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Opinion Une étape décisivepar Mustapha Chérif (*), Le Jeune Indépendant, 17 août 2006 La fin des hostilités, c’est une victoire pour le Liban, malgré le retard en la matière, un mois après le début de l’agression sioniste sans pareille et les immenses dégâts, plus de la moitié des infrastructures de base sont détruites, plus de 1 000 morts, des milliers de blessés, un million de sans-abri, et des pertes économiques estimées à près de 3 milliards de dollars. Par contre, il y a lieu de retenir des points positifs : - la guerre est désormais illégale et illégitime aux yeux de la communauté internationale, qui appelle à son arrêt officiellement, - le gouvernement libanais, et non pas une force internationale, aura la prérogative de défendre ses frontières, - la résistance n’est ni désarmée ni vaincue, bien au contraire, et Israël doit se retirer jusqu’à la ligne bleue. Quant aux insuffisances du texte de la résolution 1701, elles sont principalement de trois ordres : - la responsabilité d’Israël est occultée, - son droit à l’agression est préservé - les questions de fond, comme l’occupation des terres libanaises de Chabâa et les prisonniers libanais, sont passées sous silence ou presque. Cela est dû au rapport de force favorable aux Etats-Unis et à Israël. Cependant, cinq facteurs ont permis cette victoire : principalement et avant tout, la résistance héroïque sur le terrain. Mais aussi l’unité exemplaire des Libanais toutes tendances confondues, ensuite le rejet de l’agression sioniste par l’opinion mondiale malgré la désinformation, le rôle des médias arabes et enfin l’action de la diplomatie de pays, en concertation avec celle du Liban, soutenue par le sursaut arabe du 7 août à Beyrouth. C’est véritablement une lueur d’espoir pour les Arabes et tous les pays épris de justice et de droit. La partie n’est pas gagnée, mais c’est un répit, une chance pour revoir les cartes et les rapports de force. Israël n’est plus invincible, elle apparaît même en crise après cet échec, et l’hégémonie n’est pas totale. Si le processus de paix tel que conçu il y a 20 ans est mort, aujourd’hui, on peut dire que la résistance libanaise prouve qu’aucune solution durable ne peut être imposée par la force. C’est la première fois depuis 50 ans qu’une guerre israélo-arabe, de surcroît face à un seul pays arabe faible, dure plus d’un mois sans que l’entité sioniste ne domine. La loi du plus fort est en échec. Après un mois de tergiversations, les forces dans le monde attachées au droit et au multilatéralisme, comme principes des relations internationales, ont enregistré un acquis, faible, mais salutaire, vu l’arrogance israélo-américaine. Cet acquis est précieux. Premièrement, la prise de conscience du danger de ce nouveau fascisme impérial américano-sioniste que la politique du chaos et l’ambition violente d’hégémonie sur les pays arabes et partant sur le monde sont à terme vouées à l’échec. Deuxièmement, la stratégie de combat du modèle algérien, né avec l’épopée du 1er Novembre, fondée sur la guérilla, en acceptant les sacrifices pour réaliser les nobles objectifs, se confirme comme supérieure à la technologie et à la puissance matérielle. Troisièmement, une cause juste reste plus forte que toutes les agressions de soldatesques puissamment armées. En conclusion, le monde arabe est face à un frémissement, à une possible nouvelle étape de son histoire. Il doit, en conséquence, vu les difficultés de l’entité sioniste, tenter de consolider et d’élargir cette percée, pour obtenir une paix juste et point des compromissions et des trahisons. Notamment en ce qui concerne la question de fond, les droits du peuple palestinien. Sans omettre la demande de réparations des graves destructions et spoliations, ainsi que la poursuite des criminels de guerre en justice. La bataille du droit et celle de l’information sont vitales pour soutenir la résistance sur le terrain. Reste à nos sociétés à accélérer la démocratisation interne et la formation d’un citoyen responsable, en appui à l’action de l’Etat. On ne peut faire face à un défi quelconque sans la participation des masses. Tout en œuvrant à réduire les sources de tous les obscurantismes et arriération d’un côté et celles du suivisme et de l’occidentalisation aveugle d’un autre côté, deux dérives qui défigurent et sapent nos valeurs. Tout cela dans l’ouverture vigilante au monde et l’alliance avec nos amis et partenaires. Il n’y a pas d’autre voie pour sortir des logiques suicidaires pour tous, celles du choc et du chaos que les forces libéralo-fascistes, marquées par la haine de l’islam et les extrémismes intolérants, veulent nous imposer. Il y a encore un avenir, malgré les immenses difficultés. Coexister, dialoguer, vivre ensemble, c’est incontournable. Ce que les citoyens musulmans revendiquent, c’est la justice. Les résistances arabes, aussi bien au Liban qu’en Palestine, comme hier en Algérie, sont salutaires pour le monde entier. C’est ce message que l’on doit transmettre de par le monde. M. C. (*) Philosophe algérien. |
La guerre contre le Liban et la Palestine | ||||
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