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KABYLIE Un appel à la grève sans aucune consigne de voteLe Quotidien d'Oran, 29 septembre 2005 À la veille du référendum et bien des jours après la sentence constantinoise du Président concernant l’officialisation de tamazight, la Kabylie vit dans une sorte de consternation. Amertume, déception et incrédulité. Les animateurs du mouvement citoyen, particulièrement les membres de la délégation qui a entamé le dialogue avec le représentant de l’Etat, Ahmed Ouyahia déclarent ne rien comprendre à cette déclaration du président de la République alors que les choses étaient sur la bonne voie pour la mise en oeuvre de la plate-forme d’El-Kseur dont il a reconnu la légitimité. Pour marquer leur désapprobation et se démarquer des propos du président de la République les ârouchs ont décrété, par l’entremise de l’interwilaya, pour aujourd’hui, jour du référendum, une grève générale dans toute la région. L’on n’ose même pas croire et faire le parallèle avec la déclaration du même type qu’il avait faite en 1999, à Tizi-Ouzou, lorsqu’il a martelé que tamazight ne sera jamais langue nationale et de se rétracter des années après pour l’inscrire dans la constitution par une ordonnance. «Il a tellement répété sa déclaration après le meeting de Constantine que cela démontre qu’il est déterminé», a souligné un délégué de Tizi Ouzou. Ce qui se confirme, pour lui, à travers les propos de Belkhadem qui a nié qu’il y ait eu un quelconque engagement de la part du gouvernement ou de l’Etat vis-à-vis de cette question. Les ârouchs ne se sentent pas seuls déçus puisqu’ils voient, à travers le refus du Président de satisfaire cette ultime revendication, un discrédit de son propre représentant, le chef du gouvernement qui a pris au nom de l’Etat des engagements et signé un accord de principe avec ses interlocuteurs. «Il n’y aura aucune confiance, à l’avenir, entre la Kabylie et le pouvoir», a conclu notre interlocuteur. Surtout pas avec le Président à qui revient, à lui seul, la décision. Même si une minorité continue de croire à la possibilité de reprise du dialogue, la tendance lourde plaide pour la rupture de tout contact avec Ahmed Ouyahia. C’est d’ailleurs cette majorité qui l’a emporté en adoptant la grève générale. Toutefois, concernant le scrutin, aucune décision, ni instruction n’a été prise. On comprend par la décision de faire la grève générale, une manière de répondre au discours du Président. Mais le débat reste ouvert, malgré cette tendance à la rupture dictée évidemment par la déception suite à «la bombe de Constantine», déclare un délégué de Béjaïa. «Le processus est compromis», a-t-il tranché. Pour l’instant, les villes et villages de Kabylie se sont mis aux couleurs de l’appel à la grève affiché partout. Une certaine tension se fait ressentir et fait penser aux précédents scrutins marqués par la violence, les affrontements pour empêcher le vote. Mais l’on se veut rassurant du côté des ârouchs qui insistent sur le fait qu’ils n’ont donné aucune consigne de vote. Rassurant certes, mais pas suffisant pour tourner la page «noire» de la Kabylie, estime-t-on. Djilali B. |
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www.algeria-watch.org
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