L'ONU demande une enquête "impartiale" sur l'attaque de la flottille par Israël

NouvelObs, 1 juin 2010

NATIONS UNIES (AP) — Après plusieurs heures de négociations, le Conseil de sécurité de l'ONU a demandé une enquête impartiale sur l'opération meurtrière de l'armée israélienne contre une flottille humanitaire à destination de la Bande de Gaza, et condamné ces "actes" qui ont coûté la vie à dix personnes.

Après la réunion d'urgence et des négociations marathon, les 15 membres du Conseil de Sécurité ont diffusé mardi un communiqué plus nuancé que la demande initiale de la Turquie, des pays arabes et des Palestiniens qui avaient demandé une condamnation dans "les termes les plus forts" et "une enquête indépendante internationale".

Dans le communiqué présidentiel lu lors d'une réunion formelle, le mot "indépendante" a été remplacé par "une enquête rapide, impartiale, crédible et transparente, en conformité avec les règles internationales". La condamnation ne mentionne pas Israël.

Les Palestiniens et les pays arabes, soutenus par certains membres du Conseil de sécurité comme la Turquie, avaient également appelé Israël à lever le blocus de la Bande de Gaza, à libérer immédiatement les militants interpellés, et permettre d'acheminer l'aide jusqu'à Gaza.

Le secrétaire-général adjoint Oscar Fernandez-Taranco a déclaré lors de son discours devant le Conseil de sécurité que l'assaut de l'armée israélienne lundi matin aurait pu être évité "si les appels répétés lancés à Israël pour mettre un terme à ce blocus contreproductif et inacceptable de Gaza avaient été pris en compte".

Le ministre turc des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu, allié de longue date de l'Etat hébreu, a qualifié cette opération de "banditisme et de piraterie" en haute mer et de "meurtre perpétré par un Etat". La majorité des militants à bord des bateaux étaient apparemment turcs.

Dans le projet de texte obtenu par l'Associated Press, il était demandé de condamner l'attaque dans "les termes les plus forts", en tant que violation du droit international. Il appelait le secrétaire-général Ban Ki-moon à diligenter "une enquête indépendante internationale (...) afin de déterminer comment ce bain de sang a pu se produire et de s'assurer que les responsables soient reconnus".

Un peu plus tôt, Ban Ki-Moon s'était déclaré "choqué par ces morts". "Il est vital qu'une enquête complète soit menée pour déterminer exactement comment ce bain de sang s'est produit".

Des consultations ont été menées en parallèle entre les Etats-Unis, la Turquie et le Liban, qui assure la présidence tournante du Conseil. AP

ljg/v

  La guerre contre le Liban et la Palestine  
www.algeria-watch.org