|
|||||
|
Dix jours d’agression israélienne Liban : 10 clés pour comprendrePar : Rédaction de Liberte, 22 juillet 2006 Un zoom en dix points pour tenter de saisir les enjeux du moment pour une meilleure visibilité dans un conflit qui semble s’esquisser pour un long moment et redéfinir un autre Proche-Orient. Pourquoi Olmert a sombré dans l’entêtement. 95% des Israéliens approuvent la guerre contre le Hezbollah et les bombardements au Liban. Le Premier ministre israélien Olmert peut se targuer de réussir là où avait échoué Sharon en ayant une cote de popularité digne des sondages des dictatures les plus unanimistes. C’est d’autant plus “flatteur” pour Olmert qu’il est un civil, ce qui est anachronique dans l’histoire des cabinets israéliens. Reste que cette euphorie ne saurait résister au temps du moment que Olmert et l’ancienne colombe Peretz, devenu ministre de la Défense, ont promis une “victoire rapide” qui risque de ne pas se dessiner au regard des difficultés de l’armée israélienne à briser le Hezbollah. D’ailleurs, de plus en plus de voix contradictoires sont en train de s’élever en Israël pour ne pas lancer une offensive terrestre qui risque d’être confrontée à une guérilla féroce et entraînée des partisans de Nasrallah et s’embourber dans une guerre de longue haleine. Après dix jours, Olmert a eu sa période de grâce, et le temps ne joue pas forcément en sa faveur. Damas ne veut pas être la cible collatérale. Devenue la plaque tournante de l’exode du Liban, Damas arrive à garder un équilibre subtil et joue son va-tout. Le pouvoir de Bachar Al-Assad sait qu’il joue, à travers cette guerre, la survie du régime des Alaouites et fait tout son possible pour qu’Israël ne l’entraîne pas dans un conflit ouvert, propice à des bombardements sur la Syrie. L’armée libanaise, dont les promotions ont été régentées par Damas, pourrait être plus loyale à Lahoud, le Président, qu’à l’actuel gouvernement. De ce fait, Damas ne serait pas forcément gêné par une offensive terrestre au Liban-Sud car elle dispose de relais efficaces dans la zone. Bachar Al-Assad a réussi un premier pari diplomatique de ne pas voir son pays associé, de manière probante, aux actions du Hezbollah, quelles que soient les affirmations des officiels américains et israéliens. Quand l’Iran se réconcilie avec le Hezbollah. Le guide de la Révolution iranienne, Ali Khameneï, l’a bien dit. Le Hezbollah est en train de combattre pour tous les chiites et représente l’espoir, sur le terrain militaire, pour contrer Israël. Téhéran a profité de cette crise pour durcir définitivement sa position sur le dossier nucléaire et continue de narguer Tel-Aviv sans s’impliquer militairement par l’envoi d’armes au Hezbollah. Autant que la Syrie, l’Iran se positionne comme protecteur des Alaouites de Damas et parrain “moral” du Hezbollah avec lequel il a coupé les ponts depuis que Nasrallah avait choisi de participer au gouvernement libanais. La crise a permis de rapprocher définitivement l’Iran avec son ancien protégé, comme au bon vieux temps où ils avaient chassé les Américains de Beyrouth à coups de camions piégés. Pourquoi l’économie libanaise dérange Israël. Capitaux bancaires arabes, hôtels de grand luxe, magasins d’enseignes prestigieuses et un aéroport international de haut standing, le Liban avait repris son envol économique, même avec une dette publique parmi les plus importantes au monde (38,8 milliards de dollars, soit 170% du PIB) et commençait à générer un matelas de dollars (13 milliards de dollars de réserves). Israël ne pouvait se contenter d’observer le réveil d’une puissance économique régionale à même de la concurrencer comme le prouvent les 20 000 touristes de différentes nationalités qui sont obligés d’évacuer le Liban en catastrophe. Pourquoi le Hezbollah est confiant. Selon le revue militaire Jane’s, le Hezbollah est proche par ses méthodes des “Vietcongs”. Une comparaison qui trouve sa justification dans la motivation des combattants du Hezbollah, leur mobilité, leur détermination au sacrifice et leur entraînement intensif aux techniques des guérillas. Le Hezbollah a eu le temps de se préparer en construisant une série de bunkers au Liban-Sud, mais c’est surtout le cloisonnement extrême de la direction et des commandos du Hezbollah qui fait de cette organisation un mouvement invisible. L’aviation israélienne ne sait pas trop sur qui elle tire, et il leur a fallu l’aide d’espions arabes, dont une vingtaine ont été exécutés par le Hezbollah, pour pointer des lasers sur les appartements d’où sont lancées des roquettes sur Haïfa et faciliter les bombardements. À ce jeu, le Hezbollah est beaucoup plus flexible qu’une armée israélienne qui s’appuie sur des forces blindées qui sont des proies faciles aux mines et aux attaques à la bombe. De plus, Israël a concédé que le Hezbollah possédait des armes que le Mossad n’est jamais arrivé à répertorier. Comment Bush gagne du temps pour Israël. Condi Rice est venue présenter devant la presse, hier, l’idée qu’il existe un plan pour le Proche-Orient. En plus clair, “attendez que j’aille dans la région pour vous dire de quoi il s’agit”. L’administration Bush, qui a donné une semaine à Olmert, une sorte de “licence to kill”, a négligé le poids de la pression internationale car aucun pays, notamment européen, ne semble disposé