Catastrophe humanitaire dans la bande de Gaza :

Le négationnisme version sioniste

par M’hamed Khodja, Le Jeune Indépendant, 23 janvier 2008

Face à la réprobation internationale, Israël a assoupli le blocus sur la bande de Gaza. Une livraison de fuel a été autorisée pour alimenter l’unique centrale électrique du territoire pendant une semaine, et une semaine seulement. L’annonce faite par Ehud Barak, avant-hier soir, quelques heures avant la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU sur la situation humanitaire dans ce territoire palestinien, s’inscrit dans la logique des pratiques israéliennes.

Ce n’est pas nouveau, à chaque fois que la communauté internationale fait montre de sourciller, à défaut de se préoccuper réellement du sort du peuple palestinien, Tel-Aviv desserre son étau. Une façon très israélienne de répondre aux critiques l’accusant de violer les principes élémentaires des droits de l’homme en Palestine occupée.

L’annonce de l’assouplissement du blocus, permettant d’alimenter Gaza en carburant, a coïncidé avec la réunion d’urgence de la Ligue arabe au Caire. Le conseil de la Ligue a, de son côté, demandé une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU pour étudier la situation humanitaire dans la bande de Gaza.

Et quand l’organisation onusienne planche à la fois sur le «conjoncturel» (la situation présente) et le «structurel» (le processus de paix au Proche-Orient), mieux valait pour les politiques en Israël faire mine de «comprendre» la gravité de la chose.

D’où la mesure annoncée par Barak. Ainsi, des camions-citernes chargés de 80 tonnes de gaz domestique et de 60 000 litres de diesel ont franchi le terminal routier de Nahal Oz, entre Israël et la bande de Gaza, hier matin. Israël a en outre autorisé la livraison de 360 000 litres de mazout destinés à l’unique centrale de la bande de Gaza qui avait cessé de fonctionner dimanche, faute de carburant.

Le black-out imposé à ce territoire a commencé à produire des effets désastreux. Une véritable catastrophe humanitaire s’annonçait. La pénurie d’essence a frappé de plein fouet les hôpitaux de la ville. De même pour la distribution de l’eau potable et le pompage des eaux usées vers la Méditerranée.

La Croix-Rouge internationale a lancé un cri d’alarme. «Il existe des manques assez chroniques de médicaments à Gaza», a-t-elle déclaré dans un communiqué. L’organisation humanitaire Oxfam a mis en garde, pour sa part, contre «un arrêt complet du réseau d’eau potable et des égouts, qui n’est qu’une question d’heures», ce qui ouvre la voie à l’apparition de maladies.

La situation était telle que l’Agence des Nations unies pour l’aide aux réfugiés (UNRWA) a annoncée, avant-hier soir, l’arrêt de la distribution de l’aide humanitaire à la moitié de la population du territoire, faute de carburant.

Cette interruption devait intervenir demain ou après-demain, mais l’alimentation de la centrale électrique en fuel devrait prolonger l’aide de l’UNRWA, au moins pour quelques jours supplémentaires. Il n’en demeure pas moins que le problème de fond reste posé avec acuité.

Le châtiment collectif des Palestiniens sera maintenu. Le Premier ministre Ehud Olmert se veut inflexible : «En ce qui me concerne, tous les habitants de Gaza peuvent se déplacer à pied et manquer d’essence pour leur voiture car ils sont gouvernés par un régime assassin qui ne permet pas aux habitants du sud du pays de vivre en paix», a-t-il déclaré.

Une véritable sentence, une condamnation à mort de tout un peuple pour la simple raison que ses gouvernants ne sont pas au goût des Israéliens. Aussi, cette situation peut être prolongée à jamais du moment que Gaza restera sous la bannière du Hamas.

«La population de Gaza doit comprendre que tant que le Hamas est au pouvoir, nous ne lui fournirons que le strict minimum», a ajouté le Premier ministre israélien. Pire, la catastrophe humanitaire dans la bande de Gaza est présentée par Israël comme «une propagande du Hamas», car «il n’y a pas de crise humanitaire dans ce territoire», selon les propos du porte-parole du ministère israélien de la Défense.

La réponse du Mouvement de la résistance islamique ne s’est pas fait attendre. En direction des pays arabes, Khaled Mechaâl, chef du mouvement, a lancé un vibrant appel pour sauver le peuple palestinien. «Vous êtes responsables devant Dieu pour chaque Palestinien qui meurt à Gaza.

Si vous ne soutenez pas les Palestiniens, Dieu et vos peuples ne vous le pardonneront pas», a-t-il rappelé aux dirigeants arabes. En direction d’Israël cette fois-ci, l’ancien ministre des Affaires étrangères du gouvernement Haniyah, Mahmoud Al-Zahar, dont le fils a été tué dans l’agression israélienne de mardi dernier, a déclaré sans ambages que la lutte de son peuple se poursuivra.

«Nous vous promettons de continuer sur le chemin du djihad et de la résistance, quels que soient les sacrifices et les souffrances, et ce jusqu’à la victoire ou le martyre», a-t-il lancé. Le négationnisme d’Israël qui veut faire croire au monde entier sa bonne foi en assouplissant un tant soit peu le blocus de Gaza et la justesse de sa réaction de légitime défense ne tient pas devant les faits au quotidien.

Un million et demi de Palestiniens sont en voie de disparition, menacés de mort par la machine de guerre d’Olmert et autres Barak, mais surtout par le black-out, dans tous les sens du terme, imposé par ces faucons en manque de légitimité interne et de respectabilité au niveau international.

M. K.


  La guerre contre le Liban et la Palestine  
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