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Le «qui tue qui» en Bilad Errafidinepar Mohamed Zaâf, Le Jeune Indépendant, 2 août 2005 «Si l’Algérie n’avait pas adopté la politique de réconciliation nationale, jamais les diplomates n’auraient été assassinés.» Des propos lourds de sens proférés par cheikh Abassi Madani, le président du FIS dissous mais aussi le promoteur de la «moubadara», un projet de réconciliation nationale sur la base d’une solution politique à même d’en finir avec la crise que vit le pays. Une phrase qui suppose chez son auteur que le «qui tue qui ?» a pris le tapis volant pour Bagdad, une ville qui, actuellement, se prête merveilleusement au jeu macabre qui fauche quotidiennement des dizaines de vies humaines. Comme chez nous, il y a quelques années. A la différence que les acteurs y sont multiples et que nos frères Irakiens vivent et résistent à une occupation étrangère les soumettant à l’une des guerres subversives les plus atroces qu’a connues l’humanité. Une guerre subversive qui ouvre la voie à toutes les actions perfides et permet d’essuyer tranquillement le couteau sur le bon dos du «terrorisme islamiste». Abassi Madani affirme que l’assassinat de nos deux diplomates a été «commandité dans l’objectif de brouiller les cartes» afin d’empêcher la réconciliation nationale telle qu’envisagée par le président Bouteflika. Car «beaucoup de personnes n’ont aucun intérêt à ce que la situation redevienne stable» en Algérie, expliquait-il. Or, Abassi Madani n’est pas le seul à parvenir à de telles conclusions et rares sont les Algériens qui avaient avalé la version qui leur était vendue sur les médias. Les revendications suivies de démentis entrecoupés de «révélations» trop précises du GSPC, agrémentées de ce qui est apparu à une partie de l’opinion comme une manipulation d’un Ali Benhadj, plus crédule que jamais, ne faisaient en fait que renforcer les doutes chez nos compatriotes. Les plus avisés ne manquent pas de relever la première réaction de la France qui exprimait son «étonnement» sur l’enlèvement des deux diplomates alors que les Etats-Unis et la Grande-Bretagne exprimaient leur condamnation du rapt. D’autres mettent en évidence la «protection» américaine des sites djihadistes dont celui du GSPC. Les changements en cours, annonciateurs d’un profond bouleversement, ne sont pas non plus écartés des analyses de certains pour trouver une explication au double meurtre de Bagdad. A Alger, même le pouvoir se montre prudent et évite d’user de l’exutoire islamiste. La longue expérience algérienne a fait qu’il n’a pas déchargé la colère nationale sur les coupables qu’on lui désignait. Dans une réaction lucide, au lendemain de l’assassinat de nos deux compatriotes, le communiqué de la présidence soulignait que l’Algérie «n’a jamais donné dans l’amalgame» et affirmait sa détermination «à poursuivre son action internationale au bénéfice de tous les peuples et singulièrement de ceux qui sont privés de leurs droits légitimes». Parmi ces peuples figurent évidemment le peuple palestinien et le peuple irakien. Leurs ennemis sont les nôtres ! M. Z. |
Diplomates enlevés et assassinés en Irak | ||||
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www.algeria-watch.org
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