à “cautionner” la poursuite des frappes israéliennes. L’idée d’une force internationale fait son chemin, alors que Bush subit une autre forme de pression des Israéliens qui leur demandent de fournir des bombes à perforation comme celles utilisées à Tora Bora contre Oussama Ben Laden, afin de percer les bunkers où se seraient réfugiés Nasrallah et son commandement. Il est clair que les États-Unis ne feront rien pour convaincre les Israéliens de cesser cette guerre du moment qu’Israël se retrouve en position de force militaire rapide face à la Syrie et l’Iran, deux pays que Bush rêve d’envahir si jamais il sortait rapidement du bourbier irakien. Ce qui n’est pas demain la veille. Pourquoi l’échec de l’ONU est annoncé. Le Ghanéen a prouvé encore une fois les limites de la loyauté envers Washington et son agilité à présenter, sans sourciller, des plans de paix mort-nés. Le dernier en date a réussi à mettre d’accord aussi bien le Hezbollah que les Israéliens, ce qui est en termes diplomatiques un “exploit” du moment que les deux protagonistes le refusent. Annan, dont le mandat se termine bientôt, a prouvé également que les appels du Conseil de sécurité ne résistent pas à la réalité du terrain. Pourquoi les Arabes sont aussi divisés. Solidaires de Siniora, le PM libanais, et sceptiques face au Hezbollah, les régimes arabes, mis à part les plus ciblés (Syrie notamment) sont coincés entre deux chaises. Soit ils cautionnent le Hezbollah (mouvement chiite, par ailleurs) et accréditent le fait que des résistances armées peuvent faire partie intégrante d’un gouvernement arabe (le cas de l’alliance au Liban), ce qui risque de créer un phénomène de contagion surtout au sein des mouvements islamistes, soit ils s’agitent. C’est la seconde option qui recueille les suffrages quand on observe les divisions arabes pour la tenue d’un sommet. Entre des monarchies du Golfe qui craignent l’émergence du fameux croissant chiite, qui s’appuiera sur les minorités chiites dans les monarchies, des états qui n’osent pas dénoncer leurs accords avec Israël malgré les massacres (Égypte, Jordanie, Bahreïn, Qatar, Maroc), et les inflexibles lointains (Libye et Algérie), le sommet arabe est plombé d’avance, surtout que Rice a décidé de consulter les régimes pro-israéliens. Autant demander à Moubarek s’il a envie de ne plus vendre du gaz à Israël et se priver de 2 milliards de dollars par an. Est-ce que Israël peut perdre la guerre de l’info. Al-Jazeera et Al-Arabiya donnent un autre son de cloche sur le conflit comme ce fut le cas en Irak et en Afghanistan. La puissance médiatique israélienne s’est exercée durant des guerres où les Arabes ne disposaient pas de chaînes de télévision et étaient abreuvés de grilles de lecture occidentales, forcément pro-israéliennes. L’impact des images des bombardements attise le feu de la rue arabe, et même les médias occidentaux ont du mal, cette fois-ci, à justifier les frappes israéliennes qui sont aussi disproportionnées que ciblées contre des objectifs qui n’ont rien à voir avec le Hezbollah. La guerre de l’information s’est équilibrée en faveur des Arabes. Comment Israël utilise le Liban contre la Palestine. La victime de ce conflit est également le peuple palestinien. La focalisation sur le Liban donne un prétexte en or pour l’armée israélienne de poursuivre ses incursions à Gaza et de cibler les militants du Hamas. Derrière le chaos libanais se dissimule un autre drame qu’Israël veut maintenir à huis clos avec l’objectif de provoquer une guerre civile palestinienne.Or, aussi bien le Hamas que Mahmoud Abbès ne sont tombés dans ce piège, mais se retrouvent relégués au second plan, alors que la population palestinienne est affamée. Mounir B./S. TAmani
Dans un entretien accordé à la chaîne Al-Jazeera Nasrallah persiste à défier IsraëlLe chef du Hezbollah a réitéré, jeudi soir, son refus de libérer les soldats israéliens et affirmé que sa capacité de combat est restée intacte. “Le monde entier ne réussira pas à libérer les deux soldats israéliens prisonniers que par le biais de négociations indirectes, dans le cadre d'un échange de prisonniers”, a déclaré le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, dans un entretien à la chaîne qatarie Al-Jazeera, jeudi passé. Le patron du Hezbollah a affirmé que “la capacité de résistance de ses combattants reste intacte”, démentant les informations israéliennes faisant état de la destruction de 50% de ses capacités. “Nous disons à Israël que la guerre est à ses débuts”, a-t-il déclaré. “Toutes les déclarations d'Israël affirmant avoir frappé 50% de notre potentiel de missiles et de notre arsenal ne sont que des paroles erronées”, a-t-il notamment indiqué. “Ils n’ont, jusqu'à présent, rien pu frapper dans ce domaine et je le confirme”, affirme cheikh Seyyed Hassan Nasrallah, tout en précisant que “la direction du Hezbollah n'a pas été touchée”, avant d’assurer que sa formation “continue à mener calmement la bataille sur le terrain”. Pour rappel, le premier responsable du mouvement chiite avait affirmé, le 12 juillet dernier, date du début des hostilités : “Notre objectif, en capturant ces deux soldats, est de procéder à un échange, nous ne voulons pas entraîner le Liban dans une guerre.” K. A. |
La guerre contre le Liban et la Palestine | ||||
|
www.algeria-watch.org
|
|||||