ALI GHERBI, PORTE-PAROLE DU MOUVEMENT CITOYEN DES AROUCH

“On veut me tuer”

Le Soir d'Algérie, 27 février 2006

A en croire Ali Gherbi, porte-parole du mouvement citoyen des arouch, sa vie serait en danger. Des “groupes d’intérêts” projetteraient d’intenter à sa vie. Pour alerter l’opinion publique du “complot”, le mouvement citoyen compte organiser le 2 mars prochain une marche populaire au niveau de la commune d’El-Kseur dès 15h en signe de protestation et de solidarité avec leur porte-parole. Joint hier au téléphone, il livre dans cet entretien express les tenants et les aboutissants de cette “affaire”…

Le Soir d’Algérie : La Sûreté de daïra d’El- Kseur vous a informé que votre nom figurait sur une liste de personnes que le GSPC projetait d’assassiner. Qu’en est-il vraiment ?
Ali Gherbi : J’ai effectivement été convoqué par la police judiciaire de la Sûreté de daïra d’El-Kseur. Je me suis présenté en compagnie de plusieurs délégués et représentants de la société civile. J’ai été reçu par le commissaire principal en personne le 23 février à 10h 20 min. Il m’a fait savoir que, selon un rapport adressé par les services sécuritaires de l’Est, mon nom figurait sur une liste nominative de personnes en danger de mort. Selon le commissaire principal, ladite liste émane du GSPC. Lorsque j’ai demandé au commissaire une copie dudit fax, il m’a signifié que la réglementation lui interdisait de me le remettre ; j’ai néanmoins signé un PV dans lequel j’atteste avoir pris connaissance du danger que j’encours. A la fin de notre entretien, il m’a proposé de m’affecter une garde rapprochée, ce que j’ai refusé. J’ai cependant pris quelques précautions depuis que j’ai été informé et attends de pouvoir disposer dudit fax.
L. S. : Mais qui a intérêt à vous tuer ?
A. G. : Ce que je peux dire, c’est que, depuis quelque temps, nous commençons à gêner un nombre important de personnes. La plate-forme d’El- Kseur qui véhicule un modèle démocratique où tout le monde est en droit de prendre la parole, ce qui semble déranger. Bien avant 2001, nous sommes en confrontation idéologique avec le pouvoir en place. Avant d’en arriver là, il y a eu beaucoup de signes avant-coureurs qui auraient dû nous alerter. C’est apparemment la dernière carte qu’abattent nos détracteurs mais je n’ai pas peur. La liquidation physique ne servira à rien puisque l’idéologie survit aux personnes.
L. S. : En plus d’alerter l’opinion publique, vous envisagez une action de protestation. Peut-on en savoir plus ?
A. G. : Nous a v o n s appelé à l’organisation d’une marche populaire le 2 mars prochain à la place de la mairie d’El- Kseur. C’est une action limitée géographiquement. C’est une décision qui émane des différents délégués qui n’excluent pas d’élargir la protestation au niveau de la wilaya .
N. I.

La DGSN confirme
Contacté hier, M. Khaled Amara, responsable de la communication au niveau de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN), a confirmé l’information, affirmant que la Sûreté de daïra d’El-Kseur avait effectivement convoqué Ali Gherbi qui a été informé que son nom figurait sur une liste nominative du GSPC.

   
www.algeria-watch.org