|
|||||
Interrogations autour de l’assassinat de nos deux diplomatespar Zouaoui Mouloud, Le Jeune Indépendant, 1 aout 2005 Cinq jours après l’annonce de l’assassinat de nos deux diplomates à Bagdad, Ali Belaroussi et Azzeddine Belkadi, des interrogations fusent de toutes parts tant l’événement a laissé groggy l’opinion publique. Abasourdis aussi bien par l’enlèvement que par la rapidité de l’assassinat, beaucoup ont eu du mal à accepter cet événement inédit dans les annales de la diplomatie algérienne. Des voix commencent à demander des explications sur la nomination et l’affectation d’un chargé d’affaires à Bagdad alors que notre ambassadeur en titre est réfugié, depuis la chute du régime de Saddam Hussein, à Amman, en Jordanie, passant son temps à se disputer les buffets mondains auprès du royaume hachémite. Joint à plusieurs reprises pour savoir si nous avons un ou deux ambassadeurs à Amman, le ministère des Affaires étrangères a préféré s’inscrire aux abonnés absents. Les seules explications fournies avec parcimonie révèlent que le défunt Belaroussi était chargé de la gestion financière de l’ambassade et s’occupait des intérêts de la petite communauté algérienne en Irak. Un argument qui n’explique pas le maintien de l’ambassadeur loin d’un Irak ravagé par la guerre, tout en affectant un subalterne sur place. Beaucoup s’interrogeaient par ailleurs sur les raisons du non-rapatriement de nos diplomates en poste à Bagdad, après l’enlèvement et l’assassinat du chargé d’affaires égyptien. L’enlèvement d’Ihab Al Sharif et les attaques contre les diplomates bahreiniens et pakistanais auraient dû amener à l’évacuation, même à titre temporaire, de notre personnel vers Amman, au même titre que l’ambassadeur. Une évaluation erronée du risque encouru par nos diplomates était-elle à l’origine de leur maintien à Bagdad, alors que le groupe de Zarkaoui avait clairement condamné tout diplomate sur le sol irakien ? Comparant ce qui est arrivé à nos deux diplomates aux péripéties vécues par les otages des autres pays, l’opinion publique choquée dans sa majorité par l’assassinat, ne comprend pas pourquoi le gouvernement n’a pas privilégié la visibilité en déplaçant à Bagdad, même pour la forme, un ministre ou un cadre supérieur des Affaires étrangères. Durant les six jours qu’a duré leur détention, il était possible de mobiliser la classe politique, la société civile, la presse et la rue pour démontrer aux terroristes que toute l’Algérie soutenait ses diplomates. Au contraire, le gouvernement, qui affirmait maîtriser la situation, a mis en garde ceux «qui veulent soumettre cet événement à de quelconques surenchères». L’assassinat de nos diplomates a-t-il un lien avec les attentats de Charm el-Cheikh ou de Londres ? Aucune source, officielle ou officieuse, n’est venue apporter des éclaircissements aux journalistes afin d’éviter que les plus «ambitieux» d’entre eux ne s’embourbent dans des extrapolations tirées par les cheveux. En revanche, ce qui est sûr c’est que si l’on additionne notre malheur de Bagdad à la convocation, à notre insu, d’un sommet arabe pour après-demain à Charm el-Cheikh, on craint que notre diplomatie ait pris un sérieux coup qui remet pratiquement en cause la stratégie suivie jusque-là. Z. M. |
Diplomates enlevés et assassinés en Irak | ||||
|
www.algeria-watch.org
|
|||||