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Que présage la forte coloration européenne de la FINUL?
Kharroubi Habib, Le Quotidien d'Oran, 28 août 2006
Après la décision de la France de porter à 3.000 soldats au lieu de 200, les effectifs de son contingent dans la FINUL-Liban, d’autres pays européens, jusqu’alors hésitants, ont finalement accepté de contribuer à la formation de cette force. Ce qui augure que celle-ci sera opérationnelle dans les prochains jours, à la satisfaction de l’ONU qui peinait, avant cela, à trouver des contributeurs pour sa mise sur pied. La forte coloration européenne de la FINUL-Liban est saluée comme le gage de son efficacité sur le terrain, un sentiment exprimé, tout à la fois, par Israël, les Etats-Unis et le gouvernement libanais. Mais que ne partagent pas, toutefois et à juste titre, la majorité des Libanais, toutes communautés confondues, défiante elle, à l’égard de cette FINUL dont elle assure ne pas avoir confiance pour empêcher une future agression israélienne contre le Liban. Comme ces Libanais, l’on n’imagine pas du tout les soldats européens faire le coup de feu, dans cette circonstance, contre ceux d’Israël. Et c’est précisément ce que Tel-Aviv a voulu se garantir en faisant pression pour que la Force d’interposition entre son armée et les Libanais soit à composante essentiellement de pays européens amis. Certains parmi ceux-ci n’ont pas fait mystère d’ailleurs qu’ils auraient voulu que cette FINUL se déploie à la frontière syrienne comme si le danger d’agression contre le Liban viendrait de cette direction et non d’Israël. Le secrétaire général de l’ONU, Kofi Annan qui s’est félicité de la contribution substantielle des Européens à la constitution de la FINUl-Liban, n’est pas pour autant dupe de ce que les Américains et Israël voudraient que cette force fasse sur le terrain. Aussi a-t-il pris soin d’avertir qu’«il n’est pas question pour les Européens de s’attaquer au désarmement des milices du Hezbollah». Selon le premier responsable de l’organisation internationale «ce désarmement passera par une solution politique qui est du ressort du gouvernement libanais». Même des pays européens, telle l’Italie, qui ont décidé de contribuer à la FINUL, ont fait part de leurs suspicions quant au rôle que les Etats-Unis et Israël veulent faire jouer à cette force au Liban. Raison alors de se poser des questions sur leur engagement dans cette FINUL, alors qu’en Israël on ne fait pas mystère de la volonté d’en découdre, à nouveau, avec le Hezbollah. Que fera cette force si Israël déciderait de mettre à exécution sa menace? La réponse que font les Libanais à cette question est cause qu’ils assurent ne pas avoir confiance en la Force internationale de l’ONU. Depuis le début de la trêve, les combattants du Hezbollah font preuve pour leur part d’une discipline remarquable, en s’interdisant de répliquer aux provocations de l’armée israélienne. La FINUL, une fois déployée au Sud-Liban se contentera-t-elle de constater ces provocations? Si cela devait être le cas, les combattants du Hezbollah seraient mal avisés d’accepter d’être désarmés avec pour seule garantie la présence de cette force internationale dans le Sud-Liban. |
La guerre contre le Liban et la Palestine | ||||
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