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L’enfermement idéologique de Bush
Par K. Selim, Le Quotidien d'Oran, 16 août 2006
Personne ne s’attendait à ce que le chef de l’administration américaine, qui était étroitement impliquée dans la préparation et la mise en oeuvre de la guerre israélienne contre le Liban, admette que la résistance libanaise est sortie renforcée de l’épreuve. D’autres, aux Etats-Unis et même en Israël, font le constat de l’échec de l’armée israélienne à atteindre les objectifs qui lui ont été fixés. La résistance libanaise n’a jamais prétendu qu’elle pouvait vaincre une armée suréquipée, mais elle avait d’emblée indiqué qu’elle l’empêchera de vaincre. Si l’objectif était de préparer la « grande attaque » contre l’Iran, les militaires américains, qui ne sont pas tous des idéologues, doivent revoir leur dossier à la lumière de ce qui s’est passé au Liban. Mais le plus consternant est d’entendre encore le président américain présenter une agression militaire, qui a ciblé essentiellement, pour ne pas dire exclusivement, des civils et des infrastructures civiles, sous le label de la « démocratie » et de la « liberté ». La seule explication plausible de ce discours aberrant pour tous les militants de la démocratie et des droits de l’homme dans le monde arabe est que le président américain est aussi enfermé dans une bulle idéologique que l’étaient les staliniens du parti communiste de l’Union soviétique. On est dans la perfection absolue de l’idéologie, celle qui aveugle absolument. Qui dans le monde arabe, surtout parmi ceux qui sont dans les oppositions aux régimes, peut se faire la moindre illusion sur des vertus démocratiques des actions des Etats-Unis au Moyen-Orient ? Personne ! Aucune entreprise censée aider les sociétés civiles ne résiste dès lors qu’elle est soutenue par les Américains. La tentative de créer, à travers la chaîne Al-Horra, une alternative à Al-Jazeera provoque des plaisanteries. Dans cette guerre « démocratique » contre le Liban, la chaîne saoudienne Al-Arabiya a perdu une très grande partie de son auditoire en raison de sa retenue très saoudienne, alors qu’Al-Jazeera a battu des records d’audience. La chaîne Al-Manar, cet « antre de la subversion », est devenue le must de tous les Arabes. Même les tentatives lamentables du palais saoudien de susciter des fatwas perverses contre le « hizb-Allah » ont fait long feu. Il y a au sein de l’administration américaine une tendance à ne pas voir les réalités qui est le travers mortifère de toutes les idéologies fermées. Et jamais sans doute une administration américaine n’a été aussi enfermée que celle de Monsieur Bush. Si rien ne marche de l’Irak au Liban, on ne se pose pas des questions, on refait la même chose en comptant sur la force et la puissance de feu. Et l’on s’obstine à habiller cela d’un discours sur la liberté et la démocratie. C’est absurde. Au lendemain du 11 septembre 2001, la grande question américaine était pourquoi « ils nous haïssent ». Cinq ans après, cette question paraît totalement mal posée. Dans le monde arabe, dans tous les spectres politiques, quand on parle de l’administration Bush, on a une grande question: pourquoi détester la démocratie et les droits de l’homme pour les Arabes ? |
La guerre contre le Liban et la Palestine | ||||
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www.algeria-watch.org
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