. Ainsi, on avait à peine cessé de rire à la grasse blague allemande sur le fils d’Oussama que Bernard Lewis, islamologue patenté et grand pourvoyeur de pensées idiotes aux néo-cons de la Maison-Blanche est entré dans la danse. Dans un écrit sérieux, savant, il a annoncé que le 22 août sera le jour de l’apocalypse. Le 22 août, cela correspond au 27 rajab 1427, le jour du Boraq et de l’Issra et le Miiraj et que l’Iran pourrait le considérer comme un jour approprié pour détruire Israël. Ce sera donc la guerre nucléaire, les dirigeants de l’Iran, étant des «fous», l’apocalypse sera donc pour le 22. Cela a été publié dans «The Wall Street Journal», le 8 août 2006 et depuis que cette «mer du savoir» a pontifié, sur le net, les mauvais plaisants lui ont demandé de préciser l’heure car ils ont des caves de vins à siffler avant l’heure «h». Bon, aujourd’hui on est le 23, l’apocalypse n’a pas eu lieu, la terre continue de tourner. Une mer de savoir a dit des bêtises. On attend à ce qu’il dise que son article a eu un effet dissuasif sur l’Iran et là, on mourra définitivement de rire. |
La guerre contre le Liban et la Palestine | ||||
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