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Réunion ministérielle de la ligue arabe
Quand divergences riment avec impuissance
Rédaction de Liberte, 17 juillet 2006
L’aphorisme “les Arabes se sont mis d’accord pour ne jamais s’entendre” s’est à nouveau vérifié au Caire à l’occasion de la réunion des chefs de la diplomatie arabe devant aboutir à l’unification des rangs face à l’agression israélienne.
En se contentant d’une banale condamnation des offensives que mène Israël au Liban depuis cinq jours, les ministres arabes des Affaires étrangères ne laissent aucun doute sur l’importance des divergences qui les séparent sur cette question et bien d’autres. Les divergences semblent si profondes que les participants à cette réunion ministérielle n’ont même pas pu s’entendre sur un communiqué commun sanctionnant leurs travaux. À l’image du Conseil de sécurité des Nations unies, qui n’a pu aboutir à un consensus pour appeler à un cessez-le-feu au Liban, les chefs de la diplomatie arabe ont achevé leur session en queue de poisson, laissant les peuples arabes sur leur faim. Cet échec ne trouve d’explications nulle part en raison de l’imbrication des intérêts arabes et de la sacralité de la lutte pour rétablir le peuple palestinien dans ses droits, alors que l’absence d’accord entre les membres de l’organe exécutif de l’ONU n’est que la conséquence logique des nombreuses divergences, notamment idéologiques, existant entre les uns et les autres. Il faut dire que les représentants des pays ayant des liens étroits avec Israël et les États-Unis ont sabordé toutes les initiatives visant à réunir un sommet arabe afin de traiter au plus haut niveau le problème, dans le but évident d’éviter à leurs États respectifs de se retrouver dans la gêne. Le fait que les travaux se soient déroulés entièrement à huis clos, constitue une preuve supplémentaire de la volonté de certains d’empêcher que leur prise de position, hostile des décisions courageuses de la Ligue arabe, soit rendue publique et connue de tous. L’Algérie, avec l’aide de quelques pays ayant une vision des choses similaires à la sienne, a vainement tenté d’arracher une prise de position commune. Mohamed Bedjaoui a essayé de montrer la voie à suivre en insistant dans son discours prononcé lors de cette réunion sur la nécessité d’aboutir à “une position arabe ferme afin de faire comprendre à Israël et à ses soutiens que les Arabes ont toujours soutenu et soutiendront par tous les moyens le peuple palestinien dans sa lutte pour recouvrer l'ensemble de ses droits spoliés comme ils apporteront leur appui au Liban et à la Syrie”. Il est allé jusqu’à affirmer que “devant cette situation dangereuse et l'escalade prévisible de l'agression israélienne contre le peuple palestinien et le Liban frère, l'Algérie est disposée à appuyer toute mesure ou décision que prendra notre Conseil dans le sens du soutien aux peuples palestinien et libanais frères dans leur résistance face à l'agression israélienne”. Continuant sur sa lancée, il a réitéré “la disposition de l'Algérie à prendre part avec la célérité requise à tout sommet arabe d'urgence à la date et au lieu proposé par la réunion d'aujourd'hui”. Mais rien n’y fit, parce que nombre de ses collègues ont rallié la capitale égyptienne avec des instructions fermes visant à faire capoter toute tentative d’unification des rangs. D’ailleurs, Fawzi Salloukh, le ministre libanais des Affaires étrangères, l’a bien compris. Il n’a pas caché sa déception face au comportement de quelques uns de ses pairs, en lançant aux journalistes qui l’interrogeaient : “chaque partie arabe peut penser ce qu'elle veut”. Pour montrer la déception de la rue arabe, il ajoutera : “Les peuples arabes tenteront, tôt ou tard, de prendre leurs affaires en main si leurs gouvernements respectifs ne cherchent pas sérieusement à leur donner une lueur d'espoir”.
K. A.
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La guerre contre le Liban et la Palestine |