ASSAUT CONTRE LA FLOTTILLE DE LA LIBERTÉ

Les inconditionnels d’Israël gênés, l’Europe ulcérée

Le Soir d'Algérie, 1 juin 2010

Composée de prix Nobel, de personnalités éprises de paix, de militants des droits de l’homme, de citoyens du monde soucieux de lever le sauvage embargo sur Ghaza, la flottille de la Liberté n’avait rien d’une expédition de guerre.
De notre bureau de Bruxelles, Aziouz Mokhtari
Les occupants de la flottille ne voulaient ni punir Israël, ni même préparer un quelconque plan de paix. Ou de règlement du conflit israélo- palestinien. Ils transportaient des vivres, des médicaments, des béquilles et des cannes pour les nombreux Palestiniens que la sauvagerie israélienne avait handicapés l’hiver dernier. Préparée avec tact, minutieusement, sans provocation, la flottille avait même pris soin de contacter les autorités israéliennes pour se diriger vers Ghaza. A quelques jours, voire à quelques heures avant l’attaque israélienne contre les humanitaires, rien ne laissait présager un tel déferlement de haine, de violence et d’actes guerriers. Le gouvernement israélien semblant même vouloir passer l’orage pour ne pas trop rendre de comptes à ses détracteurs. Selon toute vraisemblance, la décision de s’occuper de façon guerrière de la flottille a été prise par les militaires. Les vrais décideurs, en fait en Israïel. Ce qui, hélas, préparera la région à une escalade d’une ampleur peut-être jamais égalée. Les hésitations de B. Obama, les déclarations d’encouragement de H. Clinton à la politique d’Israël, l’alignement français sur les thèses de Tel-Aviv, grâce au militantisme sans vergogne de Bernard Kouchner en faveur d’Israël, la crise financière mondiale et le peu de crédibilité de la Ligue arabe ont-ils joué en faveur de cette grave décision israélienne ? Exclues de l’analyse, l’erreur ou la bévue. Tel-Aviv, scientifique, froid, calculateur ne sacrifie rien au hasard. Si cette décision a été conçue et appliquée pour démanteler la flottille de la Liberté, c’est qu’elle répond à des objectifs précis, chirurgicaux. Nous saurons lesquels dans les jours et les semaines à venir. D’ores et déjà, il est certain qu’Israël ne s’accommode plus d’aucun plan de règlement de la question palestinienne. Les concessions sur concessions faites par les Palestiniens et la modération excessive de Mahmoud Abbas, président de l’Autorité palestinienne — quelle autorité ? — encouragent Tel-Aviv à ne rien céder, ni d’essentiel, ni d’accessoire. La Ligue arabe a convoqué une réunion d’urgence pour étudier l’affaire. Qui peut encore croire que la structure architecturale cairote peut apporter quelque chose de positif aux Palestiniens ? Pour autant, il faut le relever, beaucoup d’hommes politiques européens, et non des moindres, ont été ulcérés par cet acte sauvage et sans précédent d’Israël. Tel-Aviv prépare d’autres actes guerriers, cela est certain. Sans doute contre Ghaza en premier.
A. M.

  La guerre contre le Liban et la Palestine  
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