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Liban: Erreur d'appréciationpar K. Selim, Le Quotidien d'Oran, 10 mai 2008 Même les profanes le savent désormais: une guerre commence par la destruction du système de communication de l'ennemi. En prenant la décision de suspendre le chef de la sécurité de l'aéroport et en décrétant «illégal» le système de communication du Hezbollah, le gouvernement libanais semble avoir totalement sous-estimé la riposte du Hezbollah. Que le Hezbollah dispose de son propre système de communication n'est pas un secret et il a été la clé de sa résistance et de sa capacité de riposte lors de la guerre israélienne de l'été 2006. Ce système existait quand le Hezbollah faisait encore partie du gouvernement avant novembre 2006. Le groupe du 14 Mars n'y avait pas vu une atteinte à «l'autorité de l'Etat». Le Liban est dans une grave crise politique mais toutes les parties fonctionnaient sur l'accord tacite que les empoignades doivent demeurer sur un terrain purement politique. Cela signifie concrètement s'abstenir de tout acte qui pourrait être perçu par l'autre partie comme un passage des méthodes non politiques. Les armes de la résistance, son existence même, ont été les causes de la guerre, vaine, menée contre le Liban par Israël avec l'appui des Etats-Unis. Les Américains n'ont pas abandonné cet objectif. Le groupe au pouvoir, très lié aux Américains et aux Saoudiens, sait que la question des armes est sensible et qu'elle n'est soluble que dans le cadre d'un arrangement politique entre Libanais. En prenant ses mesures contre le Hezbollah, à la demande de Walid Joumblatt, encore une fois mal inspiré, le gouvernement libanais s'est tendu un piège et a fait preuve d'un grave manque de sens politique. Comment un mouvement de résistance dans le collimateur des Etats-Unis et d'Israël - la guerre de l'été et le récent assassinat de Imad Moughnieh par le Mossad montrent que ce n'est pas de la paranoïa - pouvait-il évaluer de telles mesures autrement que comme un acte de guerre ? Dans une implacable logique militaire que Hassan Nasrallah y a vu le commencement d'une guerre. Son but, selon lui, est de briser la chaîne de commandement, vitale pour la résistance, et dévoiler ses dirigeants dont la liquidation physique est ouvertement programmée par Israël. S'agissait-il pour l'inspirateur de la mesure, Walid Joumblatt, qui a dû en référer aux Américains, de mettre à l'épreuve le Hezbollah ? Dans ce cas, il a la preuve qu'il a fait une terrible - une de plus - erreur de calcul. Le Hezbollah a choisi de riposter. Saad Hariri a compris, tardivement, cette perception du Hezbollah. Il cherche à sortir du piège dans lequel son gouvernement s'est enferré en parlant de «malentendu» et en demandant à ce que ces mesures soient laissées à l'appréciation de l'armée. La tentation de recourir au coup de force pour sortir du blocage est un grave risque pour l'existence même du Liban. Les mesures annoncées par le gouvernement sont inapplicables, elles braquent inutilement un acteur essentiel sur la scène libanaise tout en mettant en péril l'unité de l'institution militaire. Compter sur les appuis extérieurs pour se dispenser d'une recherche d'un consensus politique national acceptable est une dramatique erreur d'optique. Le Liban n'y survivra pas. Il faut espérer que les acteurs politiques se décident enfin à nationaliser définitivement la solution et s'abstiennent de suivre les recommandations mal inspirées aux conséquences mortelles. |
La guerre contre le Liban et la Palestine | ||||
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