|
|||||
Désescalade au Liban: L'armée annule les décisions du gouvernementpar K. Selim, Le Quotidien d'Oran, 11 mai 2008 On craignait un point de non-retour et on assistait, hier, à un début de reflux. L'armée a tranché de manière décisive en annulant les mesures gouvernementales qui ont mis le pays sur le chemin de la guerre civile. Fouad Siniora, le chef du gouvernement libanais, tout en accusant le Hezbollah d'avoir commis un «coup d'Etat» a critiqué l'armée pour sa passivité et lui a demandé de rétablir la paix civile. Il lui a donné, malgré lui peut-être, les moyens de sa politique en indiquant que les deux mesures du gouvernement qui ont mis le feu aux poudres - le limogeage du chef de la sécurité de l'aéroport, Wafic Choukaïr, et la mise hors-la-loi du système de communication du Hezbollah - étaient laissées à son appréciation. Des mesures qualifiées par le Hezbollah de «déclaration de guerre» commandée par les Américains. L'armée libanaise, véritable reflet de la société libanaise, n'a pas hésité à trancher, vite, en gelant les décisions controversées du gouvernement et en appelant au retrait des hommes armés des rues. Le chef de la sécurité de l'aéroport, le général Wafic Choukaïr, restera en place et l'armée se chargera elle-même de la question du réseau de communications du Hezbollah d'une façon «qui ne nuise ni à l'intérêt public ni à la sécurité de la résistance». L'opposition a montré une réceptivité immédiate et a commencé à retirer ses hommes armés des rues de Beyrouth tout en annonçant qu'elle allait poursuivre la «désobéissance civile». Un responsable du mouvement Amal a indiqué que l'opposition met «fin à toute présence armée à Beyrouth afin que la capitale soit dans les mains de l'armée». Les combats entre partisans du gouvernement et ceux de l'opposition ont fait 34 morts depuis jeudi et faisaient craindre un retour aux années sombres de la guerre civile. A Beyrouth, deux personnes ont été tuées et 20 blessées dans des tirs contre une foule participant à des funérailles. Dans le nord du Liban, à Halba, 14 personnes ont péri lors de violents combats entre militants du Parti social nationaliste syrien et partisans du Courant du Futur, le parti sunnite de Saad Hariri. Retour à la bataille politiqueL'annulation des mesures gouvernementales ouvre la voie à un retour à la bataille politique classique. En dépit des reproches de passivité lancés par Fouad Siniora, l'armée libanaise a géré au mieux les conséquences vertigineuses de mesures, exigées par Walid Joumblatt. Hier, dans une conférence de presse, Walid Joumblatt faisait preuve d'une modération inhabituelle et a estimé que le «dialogue est la seule issue» à la crise actuelle. Il a regretté les exécutions dont ont été victimes des militants du Hezbollah à El Djebel. Le ton de Walid Joumblatt était celui qui venait de découvrir les conséquences des mesures qu'il a exigées du gouvernement, sous la menace de retirer ses ministres selon des sources journalistiques libanaises. L'armée libanaise a en définitive fait le meilleur choix possible en choisissant d'éviter une implication dans le conflit qui aurait été mortel pour son unité. Les responsables de l'armée, quitte à déplaire au gouvernement, l'ont préservé comme recours. Un recours que Fouad Siniora a d'ailleurs utilisé pour sortir du piège dans lequel le Liban a été entraîné en raison de décisions dont il n'a pas calculé les conséquences. En retirant immédiatement ses hommes armés, l'opposition a signifié qu'elle menait une bataille politique et n'avait pas des pulsions putschistes. Ce début de reflux intervient à la veille de la réunion ministérielle arabe d'urgence, à l'appel de l'Egypte et de l'Arabie Saoudite, qui se tiendra aujourd'hui au Caire. Le président syrien Bachar al-Assad a précédé les choses en s'opposant à une «internationalisation» de la crise, répétant qu'il s'agit d'une «affaire intérieure libanaise». «Les Etats arabes doivent assumer leurs responsabilités au sujet de la situation au Liban», a estimé samedi Amr Moussa, secrétaire général de la Ligue arabe. |
La guerre contre le Liban et la Palestine | ||||
|
www.algeria-watch.org
|
|||||