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Ghaza et le Royaumepar K. Selim, Le Quotidien d'Oran, 26 janvier 2009 Les premières répliques politiques du carnage de Ghaza la résistante et de la mobilisation des opinions publiques arabes et musulmanes commencent à se faire sentir doucement et elles viennent du camp des principaux alliés arabes des Etats-Unis. On avait relevé la tonalité particulière du discours du roi Abdallah d'Arabie Saoudite au sommet du Koweït, indiquant que le choix entre la paix et la guerre n'existerait pas toujours et que l'offre de paix arabe n'était pas destinée à durer éternellement. Cette évolution saoudienne vient d'être confirmée avec plus de vigueur et de clarté par le prince Fayçal Al-Turki, ancien patron des services saoudiens et ancien ambassadeur aux Etats-Unis, dans une opinion publiée vendredi dernier dans le Financial Times. Son titre est clair : «La patience de l'Arabie Saoudite s'épuise». Le prince Turki, qui dénonce «l'héritage nauséabond» laissé par Bush dans la région et son soutien à la «boucherie dans la bande de Ghaza», appelle la nouvelle administration à changer radicalement d'optique. «Si les Etats-Unis veulent continuer à jouer un rôle de leadership dans le Moyen-Orient et garder intactes leurs alliances stratégiques - en particulier sa « relation spéciale » avec l'Arabie Saoudite -, ils devront revoir radicalement leur politique vis-à-vis d'Israël et de la Palestine». Certes, le prince Fayçal Al-Turki n'exerce pas de fonction officielle et parle en «son nom», mais il est évident qu'en tant que membre de la famille royale, il exprime une inquiétude réelle en Arabie Saoudite. Même le plan de paix du roi Abdallah, devenu l'offre de paix arabe, risque d'être dépassé par la radicalisation des opinions publiques. De manière très significative, l'ancien patron des services saoudiens révèle que le président iranien Ahmadinejad, reconnaissant «explicitement» l'Arabie Saoudite comme «leader» du monde arabe et musulman, lui avait demandé de prendre un rôle plus actif et de décréter le djihad. Le plus surprenant est que cette option n'est plus exclue par le prince Turki. Jusqu'à présent, explique-t-il dans son article, le Royaume a «résisté» à ces appels, mais cette «retenue devient chaque jour plus difficile à maintenir». On peut percevoir dans ces propos inattendus la preuve que le poids de l'opinion publique en Arabie Saoudite, comme dans le reste du monde arabe, commence à peser sur les pouvoirs et les contraint à ajuster leurs positions. Jusqu'à mettre dans la balance l'avenir de la «relation spéciale» entre Washington et Ryadh. Ce n'est pas par pure forme que l'ancien patron des services saoudiens avertit les Américains que son gouvernement pourrait ne plus être en mesure «d'empêcher ses citoyens de se joindre à la révolte du monde entier contre Israël». Non seulement il relève que chaque Saoudien est «aujourd'hui un Ghazaoui», mais il n'hésite pas à faire référence au roi Fayçal dont les positions fortes sur le conflit israélo-arabe sont connues. Quelque chose a bougé dans la vision de l'Arabie Saoudite, qui attend d'être traduite en acte. Les avertissements adressés à la nouvelle administration américaine constituent peut-être l'amorce d'une remise en cause d'une «modération» arabe devenue synonyme de passivité et d'aplatissement. Les martyrs de Ghaza et la révolte des opinions dans le monde arabe y sont pour beaucoup. Ce changement est encore ténu. C'est pour cela qu'il est nécessaire que la «rue arabe» maintienne une pression forte sur les gouvernants.
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La guerre contre le Liban et la Palestine | ||||
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